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Ouverture de la session du Parlement : Messaoud attaque l’opposition qui quitte la salle


Actu Mauritanie
Mercredi 16 Mai 2012 - 12:59

La session parlementaire s’est ouverte hier par une attaque frontale du président de l’Assemblée Nationale, Messaoud Ould Boulkheïr qui dans son discours a traité ses anciens camarades de lutte de "fauteurs de troubles ", poussant les députés de l’opposition à vider la salle.


Ouverture de la session du Parlement : Messaoud attaque l’opposition qui quitte la salle
La session parlementaire s’est ouverte hier par une attaque frontale du président de l’Assemblée Nationale, Messaoud Ould Boulkheïr qui dans son discours a traité ses anciens camarades de lutte de "fauteurs de troubles ", poussant les députés de l’opposition à vider la salle.
 
Comme prévu, la session ordinaire du Parlement qui s’est ouverte hier a débuté par l’ouverture des hostilités de la part du président de l’Assemblée nationale dont le discours était tout orienté vers la critique de ses anciens camarades de l’opposition. C’était la tournure que plusieurs observateurs avaient présagé. Il était en effet clair que Messaoud allait profiter de sa chaire pour s’adresser à la nation et proférer ses premières impressions sur la situation du pays, après l’escalade du "Aziz dégage ! " brandi par la Coordination de l’opposition démocratique comme nouvelle trouvaille.

En effet, le ton de ce discours d’ouverture n’a pas trop entretenu le suspens. D’emblée, Messaoud a, fustigé ceux qui cherchent à déstabiliser le pays et à créer des révolutions dans le pays pour un seul objectif, le départ du président Mohamed Ould Abdel Aziz. L’allusion était claire et s’adressait à l’opposition démocratique. Puis Messaoud a enfourché le deuxième thème d’actualité, l’incinération de livres de rite malékite de la part des activistes du mouvement IRA (Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste) et de son président Birame Ould Dah Ould Abeid. Selon lui, cet autodafé aura de lourdes conséquences pour l’avenir du pays.

De là, Ould Boulkheïr a descendu un peu plus bas dans l’ordre de ses priorités, pour demander au gouvernement de renoncer au Programme 2012 pour ramener la quiétude dans le pays que d’aucuns cherchent à détruire, décochant une autre volée de flèches empoisonnées en direction de la COD.

Ce ton aigri de Messaoud Ould Boulkheïr et son hostilité envers l’opposition poussa les députés de ce bord politique à déserter la plénière.
Au cours d’une conférence de presse qu’ils ont improvisé en marge des travaux, les députés de l’opposition ont déclaré s’être retirés de la salle pour protester contre le contenu belliqueux du discours d’ouverture prononcé par Messaoud Ould Boulkheïr. Ils ont dit avoir particulièrement froissés de se voir accusés de vouloir détruire le pays, liant leur volonté manifeste à déboulonner Ould Abdel Aziz et les agissements répréhensibles des militants d’IRA.

Toujours condescendant, le député Mohamed Moustapha Ould Beddredine devait indiquer que leur retrait ne visait point la personnalité du président de l’Assemblée nationale Messaoud Ould Boullheïr mais contre son discours, ajoutant que l’opposition dialoguiste est encore sous l’effet de l’enchantement trompeur de Ould Abdel Aziz et de son entourage.
Pour le président du parti islamiste Tawassoul Mohamed Jemil Mansour, le président Messaoud au lieu d’accuser l’opposition de vouloir détruire le pays devait au contraire s’en prendre au président Mohamed Ould Abdel Aziz. Selon lui, les tenants du pouvoir sont ceux-là qui cherchent à déstabiliser le pays à travers la répression féroce qu’ils utilisent comme arme pour mater les manifestations pacifiques des hommes politiques et des étudiants.

Il faut rappeler que dans un communiqué publié auparavant, les députés de la COD avaient déclaré que tous leur efforts sont actuellement concentrés sur la chute du régime et ne veulent pas disperser leurs efforts, en réponse à ceux qui leur demandaient leur passivité face aux attaques répétées de l’opposition dite dialoguiste qui semble plus enclin à défendre le pouvoir.
Selon le député Abderrahmane Ould Mini , le discours de Messaoud Ould Boulkheïr ne cadre pas avec les enjeux de l’étape actuelle, soulignant que malgré leur inimitié, Messaoud et ses amis sont plus attachés à la chute du régime que la COD qui le clament haut et fort.

Abordé par les journalistes à levée de la séance, le président Messaoud Ould Boulkheïr a déclaré que son discours ne visait pas l’opposition dite radicale avant de se ressaisir et de déclarer qu’il se fichait avant tout de l’interprétation que les uns et les autres veulent en donner. Il a ajouté que le discours qu’il a prononcé reflétait son point de vue en tant que président de l’Assemblée nationale et en tant que président du parti Alliance populaire progressiste, précisant que la pagaille et la violence ne sont pas dans l’intérêt du pays et qu’il ne cautionnera pas de révolution en Mauritanie.

La majorité trouve pour sa part que le retrait de l’opposition a été une surprise, soulignant qu’elle ne s’explique pas et que de toute façon le discours de Messaoud Ould Boulkheîr, à l’ouverture de la présente session n’était pas parmi les plus virulent de ses discours. Pour d’autres, le retrait des députés de la COD fait partie de leur stratégie de déstabilisation qu’ils ont entamé dans la rue et veulent prolonger dans l’hémicycle du parlement.

Cheikh Aïdara.
lauthentic.info


              

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