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Olivia Lloze, gérante de la maison d’hôtes Jeloua : «Je me sens libre en Mauritanie»


Société
Vendredi 7 Septembre 2012 - 18:26

Certains voyageurs, de passage de ce côté du Sahara, s’y sont finalement installés, saisis par l’espace et les gens de cette contrée. Olivia Lloze est de ceux-là, installée depuis dix ans en Mauritanie où elle a fondé la maison d’hôtes Jeloua.


Olivia Lloze, gérante de la maison d’hôtes Jeloua : «Je me sens libre en Mauritanie»
Le teint bronzé, châtain clair, les yeux verts-bleus pétillants en permanence, un sourire naturel fiché sur un visage jovial, Olivia Lloze pourrait passer de prime abord, et de loin, pour une jolie coquille.

En se rapprochant, la coquille se fait dense, le regard paraît plus acéré, observateur, et les mots tranchants, sensés, et précis, révèlent l’étudiante d’histoire, en DEA, spécialiste des religions, qu’elle a été, avant de découvrir la Mauritanie et de finalement s’y installer sur un coup de cœur.

«Nous sommes arrivés à onze, au départ de la France, avec des amis, par voie terrestre. Nous avons continué jusqu’au Sénégal. Mais à onze, on peut difficilement aller à la rencontre des gens, se promener à sa guise, au hasard. C’est à trois que nous sommes revenus en Mauritanie, avec deux amis, fascinés par l’ambiance authentique et les hommes et femmes qui l’habitaient» raconte Olivia Lloze, à une table sur la terrasse de sa maison d’hôtes Jeloua à Nouakchott, du nom d'un ancien cimetière dédié à la tribu des Barikallah, situé à 150 kms de Nouadhibou, dans la zone du Sahara Occidental.

Finalement elle élit domicile en Mauritanie, où elle se sent «beaucoup plus libre qu’en France» et fonde l’auberge Menata avec son ex-mari, un mauritanien, avec qui elle aura un enfant. C’est toujours dans cet espace géographique et culturel, près de Jeloua, qu’elle emprunte le nom de cette auberge. Menata se trouve dans la partie continentale du Parc du Banc d'Arguin, où sont enterrés le marabout Sidi Mohamed ould Soufi ould Cheikh Mohamed El Mamy, de la tribu des Barikallah, et quelques-uns de ses disciples.

«Mon fils me rattache forcément encore plus à ce pays, une partie de ses racines s’y plantant» murmure la trentenaire en sirotant un cocktail de fruits.

Depuis, les aléas de la vie l’ont livré à elle-même, et elle a fondé la maison d’hôtes de Jeloua qu’elle gère, sise à Tevragh-Zeïna, près de la boutique couscous.

Ça n’a entamé en rien cette joie de vivre que lui reconnaissent celles et ceux qui la côtoient régulièrement. «C’est quelqu’un de simple, qui n’a pas besoin de grand-chose pour être heureuse, et toujours égale à elle-même» décrit une de ses proches.

Quand le rêve devient fait

Couverture du recueil d'écrits d'auteurs mauritaniens édité en Italie, grâce à un groupe de soutien dont Olivia fait partie.
Couverture du recueil d'écrits d'auteurs mauritaniens édité en Italie, grâce à un groupe de soutien dont Olivia fait partie.
Grande voyageuse devant l’Eternel, Olivia découvre l’intérieur du pays au gré de ses envies, mais aussi du hasard. C’est ainsi qu’elle apprend le Hassanya qu’elle parle couramment.

«J’ai embarqué dans un des wagons du train minéralier en direction de Choum; malheureusement ce train-là partait directement et sans escale sur Zouerate ! Il m'avait fallu attendre une matinée entière pour prendre un taxi-brousse qui me ramena vers Choum, puis Atar» se souvient-elle.

Un amour de la découverte que certains percevraient aisément comme une quête… «Une quête d’éveil spirituel» précise-t-elle. Qui se cristallise sous le ciel nocturne, «fabuleusement étoilé» de Chinguetti. «Quand la prière du soir s'éleva au loin, le générateur qui fournissait l'électricité pour la petite cité des sables tomba brusquement en panne ! Je profitais ainsi dans l'obscurité de l'élan mystique porté par la voix du muezzin…» raconte-t-elle nostalgique et pensive.

Une propension à faire son sac, qui n’a d’égale que celle de lire. Férue de livres, elle lit et «relit» « Le meilleur des mondes » d’Aldous Huxley, mais découvre également la Mauritanie, au-delà des voyages, à travers «l’homme sans occident» de Diego Brosset, «pieds nus à travers la Mauritanie», ou encore les excellentes «mauritanides» de feu Habib Mahfoudh.

Une passion du livre qu’elle a voulu partager avec des amis, en relevant le challenge d'éditer un recueil de textes de huit auteurs mauritaniens, qui vont des nouvelles aux poèmes, et paru cette année, «Quand la sève devient lait», aux éditions I Signatori, en Italie.

« Les livres sont trop chers en Mauritanie, et ne sont accessibles qu’à vraiment très peu de personnes. On veut montrer à travers une initiative comme celle-là, qu’on peut éditer des ouvrages de qualité, à des prix relativement faibles, par rapport au pouvoir d’achat local, et rendre ainsi accessible aux jeunes notamment, les auteurs mauritaniens » explique Olivia.

Un optimisme permanent, même dans un contexte social, politique et économique flou, qui fait dire à cette femme originaire de Perpignan en France, «que les choses s’arrangeront : Dans l’ensemble les mauritaniens restent un peuple de paix».

MLK

Maison d’hôtes de Jeloua

A 120m du restaurant L’Endroit jouxtant la galerie Tata. Avec un comptoir culinaire, la Tissayade, ouvert sans interruption de 10H00 à 22H00 : une cuisine familiale, fleurie, exotique, ouverte à toutes les genres et surtout chaleureuse. Un carte changeant quotidiennement.

Contact : +222 45 29 06 80
Site: www.escales-mauritanie.com
Mamoudou Kane


              

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