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Nouadhibou : Encore le spectre d’une " mauvaise pêche "


Economie
Lundi 30 Juillet 2012 - 13:21

Les opérateurs nationaux de pêche artisanale, au niveau de Nouadhibou, fustigent le mutisme des autorités face à la crise née, depuis quelques semaines, de la mévente des stocks de poisson. Une situation qui rappelle, point par point, celle de 2009 ayant conduit finalement le gouvernement à trancher le bras de fer qui opposait les opérateurs au directeur général de la SMCP (Société mauritanienne de commercialisation du poisson) en remplaçant ce dernier.


Nouadhibou : Encore le spectre d’une " mauvaise pêche "
C’est apparemment le même scénario de 2009 qui reprend avec des pêcheurs accusant la SMCP de délaisser son rôle et de se jouer des prix en présentant aux opérateurs des propositions destinées uniquement à les pousser à se soumettre à des considérations de vente qui ne répondre, en réalité, qu’à la volonté de la société chargée de la commercialisation du poisson " made in Mauritanie ".

Les pêcheurs, qui ne cachent pas leur désarroi face à cette nouvelle crise, ont demandé au gouvernement d’ordonner un arrêt (de circonstance) pour rendre possible l’écoulement des produits sans être obligés de donner l’impression de les brader.

Les opérateurs du secteur de la pêche, qui ont lancé un SOS au président Mohamed Ould Abdel Aziz pour intervenir rapidement, dans le cadre d’une recherche de solution à leurs problèmes, s’étonnent que l’Etat qui a consenti un appui conséquent aux secteurs de l’agriculture et de l’élevage, n’en fasse pas de même pour celui de la pêche qui, selon eux, entre pour 30% dans la composition du budget de l’Etat.

Un monopole qui ne dit pas son nom

On se rappelle, qu’en décembre 2010, la décision prise par le gouvernement d’inverser les rôles, donnant à l’Etat 70% dans le capital de la SMCP, avait failli placer le secteur des pêches en Mauritanie dans une nouvelle tourmente. La décision avait été mal accueillie par les opérateurs économiques qui y voyaient en elle, non sans raison, un retour insidieux au monopole d’Etat non déclaré. Sans savoir les raisons profondes qui poussaient le gouvernement à prendre de telles mesures, l’Etat avait décidé, de lui-même, à disposer de 70% du capital de la société (au lieu de 35% initialement) et de ramener la part du privé mauritanien de 65% à seulement 30%.

Cette décision dont la conséquence directe a été la remise en cause des statuts de la société, en vigueur depuis 1984, était, de l’avis, des opérateurs du secteur des pêches, en contradiction flagrante avec des déclarations du président Ould Abdel Aziz affirmant, en décembre 2010, que l’option de la libéralisation économique est irréversible.

Si dans la crise de 2010, c’était essentiellement la pêche industrielle qui avait souffert des comportements jugés peu amen de la SMCP, la situation présente est jugée préjudiciable par la pêche artisanale qui est aujourd’hui à l’avant-garde des protestations venant de la capitale économique. Toujours est-il que les deux réactions dénotent d’un seul fait : L’Etat agit comme si la SMCP était sa propriété ou comme s’il avait une mainmise totale sur sa gestion. Certes, les règles établies jusqu’alors lui donnaient la latitude, bien que minoritaire, de nommer le directeur général de la société, laissant aux privés le poste de président du Conseil d’Administration, mais n’oublions pas que la SMCP ne s’occupe que de la commercialisation. Ce n’est pas elle qui dispose des moyens de production et il n’est pas dit que le fait de pousser les partenaires privés dans leurs derniers retranchements ne risque pas de provoquer l’effet inverse de ce qui est recherché : pousser la société dans une nouvelle crise qui peut lui être fatale.

C’est d’autant plus vrai que la SMCP est soumise à la loi du marché que dictent les acheteurs, essentiellement japonais, conduit par la puissante " Mitsubishi ". Alors que le prix plancher convenu dans le monde est de 1200 dollars US pour la tonne de poissons, la Mauritanie cherche souvent à en tirer 1400 USD, ce qui serait de bonne guerre, commercialement parlant, si cela n’embarrassait pas les trésoreries des producteurs privés mauritaniens qui font face à des difficultés de toutes sortes.

La SMCP est l’unique exportateur de poisson congelé de Mauritanie depuis juin 1984. Elle commercialise, environ, 50.000 tonnes par an de poissons congelés à bord et à terre.

Tout se passait suivant un circuit allant de la déclaration de stock à la SMCP par le producteur au payement des factures par la banque notificative du crédit documentaire, en passant par la présentation de l’offre d’achat par le client à la SMCP, la confirmation par la SMCP de la vente au Client, la mise en place par le client le crédit documentaire irrévocable et confirmé payable à vue ou transfert bancaire, l’embarquement ou cession du produit et l’élaboration des factures d’exportation. Le changement dans la clé de répartition du capital de la société pourrait bien avoir un impact négatif sur, non pas la commercialisation elle-même, mais la production.

MOMS
Pour l'authentique
Mamoudou Kane


              

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