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Noura Mint Seymali: «Le cosmopolite est l'avenir du monde, et de la musique en particulier»


Culture
Samedi 29 Décembre 2012 - 11:38

Longtemps éclipsée par le prénom de son père, Noura veut sortir de l'ombre de Seymali Ould Mohamed. Son nouvel album sort bientôt et Noura Mint Seymali veut mettre le monde à ses pieds. Sa récente performance à Podor, au festival du blues du fleuve est une étape de cette ambition. Rencontre.


Noura à l'extrême droite
Noura à l'extrême droite
Noura Mint Seymali n’aime pas qu’on la compare à Seymali Ould Mohamed Vall. Car elle se sent toute petite auprès de son père, monument de la musique mauritanienne. «Même de son vivant, j’ai toujours été jalouse de mon père. Et je le serai pour toute ma vie. Je vous avoue franchement que je suis très fière d’être la fillede Seymali Ould Mohamed Vall. Sachant que pour l’instant à côté de son œuvre artistique, je ne fais pas le poids. Parce que je reste toujours sa fille, qui essaye de lui emboîter le pas», se justifie-t-elle timidement, derrière un sourire lumineux. En fait, cette belle rebelle à la voix en baryton mineur, est issue d’une famille traditionnelle musicienne. Noura a tout simplement «le rythme et le chant dans le sang».

La preuve: Sa grand-mère Mounina Mint Aleya est une chanteuse, son père Seymali Ould Mohamed Vall est un auteur-compositeur, feue sa belle-mère Dimi Mint Abba n’est plus à présenter en Mauritanie, et ailleurs. Son grand-frère Souleymane Ould Mohamed Vall est un arrangeur-compositeur, sa demi-sœur Verrouz Mint Seymali, qui est sortante de la prestigieuse école des beaux arts du Royaume chérifien, est une auteur-compositeur-interprète, son mari Jeich Ould Chigaly est un guitariste.

L’entame d’une carrière solo

Contrairement à son papa qui a fait des études de musique en Irak, Noura est sortante de la grande école de la débrouillardise mauritanienne, formée sur la tas. Son enfance fut baignée «des sonorités musicales les plus classiques». Assimilant sa mémoire, à un «disque dur gigantesque», Noura ne pouvait que retenir les refrains des chansons de ses parents qu’elle écoutait à longueur de journées. C’est tardivement, seulement en 2004 qu’elle décide d'entamer une carrière solo, et mettre sur le marché il y a deux ans, son premier album, «El Hewl». Dans cet album, produit par l'institut français de Mauritanie, se côtoient divers styles musicaux qui vont du funk au jazz, en passant par le blues et le reggae, et même le rock.

Mettre le monde à ses pieds

Bénie ainsi des prières musicales de sa famille, la jeune femme meurt d’envie de prétendre à une renommée internationale comme son père, mais elle ne veut surtout pas s’inscrire dans le même registre «traditionnel» que Seymali Ould Mohamed. «Mon père et moi ne sommes pas du tout inscrits dans le même registre. Lui, il a beaucoup travaillé pour faire connaître la musique traditionnelle mauritanienne. Quant à moi, j’essaye d’apporter à la musique mauritanienne une touche de modernité», explique-t-elle.

Pour ce faire, la douce moitié de Jeich ne cesse de flirter avec les différents genres musicaux notamment le Zouk, le Funk…, mais également elle n’hésite pas de toucher aux instruments d’autres horizons et les euphonies d’ailleurs pour donner ne serait-ce qu’une symphonie mélodieuse aux mélomanes mauritaniens et étrangers. La petite fille de Mounina se sent maintenant plus «outillée» pour aller à la conquête du monde. Elle travaille pour cela depuis un certain temps et ne désespère pas d’y arriver un jour: «Après avoir fait plusieurs tournées à travers le monde lors des festivals et de nombreuses rencontres professionnelles, je me suis dit pourquoi ne pas aller à la conquête du monde? C'est en ce sens que je veux donner une touche de modernité à la musique traditionnelle maure, que les gens saisissent l'essence de ma musique sans en saisir les paroles» développe la jeune femme.

La renommée de son père l'obsédant toujours, Noura met perpétuellement les différences marquées entre son père et elle. «Papa savait très bien comment faire pour atteindre un public cosmopolite à travers les différents dialectes tels que le Wolof et le Poular qu'il maîtrisait».

Cet aspect cosmopolite est «l'avenir de la musique en général» s'écrie-t-elle, au détour de cette confidence sur son père. Sa présence au festival du blues à Podor, au Sénégal, organisé par Baba Maal est un de ces moyens, selon elle, pour ouvrir son esprit d'abord, et sa musique ensuite à la diversité. C'est à cette occasion que le roi du Yéla dira d'elle qu'elle est «une grande star, qui a beaucoup de choses à apporter à la musique mauritanienne et africaine». Un vibrant hommage qui n'est pas vain dans la bouche de l'icône pulaar.

El Madios Ben Chérif
Mamoudou Kane


              

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