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Noorinfo

Nouadhibou zone franche : Et après ?


Economie
Jeudi 19 Juillet 2012 - 17:06

Le comité interministériel chargé du projet de la zone franche de Nouadhibou s’est réuni dimanche dernier sous la présidence du ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Aménagement du Territoire, Ismail Ould Boddé Ould Cheikh Sidiya.. Les participants à la réunion ont discuté, à cette occasion, des mécanismes et des moyens appropriés pour le lancement de ce projet destiné, selon ses concepteurs, à faire de Nouadhibou une ville phare pour le développement économique du pays. Une manière de lui faire recouvrer la plénitude de son appellation de " capitale économique " de la Mauritanie.


Le boulevard de la Médina à Nouadhibou
Le boulevard de la Médina à Nouadhibou
Du projet de faire de Nouadhibou une zone franche, à la réalité, il y a tout un gouffre qui rappelle que la volonté de redorer le blason de cette ville ne date pas d’aujourd’hui. Tout le monde se rappelle encore du Conseil des ministres délocalisé sous la présidence de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, en 2007, et des promesses faites après aux habitants de cette ville portière par le président Aziz, quand il était venu défendre la " Rectification ". Tout le monde se rappelle aussi des mêmes intentions qui avaient été exprimées en 2001 par le président Ould Taya qui voulait procurer à la ville un statut de zone franche. Dans un cas comme dans tous les autres, la zone franche n’a jamais été au fond, l’axe principal des Autorités. Et encore moins pour les Autorités actuelles qui disent avoir mobilisé des milliards d’ouguiyas à propos.

Il s’agissait, plutôt, de penser le développement de la ville en fonction de ses potentialités économiques (pêche et port minéralier par lequel transite la production de la SNIM) mais aussi de point de contact avec le Maroc et d’ouverture sur l’Europe.

Le Port et le développement de la ville

Le Port autonome de Nouadhibou constitue un élément essentiel dans le plan de développement de la ville. Le projet d’extension du PAN et de celui de la Baie du Repos (port artisanal) fera de la ville de Nouadhibou un pôle de développement dans tous les domaines de la vie économique et sociale. Avec des infrastructures portuaires qui s’apprêtent à tous les types d’activités économiques (port minéralier, pêche artisanale, terminal pétrolier), Nouadhibou est l’une des places portuaires les plus importantes de la région (plus de 15.000 000 t./an).

En chiffres, le PAN c’est 962 mètres de quai avec 8 postes de chargement, 5 fabriques de glaces dont 3 tunnels sur le quai pour la livraison de glace (10 tonnes/tunnel/jour), plusieurs unités de conservation et de transformation des produits de la mer, avec des entrepôts frigorifiques d’une capacité totale de 30.000 tonnes, 2 grues sur rails et 6 grues sur pneus, 1 ponton automoteur équipé d’une grue de 20 tonnes et 30 engins de levage pour la manipulation des conteneurs.Pourtant, le Port de Nouadhibou doit se moderniser et se développer pour faire face à une concurrence de plus en plus rude. La grande place qu’il accorde aux promoteurs privés (manutention, réparation, activités industrielles, etc.) n’est pas suffisante pour jouer dans la court des grands ports maghrébins et ouest africains tournés essentiellement vers le commerce international. Les autorités portuaires de Nouadhibou misent beaucoup sur le projet d’extension du PAN et sur celui d’enlèvement des épaves qui en étouffent l’espace vital pour faire jouer à cette infrastructure économique son rôle de poumon de la ville.

Mohamed Sneiba
Pour L'authentique

Le port et la Zone franche de Lomé
Le port et la Zone franche de Lomé
cb[Les zones franches en Afrique

La première zone franche industrielle a été créée au Maroc en 1962. Quelques autres pays ont aussi créé des zones franches dans les années 1970 : Île Maurice en 1971, Tunisie en 1972, Égypte et Sénégal en 1974, Liberia en 1975, Côte d’Ivoire en 1976, Togo en 1977, Zaïre en 1979.

Plus récemment, en 2009, le Gabon a lancé 2 zones franches. La première spécialisée dans la transformation du bois dont il est recouvert à 85 %, porte la dénomination de Zone économique spéciale de Nkok. Elle est réalisée en partenariat avec un groupe singapourien et se situe à une trentaine de kilomètres de Libreville. La deuxième, située à Port-Gentil et dénommée Zone franche de l’île Mandji est dédiée à la transformation des hydrocarbures..

Pour certains experts, cette orientation est plus viable que celle de faire de Nouadhibou une zone franche, sans que l’on sache d’abord vraiment de quoi il s’agit. Dans l’esprit de ceux qui entendent ce mot pour la première fois la confusion est totale. Pas plus que les ministres non initiés aux questions économiques qui ont participé à la prise de décision pour ce projet, il va falloir qu’on leur dise, clairement, de quel type de zone franche il s’agit, le terme de " zone franche " pouvant prêter à confusion car il recouvre trois grandes familles de zones franches, chacune ayant ses particularités propres.]cb
Mamoudou Kane


              

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