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Patrice Neveu, sélectionneur des mourabitounes : « Pour prétendre avancer, il faut toujours faire face »


Sport
Lundi 15 Octobre 2012 - 18:00

Le Sélectionneur national, le français, Patrice Neveu, vient de terminer le premier stage de l’équipe nationale de football des locaux à M’Bour au Sénégal, en vue de préparer le match aller des éliminatoires de la CHAN prévu au mois de décembre 2012 au Libéria. Nous l’avons rencontré pour faire le point sur la préparation de l’équipe nationale des locaux mais aussi pour parler du football dans notre pays.


Patrice Neveu (c) à un entraînement des Mourabitounes
Patrice Neveu (c) à un entraînement des Mourabitounes
Vous venez de revenir de M’Bour ou l’équipe nationale des locaux a fait un stage de dix jours avec à la clé trois matchs amicaux. Quel est votre première appréciation du groupe retenu pour ce stage ?

Avant d’entamer ce stage, le premier à l’extérieur pour les locaux, j’ai retenu un groupe de 26 joueurs. A la dernière minute, j’ai du remplacé le jeune Diop(blessé) par Niass, un joueur de l’équipe nationale des juniors. De prime à bord, il m’a permis de préparer mes joueurs physiquement, tactiquement et techniquement certes nous avons bossé ardemment aussi je tenais à ce qu’ils prennent conscience de leur marge de progrès.

J'ai tenu également à mettre en place une vie de groupe nécessaire à l’homogénéité de toute équipe. En mettant en avant la discipline du groupe, cette discipline n’est surtout pas réductrice de plaisir : c’est tout l’inverse. Elle commande la discipline du jeu.

Un joueur n’a pas adhéré au projet; il lui a été demandé de quitter le groupe. Donc c’est finalement avec un groupe de 25 joueurs que j’ai terminé ce stage. Le joueur concerné a fait une bonne prestation lors du premier match devant Aspire, mais pour moi, le comportement des joueurs hors des matchs doit s’inscrire dans l’unité de pensée du collectif. Une équipe est un ensemble de joueurs avec différentes personnalités, mais qui doivent penser et mettre en avant l’intérêt du collectif.

Par rapport au déroulement du stage, nous avons pu faire les entrainements tous les jours avec deux pour certains joueurs. Après 14 jours de préparation à Nouakchott, j’ai pu avoir une idée plus précise de mon groupe. Sur les 3 matchs, (Victoire 2 à 1 ,2 à 2 et 1 à 1). Ils sont porteurs et accentuent la dynamique et l’état d’esprit que j’entends inculquer à l’équipe.
Les joueurs ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour se faire une place en s’efforçant de respecter les consignes et tendre vers un bon rendement du collectif.

Avez-vous dégagé une liste définitive de cette première présélection ?

A la fin du stage, j’ai arrête une liste de 20 joueurs qui seront retenus pour le prochain stage en novembre 2012. Notre objectif est de jouer un match amical à l’extérieur sur un terrain en herbe parce que c’est cela qui nous attend au Libéria. Donc je peux dire sans aucune complaisance que le stage s’est bien déroulé malgré les difficultés financières qui l’ont précédé. Il y a la valeur du groupe mais aussi la capacité d’adaptation des joueurs, la complémentarité entre les lignes qui sont des indicateurs précis présentement et pour l’avenir.
Contre le Libéria le match aller se joue chez-eux avec un terrain de mauvaise qualité et cela ne doit pas être un prétexte.

Quelles sont les principales leçons que vous avez tiré de ce stage ?

Au niveau du jeu, j’ai remarqué que malgré les avancées, nous avions encore une marge importante de progression.Toutefois, nous avons quelques lacunes, les joueurs m’ont donné parfois l’impression d’être toujours dans le train-train du championnat. Sachant que Le résultat d’un match bascule très souvent sur une succession de détails.(rigueur, concentration, application dans les gestes techniques même s'ils sont basiques etc.…).

