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Nord Mali : Ne pas ouvrir la boite de Pandore


Actualité
Mercredi 19 Septembre 2012 - 09:58

Les chefs d’état-major des armées des pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO), réunis hier dimanche à Abidjan ont décidé de l’envoi d’une force militaire au Mali. Ainsi, les choses se précipitent pour que la communauté internationale, notamment les pays africains, décident de sortir le Mali du bourbier dans lequel l’ont mis les groupes islamistes armés qui occupent toute sa partie septentrionale.


Des islamistes du Mujao, à Gao le 8 août 2012 (Romaric Ollo Hien/AFP)
Des islamistes du Mujao, à Gao le 8 août 2012 (Romaric Ollo Hien/AFP)
La question qui se pose maintenant est : l’intervention de la CEDEAO n’est-elle pas le prélude à une véritable guerre au Mali, quand on sait que les groupes islamistes armés (AQMI, MUJAO, Ançar Edine) ne sont pas là pour jouer et qu’ils ont eu le temps de renforcer leurs positions, sachant pertinemment que le jour de la confrontation avec l’armée malienne - ou les armés alliées africaines - arrivera.

Plus complexe encore sera l’attitude de l’armée malienne elle-même. On sait que, jusqu’à présent, la junte qui semble détenir encore l’essentiel du pouvoir, met la pression sur le gouvernement civil intérimaire pour qu’il diffère, autant que faire ce peut, cette intervention militaire africaine au Mali, même si le président Dioncounda Traoré a fini par solliciter, officiellement, l’aide de la CEDEAO. Cette dernière peut-elle compter, et surtut faire confiance, à une armée malienne déstructurée, capable du meilleur comme du pire, comme vient de le montrer la bavure qui a conduit au massacre de prédicateurs musulmans, dont 9 mauritaniens. Un incident que d’aucuns ont voulu considérer comme suffisant pour pousser la Mauritanie à agir sans savoir réellement pourquoi et comment. Une attitude va-t-en-guerre que le président Ould Abdel Aziz a vite fait de déjouer en déclarant que, " dans les conditions actuelles, on ne peut rendre le Mali responsable de la mort des prédicateurs musulmans ". Ce qui, contre tout entendement, serait une manière cynique d’ajouter encore aux problèmes d’un pouvoir de transition qui ne sait à quel saint se vouer pour rétablir une situation de normalité politique et sécuritaire loin d’être évidente. Cette réunion d’Abidjan est-elle la dernière pour mettre en branle l’expédition militaire ouest-africaine au Mali ? Pour bon nombre d’observateurs, pas forcément mais c’est un pas de franchi sur le chemin de l’intervention militaire contre les groupes armés salafistes qui règnent en maître au nord Mali depuis plus de six mois.

La réunion du Comité des chefs d’Etat-major des pays du Sahel (Mali, Mauritanie, Niger et Algérie), à la mi-juillet 2012 à Nouakchott, et dont la Mauritanie assure la présidence, n’a pas été déterminante pour dire si oui ou non il y aura une " expédition punitive " contre les groupes armés au nord Mali. Tout au plus, on pouvait s’attendre à ce que ces pays " fixent leurs positions par rapport à l’intervention probable au côté de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest pour la reconquête du Nord Mali ", écrivait un analyste militaire mauritanien, ajoutant : " Personnellement je suis pour une participation de nos troupes à cette intervention. Il est de notre intérêt d’y aller. "

Un avis qui va dans le sens des déclarations du président Alpha Condé qui, de passage à Paris, il y a deux mois, prône une " solution militaire " menée par des " forces africaines " dans le nord Mali, précisant que le monde entier " est préoccupé par ce qui se passe dans cette zone ".

Une guerre est " nécessaire "

L’option militaire, imminente ou non, est donc le résultat d’un constat que la CEDEAO a apparemment fait. Mais ce n’est pas l’avis de la junte militaire malienne, qui, quoiqu’en retrait par rapport à ce qui se discute au sein de la communauté internationale, prépare son propre plan de reconquête du nord Mali, convaincue que les salafistes ne sortiront pas d’eux-mêmes.

Reste cependant qu’une opération militaire menée au nord Mali sans le concours de l’Algérie et de la Mauritanie est presque vouée à l’échec. Ce sont les deux seuls pays, en plus du Mali et du Niger, qui ont déjà une connaissance suffisante du topo et savent donc à quoi sans tenir, les groupes salafistes étant constitués, pour la plupart, de ressortissants de ces quatre pays.

Présentement, les positions des uns et des autres ne vont pas dans la même direction. Le Mali et l’Algérie avaient exprimé, par l’entremise de leurs ministres des Affaires étrangères, leur désir de trouver " une solution diplomatique " à la crise dans le nord Mali. Le Niger, pays voisin du Mali et qui compte parmi sa population une forte communauté touarègue ayant déjà mené, elle aussi, dans le passé, une rébellion armée, est de ceux qui poussent à l’action militaire. La Mauritanie, par contre, a une position ambigüe sur la question. Certes, elle a déjà mené sa " guerre " au nord Mali contre AQMI mais la donne a changé. Pour Nouakchott, il ne s’agit plus de mener la chasse à quelque 300 ou 400 " fous de Dieu " ayant trouvé refuge dans le désert de l’Azawad mais de faire attention pour éviter des dommages collatéraux pouvant toucher des populations qui entretiennent des liens de sang, d’histoire et de culture avec celles du pays. Un casse-tête qui ne pourrait être résolu que dans le cadre d’une action commune africaine, bénéficiant d’un soutien logistique de la France et des USA et garantissant un succès rapide sans grands dommages au sein des troupes engagées dans les combats et des populations civiles prises en otage à Tombouctou, Gao et Kidal. C’est en fait cela qui constitue le véritable dilemme pour ceux qui savent, plus que les autres, qu’une guerre contre les groupes islamistes solidement installés dans le nord Mali, équivaut à ouvrir la boite de Pandore.

Sneiba Mohamed
Pour l'auhtentique
Mamoudou Kane


              

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