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Nord-Mali : Qui prendra part à "l’expédition punitive" ?


International
Mardi 10 Juillet 2012 - 09:20

Pour bon nombre d’observateurs, la question d’une intervention militaire de la communauté internationale au nord Mali n’est plus qu’une question de jours. La réunion du Comité des chefs d’Etat-major des pays du Sahel (Mali, Mauritanie, Niger et Algérie) prévue à la mi-juillet 2012 à Nouakchott devait être déterminante dans le choix du comment et du quand de " expédition punitive " contre les groupes armés au nord Mali.


Nord-Mali : Qui prendra part à "l’expédition punitive" ?
Dans cette perspective, un expert militaire mauritanien a indiqué hier, qu’il " est attendu que ces pays fixent leurs positions par rapport à l’intervention probable au côté de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) pour la reconquête du Nord Mali ", ajoutant : " Personnellement je suis pour une participation de nos troupes à cette intervention. Il est de notre intérêt d’y aller. "

Un avis qui va dans le sens des déclarations du président Alpha Condé qui prône une " solution militaire " menée par des " forces africaines " dans le nord Mali, précisant que le monde entier " est préoccupé par ce qui se passe dans cette zone ". Pour le président guinéen, qui sortait juste d’une rencontre à l’Elysée avec son homologue français, François Hollande, "il faut combattre AQMI et ceux qui portent atteinte à ce qui était l’honneur de l’Afrique." L’allusion est on ne peut plus claire à Ançar Edine qui a détruit les mausolées dans la ville historique de Tombouctou et que certains veulent voir comme une entité différente d’AQMI alors qu’elle et le Mouvement pour l’Unicité et le Jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) ne sont que des démembrements stratégiques de l’organisation terroriste.

L’option militaire, imminente ou non, est donc le résultat d’un constat que le président guinéen évoque devant les médias français : " il est clair que la solution avec les groupes islamistes ne consiste pas en les négociations mais dans une intervention militaire rapide. " Mais Alpha Condé, souhaite, comme d’ailleurs la CEDEAO et l’Union africaine (UA) que le Conseil de sécurité " présente une solution rapide à la crise au nord Mali ", ce qui donne plus de poids à la mesure prise. D’ailleurs, poursuit-il, " cette intervention militaire doit être menée par toute l’Afrique et non seulement par la CEDEAO, parce que la présence des groupes islamistes armés n’est pas une menace pour le continent seulement mais aussi pour le reste du monde ".

Mutisme de la Mauritanie, hésitations de l’Algérie

Reste cependant qu’une opération militaire menée au nord Mali sans le concours de l’Algérie et de la Mauritanie est presque vouée à l’échec. Ce sont les deux seuls pays, en plus du Mali et du Niger, qui ont déjà une connaissance suffisante du topo et savent donc à quoi sans tenir, les groupes salafistes étant constitués, pour la plupart, de ressortissants de ces quatre pays.

Présentement, les positions des uns et des autres ne vont pas dans la même direction. Le Mali et l’Algérie avaient exprimé mardi dernier, par l’entremise de leurs ministres des Affaires étrangères, leur désir de trouver " une solution diplomatique " à la crise dans le nord Mali. Le Niger, pays voisin du Mali et qui compte parmi sa population une forte communauté touarègue ayant déjà mené, elle aussi, dans le passé, une rébellion armée, est de ceux qui pousse à l’action militaire. La Mauritanie, par contre, ne laisse pas encore entrevoir sa position sur la question. Certes, elle a déjà mené sa " guerre " au nord Mali contre AQMI mais la donne a changé. Pour Nouakchott, il ne s’agit plus de mener la chasse à quelque 300 ou 400 " fous de Dieu " ayant trouvé refuge dans le désert de l’Azawad mais de faire attention pour éviter des dommages collatéraux pouvant toucher des populations qui entretiennent des liens de sang, d’histoire et de culture avec celles du pays. Un casse-tête qui ne pourrait être résolu que dans le cadre d’une action commune africaine, bénéficiant d’un soutien logistique de la France et des USA et garantissant un succès rapide sans grands dommages au sein des troupes engagées dans les combats et des populations civiles prises en otage à Tombouctou, Gao et Kidal.

Le rôle de la France et de l’Onu

Laurent Fabius, a " bon espoir " de voir adoptée, prochainement, une résolution à l’ONU permettant l’envoi d’une force africaine au Mali.
Laurent Fabius, a " bon espoir " de voir adoptée, prochainement, une résolution à l’ONU permettant l’envoi d’une force africaine au Mali.
Au moment où il prend l’option de ramener les soldats français engagés depuis plusieurs années dans le bourbier afghan, François Hollande peut-il courir le risque de prendre part à une " expédition punitive " au nord Mali ? Sans prendre l’option d’y aller avec des pays amis ou de soutenir une action de la CEDEAO, la France est tout de même déterminée à " empêcher " des groupes comme al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) de constituer, au nord du Mali, des bastions du terrorisme international , a déclaré mardi 3 juillet le Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault. De son côté, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a " bon espoir " de voir adoptée, prochainement, une résolution à l’ONU permettant l’envoi d’une force africaine au Mali.

" Notre détermination sera totale pour empêcher des groupes comme Aqmi de constituer, au nord du Mali, des bastions du terrorisme international qui menacent la paix et la prospérité de l’ensemble de la région, comme notre propre sécurité ", a déclaré le Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, devant les députés.

Mais pour l’instant, la France qui ne peut compter que sur l’implication de militaires africains (de l’UA ou de la CEDEAO) doit comprendre que, pour l’instant, la force d’intervention de 3300 hommes n’existe que sur le papier. Il faut donc deux choses pour enclencher cette opération : pousser les politiques à décider d’y aller et fournir la logistique militaire nécessaire capable de faire pencher le rapport des forces du côté de " l’expédition punitive ".

En attendant, les regards se tournent à nouveau vers Ouagadougou où plusieurs chefs d’Etat de la CEDEAO et des représentants de partis politiques maliens se retrouvent pour examiner la situation non pas au nord Mali mais à Bamako où une sorte de pouvoir bicéphale existe depuis la chute d’Amadou Toumani Touré. Au menu de cette rencontre, l’instauration, dans la capitale malienne, d’un gouvernement d’union nationale. Condition indispensable, au regard des Nations unies, pour l’obtention d’un feu vert afin de constituer la force d’intervention ouest-africaine et de mener à bien des opérations dans le nord du Mali. Autant dire que la fin de la crise malienne, dans son double aspect, n’est pas pour demain.

Sneiba Mohamed
Pour l'authentique
Mamoudou Kane


              

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