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Paysage culturel : Les tracasseries policières plombent les artistes et leurs prometteurs


Culture
Mercredi 16 Mai 2012 - 20:06

Organiser une activité culturelle dans la ville de Nouakchott est devenu un enfer pour les artistes et les promoteurs culturels. Pour ne pas voir avorter leur programme, les acteurs culturels sont obligés de céder aux tracasseries des policiers qui y voient une aubaine dans ce secteur.


Paysage culturel : Les tracasseries policières plombent les artistes et leurs prometteurs
Des promoteurs, des rappeurs, des musiciens, des chanteurs, des jeunes mélomanes, des associatifs …Ils sont nombreux à dénoncer cette pratique que les polices mènent librement au détriment de l’industrie culturelle importante dans le développement du pays.

Pour organiser une activité culturelle, il faut une autorisation qui doit être signée par le Hakem puis par le commissaire de police moyennant une enveloppe financière qui dépendra de l’état d’âme ou de l’humeur du Commissaire. Une fois l’autorisation dans la poche d’un promoteur ou d’a un artiste, le calvaire commence. Pendant l’événement qui se produit généralement le soir, les organisateurs sont souvent surpris par des agents qui exigent leur part du gâteau sous de nombreux prétextes. Acculés, et malgré la présentation du Sésame, les organisateurs sont obligés de céder au risque de voir leur programme finir en queue de poisson. Dans le dernier cas, les animateurs et leurs matériaux musicaux seront s’acheminés au poste de police sans que personne ne lève le petit doigt.

Les promoteurs ne savent plus à quel saint se vouer. Pendant le dernier concert de Viviane Ndour , par exemple, les policiers ont menacé de mettre fin au concert si le promoteur ne met pas la main dans la poche. Les jeunes, qui avaient besoin d’un moment de détente, ont condamné le délit de faciès dont ils sont victimes et du sentiment d’ostracisme.

Ces tracasseries se font surtout remarquer au niveau du commissariat Teyarett 3 où des policiers se croient au dessus des lois. Lors de son deuxième anniversaire la semaine dernière au Mauricom, le chanteur Ousmane Gangué est revenu à la charge pour dénoncer les tracasseries auxquelles sont confrontés les artistes. " Si mon anniversaire s’est poursuivi au-delà de minuit, c’est parce que je devrais payer plus que la normale" a-t-il soutenu

Évincés par le ministère de la tutelle, les " coyotes crient leur ras-le-bol face à cette injustice des policiers. Aujourd’hui, selon le coleader du groupe MINENTEYE , Yéro Abdoulaye Sow, malgré les concerts autorisés, les rappeurs sont victimes à chaque fois des abus de certains policiers qui viennent toujours interrompre leurs manifestations et procèdent à des rafles sans justification, soi-disant qu’après minuit, tout le monde doit rentrer. Les mêmes désagréments, MINENTEYE les ont connus après la sortie de leur album, au même titre que d’autres groupes comme le rappeur Adviser. " C’est un problème qui est là et qui continue de prendre en otage le mouvement hip hop mauritanien voire toute l’industrie culturelle mauritanienne" regrettera-t-il.

Pour l’intervenant, les conditions d’existence du Rap en Mauritanie sont fortement compromises par cet état d’urgence qui ne dit pas son nom, surtout à Nouakchott, où il est devenu difficile de se produire, alors que les mariages festifs sont autorisés jusqu’à des heures impossibles.

" Nous sommes en train de chercher par quel moyen développer la musique mauritanienne pour pouvoir représenter ce pays ailleurs. Nous nous battons pour le pays. C’est une mission. Que nous nous efforçons de mener en soldats inconnus, pour un pays qui nous combat " conclut Yéro avec tristesse

Cheikh Oumar N’Diaye.
lauthentique.info


              

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