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Obama ou Romney, une victoire introuvable


Actualité
Mercredi 7 Novembre 2012 - 00:34

Si la victoire est serrée, démocrates et républicains n'échapperont pas à une autocritique s'ils veulent combler le fossé entre les deux Amériques.


Quel que soit son résultat, l'élection présidentielle de 2012 va laisser des traces dans les partis démocrate comme républicain. © MICHAEL REYNOLDS / AFP
Quel que soit son résultat, l'élection présidentielle de 2012 va laisser des traces dans les partis démocrate comme républicain. © MICHAEL REYNOLDS / AFP
Quel que soit son résultat, l'élection présidentielle de 2012 va laisser des traces dans les partis et obliger leurs états-majors à réfléchir à ce que doit être la politique aux États-Unis pour les vingt-cinq ans à venir. La bataille pour franchir le seuil fatidique des 270 voix de grands électeurs aura été (si les sondages ont vu juste) tellement serrée que l'on commençait même à envisager sérieusement à Washington deux cas de figure extrêmes qui, s'ils se produisaient, seraient de mauvais coups portés à la démocratie américaine.

Le premier a un précédent dont la suite a montré qu'il aurait mieux valu qu'il n'ait pas été tranché comme il l'a été par la Cour suprême. C'était lors de l'élection de 2000. Celle où le président a finalement été élu non pas parce qu'il avait la majorité, mais parce qu'il avait obtenu un plus grand nombre de votes de grands électeurs représentant leurs États, George W. Bush l'avait donc emporté par 271 voix de grands électeurs, mais avec 540 520 voix populaires de moins que le démocrate Al Gore.

Le deuxième cas de figure, statistiquement improbable, mais pas totalement exclu, avec la situation de quasi-égalité dans laquelle ils se trouvaient au jour de l'élection, est celui où les deux candidats obtiendraient le même nombre de voix de grands électeurs. 269 chacun. Dans ce cas c'est le Congrès qui nomme le président et le Sénat le vice-président. Compte tenu de la couleur politique respective des deux assemblées, Mitt Romney serait élu président et Joe Biden vice-président.


Une égalité improbable mais possible

Ce sont heureusement des hypothèses d'école dont il est douteux qu'elles se produisent ou se reproduisent. Mais le simple fait qu'elles aient été discutées montre qu'aucun candidat n'a su provoquer un mouvement de soutien, sans parler d'enthousiasme en sa faveur. Comme cela avait été le cas pour Ronald Reagan en 1980 : 489 voix contre 49 ; en 1984 : 525 voix contre 13 ; Bill Clinton en 1992 : 370 voix contre 168 ; puis en 1996, 379 contre 159 . Comme cela s'était produit aussi en 2008, avec cette fois la ferveur, hélas à courte vue que l'on sait, pour le premier Afro-Américain élu à la Maison-Blanche, lorsque Barack Obama avait battu Mc Cain par 365 voix contre 173.

Cette quasi-impossibilité à se départager montre peut-être que les candidats étaient médiocres ou usés. Mais aussi que les États-Unis sont un pays profondément divisé, dont le président, même lorsque la démocratie aura parlé et désigné le vainqueur, n'aura pas, comme dans le passé un mandat clair et un appui populaire évident pour diriger le pays. Un simple coup d'oeil sur la carte montre qu'il représentera l'Amérique profonde du Midwest et du Sud si c'est Romney. Ou l'Amérique suburbaine de l'Est et de l'Ouest si c'est Obama.

De la même façon, le fossé racial n'a peut-être jamais été aussi grand depuis l'époque de la lutte pour les droits civiques. Selon les sondages, seuls 38 % des Américains blancs s'apprêtaient à voter pour Obama alors que 78 % des latinos et plus de 90 % des Noirs avaient l'intention de lui apporter leurs suffrages. Autant dire que Romney, de son côté, serait élu, si c'était le cas, avec une écrasante majorité de voix blanches et boudé par l'essentiel des minorités.


Une victoire au goût de cendre...

Aussi injuste que cela puisse paraître, ce clivage pose plus problème au parti républicain qu'aux démocrates. Même si le parti d'Obama et de Bill Clinton doit regagner le plus tôt possible les faveurs des populations blanches les moins argentées et les moins armées contre les difficultés de la crise. La tâche est autrement plus difficile pour des républicains qui aujourd'hui représentent une société blanche nostalgique d'une grandeur passée et d'un rêve américain de plus en plus hors d'atteinte. Ils se sont laissé embarquer depuis 2008, notamment avec le tea party, dans des excès en tout genre, sur l'avortement, le droit des femmes, la santé, l'économie, l'immigration, qui ne pouvaient que les couper des forces vives de l'Amérique d'aujourd'hui et en particulier des latinos.

Paradoxalement, George W. Bush, à qui l'on fait pourtant tant de reproches, avait (peut-être parce qu'il venait du Texas) réussi à maintenir, dans la mouvance républicaine, une bonne partie de ceux qui demain feront sans doute de l'espagnol la première langue parlée aux États-Unis et de la terre des Quakers, un pays catholique.

Michel Colomès
Source: Lepoint.fr


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