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Nos députés à l’école buissonnière : Empocher ses indemnités et partir


Société
Mercredi 12 Décembre 2012 - 10:04

Alors que le débat sur la constitutionnalité de leur maintien fait toujours rage au sein de l’Opinion publique, certains députés ne s’en tiennent qu’à leurs fins de mois. Ils se font remarquer lors des cérémonies inaugurales avant de disparaitre dans la nature. L’expérience montre que loin de contrôler l’activité gouvernementale –quand ils n’ont pas de compte à régler avec certains ministres- nos députés restent surtout mus par l’immunité parlementaire et les subsides attendus.


Une assemblée presque vide lors d'un vote de loi en 2011.
Une assemblée presque vide lors d'un vote de loi en 2011.
Nous n’avons très certainement que les députés que nous méritons. Pas contents d’être remis en question pour leur mandat périmé, nos députés continuent de faire parler d’eux…Et pas toujours en bon. Mais au fait où sont-ils, nos députés ? La question mérite d’être posée notamment pour la présente session où ils brillent par leur absence au point que l’un des présidents a ajournée, l’une des dernières sessions pour défaut de quorum à l’Assemblée nationale.

Majorité et Opposition à la même enseigne

Seule une poignée de quelques dizaines de députés fait encore le déplacement pour le prétoire pour des séances plénières. Les autres, aussi bien de la Majorité que de l’Opposition, dépeuplent leur assemblée. Et dire que les citoyens les ont élus pour discuter les lois, prémunir leurs droits…Vaste programme pour ces députés absentéistes et de surcroit en sursis.
Tout le monde se rappelle la levée de boucliers, à l’issue du coup d’Etat d’août 2008, contre l’actuel président de l’Assemblée nationale, Messaoud Ould Boulkheir, alors opposant au coup d’Etat.

La session parlementaire de Septembre 2008 qui a suivi a été le théâtre de beaucoup diatribes et conciliabules visant à ramener le président de l’Assemblée nationale au prétoire. C’est d’ailleurs sous la menace de la destitution à l’occasion de nouveaux amendements au règlement intérieur que les pro-pusch avaient eu raison de l’obstination du président de l’Assemblée nationale. Il a fini par dépasser « la chaise vide» (voir Le QDN du 18 Septembre 2008).

Mais on en est plus là (crise) et pourtant l’absentéisme des députés est comme admis. Sur les 95 députés, moins du quart assiste aujourd’hui aux sessions annoncées par la Conférence des présidents. Et le plus curieux est l’absentéisme des députés de l’Opposition -malgré le fait de dénigrer la légalité de l’Assemblée, ceux-ci continuent de percevoir l’argent public-qui perdent dans ces séances parlementaires des espaces à leur communication politique.

Article 36 du RI et possibilité de sanction pécuniaire

Pourtant, quoique souvent symbolique pour une grande part d’entre eux, la présence des députés constitue un mandat donné par les populations mauritaniennes aux intéressés pour, tout au moins, faire acte de présence. Là se poserait donc un problème de conscience professionnelle pour veiller au respect des lois. Mais, selon toute vraisemblance, la seule disposition du règlement qui a trait à l’absentéisme parlementaire, c’ est l’article 36 du règlement intérieur de l’Assemblée.

Et il est pourtant assez clair: « Lorsqu’un député est absent à trois séances dans un intervalle de trente jours sans présenter d’excuse ou sans que cette excuse soit admise par le bureau, une retenue d’un quart de son indemnité mensuelle de fonction est opérée pendant toute la durée de la session. Cette retenue est doublée si le député n’a pas pris part à plus de la moitié des séances des l’Assemblée nationale tenues dans cet intervalle ».

Aujourd’hui, on est probablement face à un tel phénomène avec des députés qui viennent quand ils veulent. Cette désaffection même si elle peut s’expliquer par la monotonie d’une Assemblée en sursis ne peut justifier que les affaires des électeurs dont ils vont réclamer la confiance demain, à l’occasion d’autres élections, soient soumises aux seuls caprices de nos représentants. Entre certaines affaires morales, qui les ont éclaboussé, les députés, très friands comme tous politiques de se mettre en exergue pour un rien, nos députés sont en rupture de banc.

Jedna DEIDA
Pour le QDN
Mamoudou Kane


              

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