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Nord Mali : La Mauritanie, l’Algérie et la CEDEAO engagées militairement ?


Actu Mauritanie
Mardi 12 Juin 2012 - 11:30

Ce qui se passe au Mali inquiète. A double titre. Le nord s’enfonce, chaque jour, dans la crise. Toute minute qui passe renforce la capacité des groupes armés à faire face aux troupes de Bamako et à celles que la CEDEAO (communauté économique des états de l’Afrique de l’ouest), l’UA ou l’Onu pourraient envoyer pour rétablir l’ordre dans un nord Mali où la confusion est quasi générale. Mais le pendant de cette crise, militaire avant d’être politique, se trouve être la situation à Bamako où la junte ayant renversé le président Amadou Toumani Touré refuse de lâcher prise. Une situation qui dure depuis trois mois. Dont les conséquences ne sont pas des moindres pour la Mauritanie.


Nord Mali : La Mauritanie, l’Algérie et la CEDEAO engagées militairement ?
Face à la lenteur des procédures d’intervention, pour le retour à une situation normale au Mali, la Mauritanie est pratiquement le seul pays qui essaie de " faire quelque chose " !

Un peu à l’image de son action solitaire contre Al qaeda au Maghreb Islamique (AQMI), action qui, d’ailleurs, a été fortement perturbée par le dernier cours des évènements. Soumise d’abord à un afflux massif des réfugiés touaregs, Nouakchott a un poids de plus dans la gestion d’une situation humanitaire à l’est du pays rendue très complexe par les conséquences de la sécheresse et par la présence de ces réfugiés dans certaines des localités du Hodh Chargui.

De mobilisation de ressources militaires pour faire face à la menace du terrorisme, la Mauritanie se trouve contrainte à agir, à coordonner l’action humanitaire destinée à venir en aide aux réfugiés touaregs.

C’est la ville de Bassiknou, la localité de l’extrême Sud-Est mauritanien (à plus 1300 km de Nouakchott) qui fait face, plus que les autres villes frontières du Charg mauritanien, à cette nouvelle pression qui vient s’ajouter aux multiples problèmes auxquels fait face le gouvernement du Premier ministre Moulay Ould Mohamed Laghdaf.

Et il faut dire que sans vraiment prendre l’ampleur du danger d’une instabilité chronique sur la frontière avec le Mali, Nouakchott a, d’une manière tout à fait prévisible, mis en veilleuse sa " guerre " contre AQMI.

Il ne s’agit plus, dans la situation actuelle, de mener des opérations préventives contre des combattants salafistes que l’armée mauritanienne arrive à pister, grâce à l’amélioration considérable de ses moyens militaires et à l’aide de la France, mais de faire en sorte que les terroristes d’Al Qaeda ne se confondent pas avec les combattants d’Ançar Edine qui, comme eux, courent derrière l’idée de création d’un Emirat islamiste dans cette zone. En autorisant un congrès des arabes de l’Azawad à N’Beiket Lahwach, la Mauritanie veut sans doute susciter une opposition interne contre le projet de radicalisation des indépendantistes du nord Mali, en amenant les arabes du Mali à être plus proches des positions du MNLA que de celles d’Ançar Edine et de leurs alliés " idéologiques " d’AQMI.

Le dilemme de Bamako

En fait le problème de la Mauritanie n’est pas seulement celui qui découle de la situation explosive au nord, avec l’arrivée prouvée de combattants de Boko Haram venant du Nigeria, mais aussi de la confusion générale qui règne à Bamako.

L’implication de la CEDEAO dans la recherche d’une solution n’est pas prégnante et l’on commence déjà à regarder vers l’Union africaine (UA) et l’Onu. Le président de l’UA, le béninois Yayi Boni, a fait savoir que le dossier malien doit être pris en main par l’organisation panafricaine et l’Onu. Même positionnement du Niger dont le président Youssoufou n’a aucun doute sur le rapport de force, très favorables selon lui, aux mouvements salafistes (AQMI et Ançar Edine).

L’appel de plus en plus clair au recours de la force sera-t-il entendu ? Qui fournira les troupes, en dehors de l’ECOMOG, bras armé de la CEDEAO qui table déjà sur quelque 3000 hommes prêts à intervenir ?

C’est encore loin des 10.000 dont a parlé, il y a quelques jours, le ministre nigérien des Affaires étrangères, Mohamed Bazoum, ce qui fait croire que l’on pourrait impliquer, dans cette reconquête du nord Mali, l’Algérie et la Mauritanie qui ont déjà une parfaite connaissance du terrain et des méthodes de guérilla utilisées par les salafistes.

On peut aussi envisager un appui logistique de pays comme la France et les Etats unis qui, sans prendre les devants dans cette guerre contre le terrorisme, peuvent bien être les premiers intéressés par une " solution finale " à la question d’Al qaeda au Maghreb Islamique.

En attendant, il faut bien qu’on songe à mettre un place " l’habillage " juridique qui a permis aux Occidentaux d’intervenir en Libye avec les conséquences que l’on sait. Ainsi, l’on apprend que l’Union africaine va saisir l’ONU pour obtenir son " appui " à une intervention militaire dans le nord du Mali.

C’est la conclusion d’une réunion, jeudi, à Abidjan de responsables des Nations unies, de l’UA et de l’Afrique de l’Ouest.

Les participants ont " affirmé leur volonté d’œuvrer à la mobilisation rapide d’un appui adéquat des Nations unies ", qui passerait par " une requête formelle " de l’UA fixant le " mandat précis " d’une opération militaire destinée à rétablir l’intégrité territoriale du Mali, indique le document final.

La réunion a " reconnu la nécessité de mobiliser tous les moyens appropriés, y compris militaires ", pour aider l’Etat malien à restructurer son armée et " appuyer les efforts visant à restaurer dans les plus brefs délais possibles son autorité sur le nord du pays, ainsi qu’à combattre les groupes terroristes ", " criminels " ou autres " dont l’action remet en cause la stabilité et la sécurité du Mali et de la région ".

Outre cette option militaire de plus en plus envisagée dans le nord Mali, il y a aussi que l’ONU, l’Union africaine et l’Afrique de l’Ouest ont exigé jeudi la dissolution " immédiate " de l’ex-junte malienne qui s’était installée après le putsch du 22 mars, à l’issue d’une réunion à Abidjan.

Ils ont aussi exigé que les forces armées " se consacrent exclusivement, et sous l’autorité du président par intérim et du gouvernement, à leur tâche première de préservation et de défense de l’unité et de l’intégrité territoriales du Mali ".

Des appels qui risquent de ne pas être entendus et qui doivent, en fin de compte, obliger la communauté internationale à agir vite. Avant qu’il ne soit trop tard.

Sneiba Mohamed
Pour l'Authentique
Mamoudou Kane


              

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