Nous devons apprendre à profiter de nos temps forts et mieux gérer nos temps faibles. Cependant, j’ai senti une grande réceptivité chez les joueurs qui dorénavant comprennent mon message et cela est un signe positif pour l’avenir.

Au niveau physique, les charges de travail étant importantes à Nouakchott, les joueurs ont souffert pendant cette première phase de préparation. Sur le 2ème stage ils ont pu percevoir la nécessité de leur travail. Les 3 matchs de préparation ils les ont terminé sur un rythme supérieur aux adversaires. Je dois dire aussi que la qualité de mon groupe est meilleure avec la venue de nouveaux joueurs.

Auparavant, nous avions disputé des rencontres contre de grosses pointures comme l’Egypte, et l’Iran. Mes joueurs n’avaient pas été ridicules, loin de là. Sur ces matchs ils ont touché de prés le très haut niveau international.

C’est comme cela que devons continuer avec hardiesse, pour progresser et se faire une place sur la scène internationale Africaine.

Très souvent des personnes me disent coach en Mauritanie c’est trop compliqué et difficile .Et bien avec lucidité je refuse de tomber dans ce fatalisme rédhibitoire. L’expérience du métier me dit que la réussite d’un projet d’une telle envergure est une histoire d’hommes aux volontés communes, autorité Etatique, Fédérale et Technicien.

A tout moment dans notre reconstruction la visibilité, la communication, la volonté de faire face à certaines réalités ou vérités, ne pas subir et aller à l’essentiel vont permettre à la Mauritanie de se positionner. Malgré la difficulté de leurs prises en comptes, les nier serait une erreur. Pour prétendre avancer il faut toujours faire face.

Je donne ici l’exemple de Giresse, qui a fait un très bon travail au Gabon, malgré le fait que ce ne soit pas au départ une grande nation de football. Après avoir échoué à les qualifier pour la CHAN, il est ensuite revenu pour les qualifier la CAN. C’est dire qu’il faut de la patience pour bâtir quelque chose de solide et de perein pour la Mauritanie et c’est à cela que nous travaillons. Certains pensent que je suis très exigeant mais c’est le prix à payer pour faire des résultats. Puis au moment opportun j’actionnerai mes réseaux afin de promotionner les meilleurs joueurs .Ce sera un juste retour pour les clubs et les joueurs. Je veux œuvrer pour le pays par étape.

Avez-vous prévu des matchs de préparation avant d’aller au Libéria ?

La Fédération a pris des contacts pour trouver un match amical contre l’une des équipes nationales du Mali, du Togo ou de la Guinée. Nous attendons toujours la confirmation par l’un de ces pays et nous comptons faire avant ce match un regroupement de 5 jours en profitant du calendrier FIFA qui coîncide avec le 13 novembre 2012.

Connaissez-vous votre futur adversaire, le Libéria ?

Dans la quête d’information sur notre prochain adversaire, je me suis procuré une cassette sur une rencontre livrée par le Libéria devant le Nigéria. Une partie des joueurs que j’ai vu évoluent dans le championnat Libéria et seront certainement présents contre nous. Ils ont un style de jeu différent du nôtre parce misant beaucoup sur le physique, puissance et le jeu aérien. Ma première préoccupation est de bien négocier le match allé pour prétendre décrocher la qualification à domicile. Ce ne sera pas aisé bien sûr, mais nous aurons nos atouts à faire valoir. Le match au Libéria sera un match viril, d’hommes. Nous y irons avec sérieux et sans complexe, ce match sonnera le retour de la Mauritanie sur la scène internationale.

Les moyens financiers prennent une place importante dans la préparation d’une équipe nationale de football. Est-ce que aujourd’hui, on peut dire que vous avez les moyens pour faire aboutir votre projet ?

Des engagements ont été pris par les plus hautes instances du pays .Dés à présent avec la compréhension et le soutien de l’Etat la Mauritanie peut prétendre dans le temps, rivaliser avec les autres nations. Par rapport aux besoins, pour le premier stage tout s’est bien passé et des mécanismes sont en train de se mettre en place pour faciliter les besoins de la Fédération. Pour le déplacement au Libéria, je pense qu’il n’y aura pas de problèmes parce que tout a été déjà planifié suffisamment tôt. Je suis très satisfait que les autorités mauritaniennes aient compris que pour être compétitifs, il faut de bonnes préparations et cela nécessite des moyens financiers. Cela peut prendre un peu de temps mais la volonté est manifeste.

