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Noorinfo

Parcours : Un tramway d’espoir nommé Aissata Lam


Société
Dimanche 13 Janvier 2013 - 18:00

Si on devait citer quelques noms, tous secteurs confondus, des jeunes qui participeront au rayonnement de la Mauritanie de demain, assurément Aïssata Lam en ferait partie. Portrait d’une ambitieuse pour son pays et pour le continent-mère, dans le bon sens du terme.


Aissata Lam. Crédit : Noorinfo/MLK
Aissata Lam. Crédit : Noorinfo/MLK
Mise à jour du 13 janvier 2013 : Depuis le 21 décembre 2012, la Jeune chambre de commerce mauritanienne existe officiellement, en se présentant devant un parterre de personnalités à l'hôtel Tfeila de Nouakchott.

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C’est une frimousse altière, pleine et entière qui accueille la cinquantaine de jeunes mauritaniens, dynamiques, cadres ou chefs d’entreprise dans un hôtel de Nouakchott, dans le cadre d’une présentation de la jeune chambre de commerce de Mauritanie (JCCM), dont elle est l'une des initiatrices.

L'échange dure un peu plus d'une heure pour convaincre de l'opportunité d'une telle structure. Et le public est sous le charme de la détermination et du dynamisme de la jeune femme. "La JCCM est pour moi un véhicule de transmission de messages, et une bonne vitrine pour augmenter la visibilité internationale de la Mauritanie; une bonne fondation pour toute idée que l'on aurait et qui viserait à améliorer l'implication et l'épanouissement des jeunes mauritaniens. Ce réseau peut être le réseau relationnel par excellence pour tout jeune, qu'il soit à Boghé, Nouakchott, Paris ou Shanghai" s'enthousiasme Aissata Lam.

L'idée a germé dans la tête de la jeune originaire de Boghé durant ses années universitaires à Montréal. "Je faisais partie de l'équipe des compétitions internationales. Avec trois autres étudiants de HEC nous représentions notre école dans des débats oratoires et études de cas contre d'autres universités: au Canada, aux Etats-Unis, en Espagne, à Hong Kong entre autres". Au final, elle est récipiendaire du 1er Prix à la Compétition sur l'innovation et l'entrepreneuriat à l'école Polytechnique de Hong-Kong en2010.
La dernière d'une série de consécrations : 1er prix "Procter&Gamble" pour la conception d'une stratégie Marketing pour Lacoste en France en 2007; finaliste aux jeux du Commerce au Canada en 2008; Demi-finaliste au "John Molson Undergraduate Case Competition", en 2009; chef de fil de HEC pour la compétition de cas de l'Université de Navarre en Espagne en 2009.

"Au-delà de ce parcours, en en voyant le tunnel, je me suis dit que nous devions avoir quelque chose de ces genres en Mauritanie. Avec cette idée en tête, il me fallait un concept original au travers duquel je pourrais organiser ce type d'activités mais aussi d'autres du même genre, ayant pour public-cible les jeunes (professionnels et étudiants). J'ai été introduite à la jeune chambre de commerce de Montreal, lors d'une activité de réseautage avec des collègues; et là je me suis dit Bingo! C'est ce que je veux" explique la jeune femme.

Une globetrotteuse porte-drapeau de la RIM

Avec Cécilia Attias, épouse de Richard Attias, lors d'une conférence-débat sur l'investissement dans le business africain et son intégration,  à Harvard.
Avec Cécilia Attias, épouse de Richard Attias, lors d'une conférence-débat sur l'investissement dans le business africain et son intégration, à Harvard.
Grande voyageuse devant l'Eternel, Aissata Lam garde les pieds fermement ancrés dans son pays. Paradoxalement grâce à son long éloignement de la Mauritanie. "J'ai quitté Nouakchott a sept ans pour Abidjan, ou j'ai passé le clair de mon enfance et de mon adolescence. Durant cette période, mon contact avec la Mauritanie se résumait à un mois de vacances par an" affirme-t-elle. Mais les rencontres dans ses pays d'accueil, et de voyages, ou les sempiternelles questions sur la localisation de la Mauritanie et ses spécificités, l'ont poussé à revendiquer et cimenter encore plus son identité mauritanienne.

"Ce genre de remarques certes désagréables, mais révélatrices du manque de rayonnement de la Mauritanie, est de la faute des mauritaniens eux-mêmes et de personne d'autre. Nous souffrons d'un malaise social énorme, et tu. Il ne pourra être guéri que par nous. Si nous ne nous acceptons pas les uns les autres, il est difficile au regard de l'étranger d'avoir une claire définition de la Mauritanie. Nous avons une culture richissime, et nous n'en prenons pas avantage, ce qui est dommage" estime la montréalaise aujourd'hui.

Après un Bachelor en finance à HEC Montréal, la boghéenne enchaîne avec l'équivalent d'un Master Finance en cours de préparation dans une École Ivy League aux USA. Entre-temps, elle a eu à remplir un contrat de chargée de projet au siège de l'ONU à Montréal, et travailler comme analyste de risque pour la branche "Risk management" de la compagnie d'assurance canadienne Liberty Mutual.

