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Origine du crime : jusqu’en 1991, la langue française était dans la constitution mauritanienne.


A.O.S.A
Mardi 18 Mars 2014 - 23:35


Origine du crime : jusqu’en 1991, la langue française était dans la constitution mauritanienne.
Comment nous en sommes arrivés à cette situation insensée où la langue française est de fait la deuxième langue de travail en Mauritanie partout dans les rouages de l’Etat jusqu’à figurer sur nos documents d’identité, carte et passeport biométriques, documents du dernier recensement, pièces de monnaie, billets de banque, documents administratifs  pendant que cette langue a été retirée de la constitution sans que cela n’émeuve personne ?
 
Pourtant comme le rappelle Bah Ould Zein : « En janvier 1966, un décret d’application rendant obligatoire l’étude de l’arabe dans l’enseignement secondaire provoque un soulèvement dans les ethnies noires, soulèvement qui se solde par un bilan officiel faisant état de six morts et plus de 300 blessés. Les établissements scolaires resteront fermés jusqu’à la fin de l’année et jamais les tensions n’auront été aussi vives entre les communautés du fleuve et les Maures. » 
 
Comment nous en sommes arrivés là ?
 
Régulièrement la société est secouée par cette affaire de l’utilisation de la langue française que regrettent mille et un faucons de l’arabité errante pour tous. Après des sorties des ténors du parti au pouvoir, dont les plus célèbres contre le français s’appellent pourtant Vergès, François, voilà qu’hier un député, connu pour avoir fait allégeance à une puissance étrangère du temps de Kadhafi, déchire un rapport de la Commission des Finances de l’Assemblée Nationale qui lui fut présenté en français. 
 
D’un point de vue purement constitutionnel, il a raison de refuser de lire dans l’hémicycle quoi que ce soit en français même s’il s’agit manifestement là d’une sotte provocation. Aussi au lieu de toujours s’en prendre aux zigs qui ici et là s’en prennent à l’utilisation de la langue française, indispensable deuxième langue de travail de fait, pourquoi ne pas remettre la langue française dans la constitution comme deuxième langue de travail et en finir une bonne fois avec cette affaire ?
 
Lire impérativement à ce sujet l’intégralité de la contribution de Bah Ould Zein, de l’université Nouakchott, disponible sur le net et dont nous reproduisons ici quelques extraits puis plus bas l’intégralité de la publication sans adhérer aveuglément à l’orientation du texte au-delà des faits rapportés.
 
Ainsi ce n’est qu’en 1991, 32 ans après la première constitution et après avoir survécu à deux constitutions que le français fut criminellement radié de la constitution en 1991 sans laisser de trace.
« Dans la Constitution de 1959, la langue nationale est l’arabe et la langue officielle est le français »
 
« Dans la Constitution de 1961, l’arabe est la langue nationale, le français et l’arabe
sont les langues officielles. »
 
mais  le français est rayé en 1991 car « Dans la Constitution de 1991, les langues nationales sont l’arabe, le poular, le soninké, le wolof. La langue officielle est l’arabe. »
 
Entre-temps, il y eut pléthore de décrets retirant le français de l’éducation en 1979 pour l’y ramener en 1999 mais c’est en 1991, que le français disparaît totalement de la constitution tranquillement sans que cela ne dérange personne. Depuis tout le monde l’utilise officiellement sans oser réclamer officiellement un minimum de droit constitutionnel dans tout cela en remettant le français comme deuxième langue de travail.
La seule trace d’une demande à ce sujet, on la trouve chez l’AJD.mr sous la plume d’un certain Issa Mamadou DIOP, Conseiller Municipal à Nouadhibou qui écrit en vain au HCE le 27 juin 2009 pour « RÉHABILITER LA LANGUE FRANÇAISE EN MAURITANIE »
 
A part lui, personne chez nos politiques, toutes tendances confondues, n’a osé porter haut et fort ce scandale constitutionnel qui fait que l’usage du français la deuxième langue officielle du pays sans aucune trace dans la constitution depuis le coup d’état linguistique de 1991.
 
