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Nord-Mali: "Un problème de développement territorial, plus qu'autre chose" selon les autorités maliennes


International
Mardi 15 Novembre 2011 - 07:42

En parallèle de la guerre libyenne, et du flot d'armes qui s'est déversé dans la zone du Sahel, les revendications autonomistes reprennent de la voix chez certaines factions rebelles. «Simplement le fait de groupes isolés sans assise sociale» rétorquent les autorités maliennes, qui voient dans ce projet plus un problème de gestion d'accueil et de développement, qu'autre chose. Décryptage.


Il y a toujours eu des soubresauts isolés de volontés autonomistes depuis 1965, des "hommes et femmes bleus", mais les touaregs dans leur immense majorité ne souhaiteraient pas une scission avec le Mali, selon les autorités maliennes
Il y a toujours eu des soubresauts isolés de volontés autonomistes depuis 1965, des "hommes et femmes bleus", mais les touaregs dans leur immense majorité ne souhaiteraient pas une scission avec le Mali, selon les autorités maliennes
La chute de Mouamar Kadhafi, et le retour de certains loyalistes vers leurs pays d’origine, notamment le nord du Mali, créent une situation qu'une part des médias maliens jugent «propice à la rébellion» ces dernières semaines. La création, le 16 octobre dernier, du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) (région du Nord-Mali- ndlr) qui a réussi à fusionner des groupes de militants pour l’autonomie de la région, corroborent ce fait selon eux. Et celui-ci n’aurait qu’un seul objectif selon le porte-parole d'un des groupe, le front patriotique arabe de l'Azawad, Mohamed Ould Aly, est la «libération totale de l’Azawad».

Ces mouvements ne se limiteraient plus aux messages de propagande sur les réseaux sociaux. A l’instar du MNA qui a planté son drapeau le 24 octobre à Khaalid (frontière du Mali et de l'Algérie) et le 1 Novembre à Aguel Hoc (à 100 km de Kidal). C'est à cette occasion qu'une centaine de jeunes et femmes sympathisants du MNA ont organisé une marche qui a ensuite été dispersée par les forces de l’ordre .On pouvait voir sur les pancartes des manifestants des drapeaux et des cartes géographiques à l’effigie de l'Azawad.

Aujourd’hui, la présence des anciens combattants touaregs de la guerre libyenne inquiètent les autorités maliennes, qui craignent notamment qu’ils ne viennent grossir les rangs du mouvement autonomiste implanté dans la région. Le retour de ces anciens combattants de Libye, dont certains sont d’anciens membres de la rébellion de 1990, a accru les tensions entre les Touaregs du Mali et les autorités de Bamako.

Pour les apaiser, l'assemblée nationale malienne a envoyé une mission dans les régions du nord de Gao et Kidal, notamment auprès du MNLA, pour amorcer des discussions avec les chefs de la communauté touareg à un moment où, selon les spécialistes, ces derniers durcissent leur discours contre l’État malien, qui de son côté craint une réactivation du mouvement autonomiste mais aussi et surtout que la situation sécuritaire du Sahel, où sont disséminés les islamistes d’AQMI, ne se dégrade.

Une centaine de touaregs ont manifesté le 1er novembre pour l'autonomie de l'Azawad
Une centaine de touaregs ont manifesté le 1er novembre pour l'autonomie de l'Azawad
«Un problème de développement, pas de volonté autonomiste»

«Tout ce qui se passe, au sud comme au nord du Mali est un problème de développement; spécialement dans le cadre de la lutte contre l'insécurité dans laquelle le Mali et la Mauritanie aussi, sont engagées. Dans ces zones il faut créer des zones de développement. Ça veut dire mettre en place, une administration, et les infrastructures qui vont avec, ainsi qu'un minimum de structures militaires pour assurer la sécurité de toutes ces infrastructures. Ce programme se déroule actuellement. Il y a une difficulté particulière liée aujourd'hui, au retour de ces maliens armés en provenance de la Libye. Les ministres et parlementaires envoyés se concertent avec les communautés du nord, qui elles-mêmes se concertent entre elles. Les solutions politiques et sociales sont donc privilégiées. On est dans un processus d'accueil un peu compliqué vu le contexte libyen, mais il ne s'agit que de cela» explique longuement l'ambassadeur du Mali en Mauritanie, Souleymane Koné.

Ce que pense aussi le directeur général de l’Agence Nationale d’Infrastructures des Collectivités Territoriales (ANICT) et aussi en charge du programme spécial pour la paix, la sécurité et le développement dans le Nord (PSPSDN), Mohamed Ag Erlaf. Il joue le rôle d'émissaire dans cette région. «Nos missions qui sont instruites par le Chef de l’État ont pour objectif d’assurer nos compatriotes qu’ils sont revenus chez eux. Notre souhait à tous, c’est une solution pacifique à cette nouvelle donne liée à l'accueil d'une population armée» affirme-t-il.

«Aucune rébellion n’est en gestation au Nord Mali, pour la simple raison que les conditions ne sont pas réunies pour le déclenchement d’une rébellion sérieuse au Nord Mali; en tout cas pas tout de suite. Seulement, certains mouvements fictifs comme le MNA ou le MNLA, et certaines presses à la recherche de sensationnel, font croire au pire dans la partie nord du pays. Or en réalité, il n’en est rien!» estime pour sa part, le journaliste malien du quotidien Lafia Révélateur, Mohamed AG Moussa. «Il est vrai que c’est une épine aux pieds des plus hautes autorités du Mali, le fait que des libyens d’origine malienne soient retournés au pays désœuvrés. Mais de grâce, cela n’a rien à voir avec une rébellion» insiste-t-il.

Quant au Colonel Mamoutou Diarra, attaché de défense auprès de l'ambassade du Mali en Mauritanie, la situation est claire à ses yeux: «On n'est pas dans un problème militaire. Il n'y a pas de tentatives de déstabilisation et de scission dans le nord du Mali. Pour preuve, les communautés arabes se sont réunies ce dimanche passé pour évoquer le retour de ces maliens armés; et la réunion n'a pas débuté avant que toutes ces parties ne partent du postulat que le Mali est un et indivisible!» décrypte-t-il.

«Les sursauts autonomistes du Nord existent depuis 1965, époque du père fondateur Modibo Keïta. Si ces revendications étaient sérieuses, elles auraient abouti depuis longtemps. Là on est dans une situation d'accueil, compliquée par le fait que les citoyens maliens qui reviennent sont armés et qu'il s'agit d'une zone sécuritaire stratégique, notamment pour le banditisme. Toutes les démarches menées en ce moment, toutes les solutions envisagées entrent dans le cadre de la mise en application du programme spécial pour la paix, la sécurité et le développement dans le Nord (PSPSDN)» conclut le militaire.

Mamoudou Lamine Kane

Le programme spécial pour la paix, la sécurité et le développement dans le Nord (PSPSDN):
- Créé par décret présidentiel en juillet 2010, le PSPSDN couvre la période 2010-2011, et s'articule autour de 8 axes qui visent dans leur ensemble à redonner une place à l'état et ses services dans le Nord-Mali, en désenclavant la région, mais entre autres aussi, en luttant contre la criminalité organisée, et en assurant la continuité des services publics.

- D'un coût global de 65 millions de dollars, le PSPSDN est structuré en 5 composantes (sécurité, gouvernance, développement, communication et gestion)
Mamoudou Kane


              

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