Il y a un mois et demi, une grande conférence a lieu à sur le campus de Harvard à Boston, sur les perspectives d'intégration du marché économique africain. Organisée par les étudiants africains de la prestigieuse université américaine, c'est l'occasion pour les futurs leaders économiques africains, de discuter et présenter aux investisseurs potentiels des opportunités d'affaires en Afrique, et de tisser un réseau et se confectionner un carnet d'adresses pour ses activités à venir. L'occasion pour la jeune mauritanienne d'écouter et de rencontrer des personnalités éminentes mondiales de la finance, comme Richard Attias, organisateur du forum mondial de Davos, ou encore Nku Nyembezi, CEO d'Arcellor Mittal en Afrique du Sud, et au niveau continental, certainement un des acteurs bancaires et financiers les plus influents, Arnold Ekpe, Président d'Ecobank Group.

L'occasion pour Aïssata aussi de développer sa vision de l'intégration africaine, "seule porte de sortie durable des maux africains". Même si elle se rend compte de la tâche surhumaine que cela représente. "Avec plus de 1000 ethnies, 56 pays, plusieurs zones monétaires, on ne peut appréhender l'Afrique comme un seul bloc. D'autant plus quand je constate que j'ai besoin d'un visa pour aller au Maroc, et je n'en ai pas besoin pour aller à Hong-Kong. Tout de même, on peut trouver un dénominateur commun et débuter avec cela. La démocratie, une justice sociale, la transparence dans la gouvernance sont un bon début déjà" argue-t-elle. Cette conférence à Harvard lui a permis de saisir l'importance des fondations avant de chercher à placer des portes, "qui se placeront bien toutes seules après le gros oeuvre" selon elle. Et pour la Jeune chambre de commerce de Mauritanie, cela a été l'occasion de faire part des opportunités d'affaires au pays du million de poètes, à une firme de consulting, américaine, mais aussi à une personnalité comme Cécilia Attias, ex-madame Sarkozy, aujourd'hui à la tête d'une fondation pour l'entrepreunariat féminin. Beaucoup d'entre eux connaissaient très vaguement, voire pas du tout l'existence de la Mauritanie.

Panafricaine jusqu'au-boutiste

Aissata Lam avec des membres de son équipe le 21 décembre 2012 lors du gala de lancement du JCCM. Crédit : Noorinfo/Watt
Aissata Lam avec des membres de son équipe le 21 décembre 2012 lors du gala de lancement du JCCM. Crédit : Noorinfo/Watt
"Oo mo tiddi horree" (elle est têtue, en pulaar- ndlr) assène une amie. "Quand elle a quelque chose en tête, rien ne l'arrête" continue-t-elle. Un trait de caractère sublimé lors de sa préparation à la compétition de Hong-Kong.

L'équipe de son école, composée d'un français, de deux canadiens et d'elle-même, avait été sélectionnée pour présenter un plan d'affaires à des investisseurs à l'école polytechnique de Hong Kong. Lâchée par les deux canadiens à un mois du départ, et finalement épaulée par le dernier collègue resté, ils finalisent la présentation, avec le soutien moral de sa sœur.
Elle reçoit le premier prix au bout de "nuits blanches et de journées entières de travail". Prix qu'elle partagera tout de même avec les deux étudiants en défection.

Un état d'esprit et un sens du dépassement de soi issus de parents ouverts. "Mes parents font partie de ceux qui valorisent l'éducation et la culture générale. Ils nous promettaient cadeaux et voyages si nous atteignions certains critères, comme faire partie des cinq premiers de la classe, ou apprendre toutes les capitales africaines etc." confie-t-elle avec un sourire permanent.

Une curiosité du monde couplée à un sens surdéveloppé et aigu de la famille et des origines. "Pendant que nos amis étaient à Disneyland Paris, nous participions à la semaine culturelle de Boghé ma sœur et moi. J'ai grandi dans une famille et dans un environnement où le développement de l'Afrique était au cœur des discussions. C'est peut-être pour cela qu'aujourd'hui je me dis que ce développement passera nécessairement par le retour à un moment de ses potentiels humains. Malgré les difficultés et les compromis que cela entrainerait forcément" conclut-elle songeuse.

Mamoudou Lamine Kane
Mamoudou Kane


              


1.Posté par Hawa le 28/04/2012 17:10
Tres bel article! Keep on doing the good work Aissata.

2.Posté par incroyable le 16/10/2013 23:57
pourquoi ils mettent les doigts dans le nez?

3.Posté par ALIOUNE AHMED SALEM BITICHE le 03/03/2015 16:01
Chère Demoiselle,
Je vous félicite pour le parcours et je puis vous assurer de mon entière disposition afin que vous meniez à bon port l'initiative que vous voulez développer en Mauritanie à savoir la CCJM, Bon courage Vous êtes la fierté de la Mauritanie diverse, combien important est de savoir que la Mauritanie ser fera à travers sa DIVERSITE et UNIQUEMENT à travers cela. Merci et bonne chance.

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