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Paludisme: un parasite mutant menacerait le continent africain


Sciences
Vendredi 15 Novembre 2013 - 22:18

Le Plasmodium vivax, à l'origine d'une forme plus bénigne de paludisme pourrait toucher des dizaines de millions de personnes dans le monde.


Paludisme: un parasite mutant menacerait le continent africain
Une apparente mutation génétique d'un des parasites du paludisme, appelé Plasmodium vivax, pourrait menacer des dizaines de millions de personnes dans le monde, révèlent vendredi deux recherches aux Etats-Unis, qui seront publiées dans la revue scientifique américaine PLOS Neglected Tropical Diseases. Ce parasite, à l'origine d'une forme plus bénigne du paludisme, "pourrait connaître une mutation rapide" pour déjouer la protection naturelle conférée par un certain type sanguin trouvé chez des millions d'Africains, expliquent les auteurs. 
 
Dans une grande partie de l'Afrique subsaharienne, jusqu'à 95 millions de personnes seraient protégées contre le P. vivax par l'absence dans leur sang d'un récepteur de la protéine Duffy. Pourtant, au cours des cinq dernières années, les infectiologues ont constaté un nombre grandissant d'infections chez ces individus. "Nous avons découvert un mécanisme génétique jusque-là inconnu dans le P. vivax qui pourrait permettre à ce parasite d'envahir les cellules sanguines des personnes qui sont normalement protégées", précise Peter Zimmerman, co-auteur des deux études. 

"Une copie de lui-même"
 
"Un gène connu pour permettre au parasite d'envahir les cellules sanguines fait une copie de lui-même pour exister en deux exemplaires. Il s'agit souvent d'une manière de berner le système immunitaire", relève ce scientifique, ajoutant que ces recherches montraient que le parasite "paraissait évoluer rapidement". Ces chercheurs ont découvert que les précédentes analyses du séquençage du génome du P. vivax avaient peut-être "raté des gènes importants" permettant au parasite d'être plus virulent. 
 
"Nous pensons que les mécanismes génétiques que nous avons mis au jour pourraient bouleverser notre compréhension de cette forme très importante du paludisme, qui ne mobilise pas autant d'attention que celle résultant du P. falciparum même si elle provoque des symptômes sévères et pourrait être plus grave que beaucoup ne pensent", juge David Serre, autre co-auteur de ces deux études. 
 
Un parasite qui "se dissimule"
 
Le paludisme provoqué par le P. vivax est d'une certaine façon plus dangereux que celui résultant du P. falciparum car il a la capacité de "se dissimuler" dans le foie et de réapparaître dans le sang pour provoquer des rechutes de l'infection, notent ces scientifiques. Selon eux, cette mutation génétique se propage par les voyageurs depuis Madagascar, où elle a été trouvée dans plus de 50% des 189 échantillons prélevés. 
 
Les professeurs Zimmerman et Serre vont tenter de déterminer si ces changements génétiques sont bien la cause de la perte de protection au P. vivax chez les personnes naturellement résistantes. Ils vont à cette fin étudier des échantillons de sang de 1.500 personnes souffrant du paludisme provoqué par le P. vivax dans deux zones de Madagascar. Leur plus grande crainte est que le parasite mutant ne traverse le Canal du Mozambique, bras de mer de 400 kilomètres séparant Madagascar de l'Afrique, où des millions d'Africains pourraient perdre leur immunité contre ce parasite. 
 
Source : L'express
Mamoudou Kane


              

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