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Nouvelles d’ailleurs : Du non-dialogue et du drame permanent...


Tribunes
Jeudi 17 Septembre 2015 - 12:58

Le Dialogue, comme tout être animé d'une vie propre, continue son petit bonhomme de chemin. Les préliminaires terminés, les choses sérieuses vont commencer en Octobre.


Mariem Mint Derwich  Photo dédicace Livre « Mille et un je » Librairie 15/21 - décembre 2014
Mariem Mint Derwich Photo dédicace Livre « Mille et un je » Librairie 15/21 - décembre 2014
Quand à savoir ce qui sera discuté, mystère et boule de gomme... Vu que le FNDU campe sur ses positions, à savoir « Dialogue ? Quel dialogue ? Z'avez vu un dialogue ? » et que la Majorité papote entre elle et elle, cela promet un grand moment de solitude politique ou, tout du moins, un exercice de haute voltige qui tentera de faire, d'un monologue, un moment de partage « franc et cordial ».
 
Je n'ai jamais très bien compris cette obsession du Dialogue chez les Nous Z'Autres. Nous vivons comme si nous n'avions jamais dépassé les traumatismes des Accords de Dakar ; comme si nous étions toujours en état de crise permanente, un lendemain de coup d'Etat où chacun s'invectiverait, se vouerait aux gémonies.
 
La Mauritanie ou le syndrome du drame permanent... Dans cette grande scène du II qui n'en finit pas, nous avons inventé le Dialogue dramatique et sourd. Est-ce moi qui ne comprend rien ou bien j'ai raté quelque chose ?
 
Dans un pays dit « normal », une majorité politique gouverne, une opposition s'oppose. Point à la ligne. Point besoin d'Assises, de Consultations, de Dialogue, de Rencontres, de palabres à n'en plus finir. Chacun son rôle. Mais ça, c'est dans un pays dit  normal ». Apparemment ce que nous ne sommes pas. Nous, nous avons inventé le coup d'Etat permanent, la crise de nerf politique, le blocage comme gestion, le Dialogue comme seule issue.
 
Un vrai feuilleton à rebondissements que cette affaire-là : quand c'est l'un qui veut dialoguer, l'autre ne veut pas ; quand l'autre veut dialoguer, l'un ne veut pas ( théorie fameuse qui veut que l'un dans l'autre devienne, par calcul cinétique, l'autre sans l'un) ; quand, par un grand hasard, sûrement dû au dérèglement climatique, l'un ET l'autre acceptent, il se trouve toujours un intempestif « l'un sans l'autre » qui déboule et fait tout capoter.
 
Pour corser la chose dialoguiste, l'Un est souvent un morceau de l'Autre, jeu de chaises musicales politiques, ce qui brouille les lignes. Alors, quand l'Autre est aussi un morceau de l'Un, nous, simples Nous Z'Autres, en perdons notre maigre bon sens...
 
Reconnaissons au moins une chose positive, à notre Non-dialogue : il prouve que nous sommes riches en chaises et fauteuils, que nous savons recevoir, que nous avons le don patriotique de trouver des sujets de reportages à la TVM et que nous maîtrisons la météo, arrivant à convoquer la pluie le jour de l'ouverture des Consultations à Préliminaires.
 
Donc, histoire de résumer pour les chancelleries étrangères qui tentent de comprendre un tant soit peu la Bolitik des Mauritaniens, « Peuple de Héros... blablabla et blablabla », nous avons inventé le concept du Non-dialogue, petite sauterie exotique et fort étrange que nous seuls pouvons comprendre.
 
Pour faire court, la seule question qui vaille, celle qui devrait tenir en haleine toute la Mauritanie et ses Nous Z'Autres lunatiques, est la suivante : quel temps fera-t-il, à l'ouverture du fameux Non-dialogue d'Octobre ? C'est la seule question à se poser. Le reste est superfétatoire (eski, la langue française !).
 
Car, pour le reste, nous sommes toujours en pleine crise de nerfs à Dakar, enfermés dans une pièce, dans un grand hôtel de la place. On vous fait croire qu'il y a eu les Accords de Dakar. Mais ça, c'est pour la galerie internationale. Dans notre espace-temps à nous, celui qui nous est propre et auquel on tient comme à notre premier seroual, nous sommes à Dakar et cela continue, continue, continue...
 
Pendant que les politiques peaufinent le concept du Dialogue qui n'était pas là, nous, braves Nous Z'Autres, avons lancé nos Assises Historiques, guerres tribales à l'appui, nous écharpant sur Moutounsi. Depuis que tout là-haut, là-haut, « on » a décidé que notre futur aéroport international de Nouakchott-Plage s’appellerait Moutounsi, c'est la guerre, dialogue à bombardements et à victimes collatérales.
 
Ambiance quelque peu « sportive » où l'on invoque les ancêtres, les ancêtres des ancêtres, les lignages, les généalogies, les pétoires d'antan et les poèmes divers et variés. Nous n'en sommes pas encore arrivés au chapitre «Quelle fut l'implication des hommes du Paléolithique mauritanien et leur contribution à Moutounsi ? » mais nous y arriverons... Je n'en doute pas une seconde.
 
En attendant que nous trouvions la réponse quand aux agissements de nos ancêtres préhistoriques et leurs conséquences sur la mort de Mac Mahon, je repose la seule question qui me turlupine : quel temps fera-t-il le jour de l'ouverture du Non-dialogue ? Salut !

Mariem Mint Derwich
lecalame
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