Connectez-vous S'inscrire
Noorinfo

Nouakchott, entre le gâtisme de la mémère et les lubies du môme


Blogs
Vendredi 30 Septembre 2011 - 22:32

A peine, célèbre-t-elle, ses cinquante printemps qu’elle commence déjà à dégager des signes de décrépitude. Ses rides précoces s’y étaient apparus à l’âge de vingt ans. Sa jeunesse en a été atrocement frappée. Elle vit, en elle, le paradoxe de la pression versatile de deux âges, tiraillée entre le gâtisme de la mémère et les lubies de la môme. Elle est un peu les deux. Pourtant, elle naquit bien. Très bien même. Mais, elle a mal vécu. Son adolescence n’a pas été si bien négociée. Son mal originel, elle l’a attrapé à cette période.


Nouakchott, entre le gâtisme de la mémère et les lubies du môme
Jadis elle narguait ses nouveaux habitants, ses visiteurs. Elle respirait l’ambition. Elle se prenait en charge et concevait un avenir radieux pour elle et pour sa population. Elle était consciente de la mission qui était sienne, de l’image qu’elle devait forger. Et imposait, en âme et conscience, à ses résidents, sa philosophie. Elle était, en somme, une cité digne, respectable et respectueuse de la Mauritanie dont elle assumait pleinement la fonction de capitale politique. 

Malgré son jeune âge, Nouakchott cultivait, à cette époque-là,  une estime empreinte  de fascination chez les Mauritaniens. Ils en étaient fiers, la respectaient et veillaient jalousement sur elle, les Mauritaniens. Ils s’y sentaient bien, autant que les communautés étrangères qui l’investirent pour y faire fortune ou pour d’autres raisons professionnelles.

Nouakchott n’est plus ce qu’elle fut, hélas. Elle a perdu de son charme. Elle est comme meurtrie. Elle a honte d’elle-même. Elle a honte de ses habitants. Elle n’est plus fière. Elle ne regarde plus le ciel. Elle a baissé ses yeux, ses bras, aussi, il y a  bien longtemps.  Depuis lors, elle ne cesse de pleurer, gémir, geindre. Elle ne sait plus faire que cela.

Aujourd’hui, Nouakchott n’est ni ville, ni campagne. Elle est un peu entre les deux. Elle fait  désormais la somme des aspects négatifs de la ville et de la campagne. Ceux qui y résident ne sont qu’une communauté bigarrée. Des rats de ville associés à des rats de campagne qui y élisent demeure. Les rats de ville, en mal de ville, y sont pour fuir l’urbanité et l’ordre citadins. Les rats de campagne, en mal de campagne, y sont pour tuer l’innocence et les conventions campagnardes. 

Nouakchott redevient une grosse poubelle.  Un dépotoir où ses résidents déchargent leurs excréments et immondices. Ainsi, Nouakchott, courroucée, prépare sa riposte et commence désormais à délivrer ses tripes, à se libérer, en évacuant, chaque jour, sur sa face habitée par les foules de rats, ses humeurs les plus intimes, faites d’eaux salées qui jaillissent des profondeurs et chassent de plus en plus de rats.

 
mouna-ennass.blogspot.com


              

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Actu Mauritanie | Actualité | Economie | Sport | Culture | Société | Lu sur le web | International | Tribunes | Vu de Mauritanie par MFO | Blogs | videos | A.O.S.A | Communiqué | High-Tech | Politique | Sciences | Insolite | Histoire





Suivez-Nous
Rss
Recherche
En clair
Inscription à la newsletter
Les + populaires