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Nucléaire iranien: accord historique entre Téhéran et les puissances occidentales


International
Dimanche 24 Novembre 2013 - 10:48

C'est un accord qui met fin à dix ans de crise entre l'Iran et les grandes puissances. Après plusieurs jours de négociations à Genève, Téhéran et les cinq membres du Conseil de sécurité de l'ONU ainsi que l'Allemagne sont parvenus à un terrain d'entente intérimaire de six mois sur le programme nucléaire iranien controversé. Selon les Américains, il prévoit que l'Iran stoppe l'enrichissement de l'uranium au dessus de 5%, et qu'il n'installe pas de nouvelles centrifugeuses.


Les ministres américain, chinois, russe, français, britannique et allemand ainsi que le ministre iranien et la chef de la diplomatie européenne à la sortie des quatre jours de négociations à Genève, ce 24 novembre 2013. REUTERS/Denis Balibouse
Les ministres américain, chinois, russe, français, britannique et allemand ainsi que le ministre iranien et la chef de la diplomatie européenne à la sortie des quatre jours de négociations à Genève, ce 24 novembre 2013. REUTERS/Denis Balibouse
Pour le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammed Javad Zarif, l’accord est « un résultat important mais c’est seulement un premier pas ». Le président iranien Hassan Rohani déclare, lui, sur son compte twitter, que cet accord va « ouvrir de nouveaux horizons ».
 
Devant les journalistes, à l'issue de négociations marathon, Mohammed Javad Zarif a ajouté que l'accord contient une « référence claire selon laquelle l'enrichissement va continuer » en Iran, une question qui a été considérée longtemps comme la principale pierre d'achoppement des négociations.
 
« Le droit à la technologie nucléaire est un droit inaliénable », a encore indiqué le ministre, en ajoutant que le « combat que nous avons mené depuis plusieurs années avait pour but que la communauté internationale reconnaisse » que l'Iran exerce ce droit. « Nous pensons que cet accord et le plan d'action » signifie que « le programme nucléaire iranien va continuer », a-t-il conclu.
 
Vers la sortie d'une longue impasse diplomatique
 
L’accord préliminaire sur le nucléaire iranien conclu cette nuit à Genève entre Téhéran et les grandes puissances doit permettre de réduire l'ampleur du programme atomique de la République islamique, en échange d'un allégement des sanctions qui pèsent sur elle.
 
L'accord a été conclu après plus de quatre jours de négociations et constitue un premier pas vers la sortie d'une impasse diplomatique vieille de plus d'une décennie. Il suspend les volets les plus controversés du programme atomique de l'Iran en lui imposant d'arrêter l'enrichissement d'uranium au-dessus de 5%, de neutraliser ses réserves enrichies à 20% et de stopper le projet de réacteur à eau lourde d'Arak.
 
En échange, les six grandes puissances s'engagent à ne pas imposer de nouvelles sanctions au cours des six prochains mois, et les Etats-Unis estiment que l'allégement des restrictions existantes va permettre à Téhéran d'accéder à des milliards de dollars de revenus liés au pétrole, aux produits pétrochimiques, à l'or et au secteur automobile.
 
Pour Israël, un « mauvais accord »
 
Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères, précise de son côté que l'accord ne reconnaît à l'Iran que le droit au nucléaire civil. Le camp français, qui a manifesté son intransigeance lors de la précédente série de négociations au début du mois,  s'est ainsi prudemment contenté de souligner que l'accord « exclut (...) tout accès à l'arme nucléaire » de la part de l'Iran.

Le secrétaire d'État américain John Kerry a estimé que l'accord conclu à Genève rendra « le monde plus sûr, Israël et nos partenaires dans la région plus sûrs », alors que le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu dénonçait dans le même temps un « mauvais accord », affirmant que Téhéran avait obtenu « ce qu'il voulait ».
 
Israël estime que les sanctions économiques auraient pu produire un bien meilleur accord qui aurait débouché sur un démantèlement des capacités nucléaires iraniennes. Avigdor Lieberman, le ministre israélien des Affaires étrangères parle de « victoire » pour l'Iran et insiste: «La course à l'armement a débuté ». Pour sa part, Naftali Bennett, le ministre israélien de l'Economie, a assuré que son pays n'était pas lié par l'accord de Genève : « Israël n'est pas engagé par l'accord de Genève. L'Iran menace Israël et Israël a le droit de se défendre ».

Source : RFI
Mamoudou Kane


              

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