En vérité c’est une lâcheté de politique de la survie : sans parler des autres ténors de l’opposition, AOD n’a jamais voulu être le porte-étendard de cette affaire pour des raisons faciles à saisir car le pouvoir allait lui envoyer une armée de fanatiques et d’hypocrites pour le présenter en héritier du colon contre la langue du coran car chez ces gens-là le raccourci de mauvaise foi est vite engagé, mais les politiques négro-mauritaniens ne sont pas reste dans cette affaire d’abandon de la langue française à ce sort délirant car les leaders négro-mauritaniens craignent qu’en menant un combat pour mettre un peu de logique constitutionnel dans l’usage du français, ils risquent de faire du tort à leur langue à savoir le soninké, le poular ou le wolof sans parler du bambara qui fut sacrifié comme le hassanya dans cette affaire.
C’est là l’une des lâches raisons du silence de toute part à propos de l’aberration constitutionnelle  face au statut de la langue française dans ce pays.
 
Pourtant, dans la presse, tous les grands débats qui ont secoué le pays sont partis et ont été menés via la presse francophone, dans le monde francisant et bilingue. Ainsi, sans le monde francisant, on n'aurait rien su de la teneur des propos du jeune militant forgeron car lesdits propos ont été retirés très vite de tous les sites arabophones qui comptent pour servir la propagande criminelle qui le fit passer pour un apostat lui qui a écrit très tôt avant son arrestation que nul n'aime le prophète plus que lui, pendant qu'à ce jour on ne sait toujours pas si l'imam libéré dans l'affaire du coran déchiré fut blanchi ou gracié car les conservateurs sont souvent bilingues et s’ils veulent tout arabiser c’est qu’ils savent que c’est la seule façon de couper le peuple du débat et du monde car la majorité du pays ,maures et hratines, parle hassanya et ne saisit goutte à l’arabe sans parler de tous ces ministres et généraux qui sont francisants.
 
Ainsi, alors qu’on présente le français comme mort, il n’a jamais été aussi présent dans l’articulation des débats chez l’élite du pays. En finir avec le français c’est donc couper le dernier ressort contre la volonté des conservateurs de faire main basse sur les débats de société et la liberté d’expression.
 
Inutile de rappeler toute l’ingratitude que signifie cette haine de la langue française quand on sait que sans la France, il n’y aurait pas de Mauritanie. Cette volonté de haïr la langue française est une volonté manifeste de réviser, par l'imposture, l’histoire du pays comme si nos arabes en avaient tracé la moindre frontière, comme s’ils avaient créé ses institutions et même son armée, comme s’ils avaient été au moment de la création de l’état autrement que médaillés heureux de la Mauritanie pacifiée.
 
Passons.
 
Il est temps de faire un débat national sur la nécessité de remettre la français dans la constitution mauritanienne et faire enfin une place officielle au hassanya, première langue du pays, éloignée de la constitution par ces criminels complexés qui jouent avec tout ce qui leur tombe sous les mains par fanatisme, racisme, manque de discernement et de vision et ce, en toute impunité.
 
Une question à propos du sort de la langue française en Mauritanie a été posée au sénat français en 2001 à lire c’est intéressant comme diagnostic…
 
Quant aux solutions, elles passent par une lucidité active face à la folie que représente l’arabisation à tout prix sans méthode, sans efficacité et avec un parfait mépris des dramatiques conséquences sur la Mauritanie plurielle.
« L’Algérie, pays voisin, avait opéré des choix similaires pour les mêmes résultats : dans les années 80, éradication du français des programmes scolaires pour, en 1999, entendre le Président Abdel Aziz Bouteflika déclarer ce même français “prise de guerre” préalable à la réhabilitation en cours du statut du français. »

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chezvlane


              

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