Est-ce que la porte de l’équipe nationale reste ouverte à d’autres joueurs ?

Oui, pour l’avenir. Mais très franchement pour le Libéria j’ai déjà une idée très précise de l’ossature de l’équipe. Je reste très attentif aux jeunes joueurs qui peuvent stimuler et amener la concurrence. L’ensemble des joueurs sélectionnés en équipe nationale ont regagné leurs clubs pour le début du championnat, et je pourrai ainsi continuer à les suivre.

A la mi-temps du match des éliminatoires de la CAN des Cadets, on vous a vu dans les vestiaires des jeunes Mourabitounes. Peut-on savoir ce que vous leur avez-dit ?

Lorsque je suis présent au match, j’observe le jeu dans sa globalité, je prends des notes et j’en fais une synthèse . A la mi temps en aparté, je fais un retour aux coachs .Pour ce match à (0-1) à la mi temps présentement je me devais de redonner de la motivation aux joueurs et leur transmettre ma croyance. J’en profite pour féliciter l’excellent travail du Staff et l’état d’esprit de ces jeunes joueurs qui ont honoré le pays par la victoire.

Est-ce que votre projet pour le football mauritanien est bien compris par le Comité Directeur de la Fédération Mauritanienne de Football ?

Vous savez chaque personne à son tempérament et cela on ne peut pas le changer. Je peux vous dire en toute franchise que tout se passe bien avec le Président de la Fédération et les membres du comité directeur de la Fédération. Certes, il y a eu parfois des moments d’explications franches, mais cela est nécessaire pour avancer. Avec le temps chacun apprend à se connaitre et à s’apprécier. Je n’ai jamais été un entraineur qui prône la politique de l’autruche, alors je ne vais pas changer .Ma devise (enseignée par Georges Boulogne pilier de la FFF) c’est debout et de face.

Dans toute entreprise la confiance est importante elle permet d’avancer. C’est aussi le cas avec mon collègue, Nicolas Santucci, que les gens connaissent très peu, avec lequel nous formons un bon attelage. Entre lui et moi c’est une bonne entente professionnelle empreinte de respect.

Quels sont vos rapports avec les entraîneurs des clubs mauritaniens ?

A mon arrivée, j’ai participé à un stage participé à un stage FIFA avec eux. Cela m’a permis de faire leurs connaissances. Nos relations pro, devraient aussi se réaliser par le biais de la Direction Technique Nationale.

En ma qualité de Sélectionneur National il y a des barrières que je ne veux pas sauter. J’ai du respect pour les entraîneurs nationaux et j’évite de m’immiscer dans leur travail. J’aimerai qu’il y ait plus de contacts, mais tant que la Direction Technique Nationale n’est pas en place je ne peux faire plus. Aussi je ne perds pas de vue que c’est eux qui me fournissent à travers leurs équipes les joueurs locaux et pour cela également je les encourage.

Un dernier mot sur les participations des équipes mauritaniennes en league arabe et africaine ?

L’équipe de T.Zeina est tombé sur un gros morceau, l’USMA d’Alger. L’effectif de TVZ est composé de joueurs chevronnés du championnat Mauritanien. Ils faillent qu’ils abordent ce match au stade Olympique sans complexe.

En ce qui concerne le F.C Nouadhibou, c’est un club qui travaille en profondeur chez les jeunes, avec sérieux et dispose lui aussi de bons joueurs internationaux. Un peu comme à l’image des joueurs de l’équipe nationale des cadets, les joueurs mauritaniens doivent prendre conscience qu’ils peuvent rivaliser avec les clubs Africains. Pour ma part, je serai parmi les premiers supporters de ces équipes.

Propos recueillis par Mohamed Feily dit Antar
Mamoudou Kane


              

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