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Nouakchott, une ville aveugle


Actu Mauritanie
Mardi 16 Avril 2013 - 13:00

Dans la capitale, se pose toujourse l’inextricable problème de repérage qui rend presqu’aveugle la ville de Nouakchott. Ou bien, l’ancienne administration mauritanienne, celle des années 60-70 est bien en avance par rapport à la Mauritanie d’aujourd’hui ou bien, les mentalités sur ce plan, comme tant d’autres, ont bien régressé.


Vue de Nouakchott d'en haut
Vue de Nouakchott d'en haut
 En effet, alors que le régime de Feu Mokhtar Ould Daddah avait légué à la postérité une ville de Nouakchott bien adressée avec des rues et des avenues baptisées à la mémoire d’illustres hommes, des citoyens mauritaniens mais aussi du monde entier, ce qui dénotait de l’universalité qui faisait les beaux jours de la Capitale mauritanienne, l’adressage de 2002 reposait sur une numérotation qui faisait perdre à Nouakchott son visage humain et chaleureux.

En effet, l’administration postindépendance avait dès 1963 nommé quelques 58 rues, les seules qui existaient encore à l’époque et que de rares plaques encore visibles continuent d’illustrer aujourd’hui, comme la Rue Gandhi, ou encore la Rue Patrice Lumumba, l’Avenue Gemal Abdel Nasser, Kennedy,etc. En 2011, la Communauté urbaine de Nouakchott baptisera 300 rues et lieux.

Mais contrairement à l’usage des anciens administrateurs qui privilégiaient la mémoire vivante des personnalités illustres, la nouvelle numérotation se déclinait par des chiffres froids que personne d’ailleurs n’a pris la peine de prendre comme repère. Il est évident que si quelqu’un affirme loger dans la Rue Mohamed Lemine Sakho, ou encore sur le prolongement de l’Avenue Fayçal, cela fait plus chaud au cœur que d’indiquer qu’il habite à la rue 51066 porte 19. Seuls de rares personnes pourront comprendre que l’adresse indiquée se situe au 5ème arrondissement (Sebkha), au quartier n°1, à la rue 066 et à la porte 19, comme l’a si bien illustré Seydou Nourou dans son article. Cette opération de numérotation, quoique préférable au vide, aurait ainsi porté en 2002 sur 12.000 rues et 200.000 concessions. A défaut de rien, ce système devait tout au moins permettre de faciliter les déplacements dans Nouakchott, tout en facilitant le travail des diverses administrations de l’Etat (sociétés d’eau et d’électricité, police, pompiers, etc).

Cet adressage qui est venu se superposer à l’ancien légué par les pères fondateurs, n’a fait que contribuer à faire davantage perdre tout repère physique au citoyen lambda. D’où le recours systématique à un modèle populaire que les usagers se sont forgés tout seul. Chaque quartier a ainsi ses propres repères. Pour les habitants d’El Mina, le Carrefour Yéro Sarr, le Hakem, l’Arrêt Bus, ou encore le garage de Nouadhibou, le Robinet Sarakholé, sont devenus les indications fétiches à partir desquels n’importe qui peut se faire déposer par taxi sans problème. Il en est de même pour les habitants de Dar Naîm, qui se sont fait leurs propres repères, tel que le Virage Ould Badou, la rue Aziz, l’immeuble Ould Khteïra ou encore la Boutique Dioumbo. Ainsi, de suite, chaque Moughataa ayant ses endroits fétiches à partir desquels les habitants s’orientent.

Les taximen connaissent par cœur davantage ses nouvelles appellations que la numérotation de la Communauté urbaine ou encore les anciens noms laissés par les anciens et aujourd’hui délaissés.

Résultat, tout adressage des villes conçu sans l’avis partagé des usagers, n’est que dépenses inutiles et pertes de temps.


Source:[Lauthentic]urlblank:Lauthentic.info
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