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Nord Mali : La France " pousse " les Africains à agir


Actualité
Mercredi 1 Août 2012 - 11:30

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a achevé samedi soir, une tournée africaine dont la première étape a été Niamey, et qui s’est poursuivie vendredi et samedi au Burkina Faso, Sénégal et Tchad. Le chef de la diplomatie française, annoncé par des médias mauritaniens à Nouakchott, au cours de cette visite consacrée à la situation malienne, a finalement circonscrit sa tournée à des pays de l’espace CEDEAO ! Pourquoi pas la Mauritanie qui a déjà une expérience, en quelque sorte, avec Al Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI) ?


Laurent Fabius et le président malien par intérim, Dioucounda Traoré.
Laurent Fabius et le président malien par intérim, Dioucounda Traoré.
La France se préparerait à la grande offensive dans le nord Mali. C’est en tout cas ce qui ressort de sa récente visite que le ministre français vient d’achever dans la zone. Le ministre français de la coopération Laurent Fabius, qui a été d’abord en Algérie, avant d’entamer sa tournée africaine, aurait parlé du sujet à chacun de ses interlocuteurs.

Au demeurant, le ministre français ne peut certainement pas ignorer le rôle jouépar la Mauritanie dans la " guerre " que la communauté internationale mène contre l’islamisme radicale et les trafics de tous genres qui ont fait du nord Mali leur zone de prédilection, après avoir émigré de l’Algérie, au début de 2004. Il y a sans doute ici une volonté française de ne pas embarrasser Nouakchott accusée par son opposition d’avoir mené une " guerre par procuration " au nom de la France. Même si le soin pris par Laurent Fabius de ne pas effectuer un détour à Nouakchott, dans sa mission de mobilisation contre les groupes islamistes au nord Mali, n’exclut pas que la Mauritanie puisse, en tant que pays concerné par ce qui se passe au Mali, prêter main forte aux 13 pays qui se sont engagés à rassembler les 3300 soldats devant aller combattre Al Qaeda au Maghreb Islamique, Ançar Edine et le MUJAO (Mouvement pour l’Unicité et le Jihad en Afrique de l’Ouest). Même la France, qui ne cesse de faire allusion à la nécessité d’agir militairement au nord Mali, pourrait, finalement, apporté un appui " logistique " à l’expédition militaire de la CEDEAO. Ce qui peut, finalement, se transformer en une intervention militaire comme celle menée en Libye, sous le couvert de l’Otan, mais qui était, en réalité une opération franco-américaine.

Fixer les objectifs et convaincre d’y aller

La consolidation d’un pouvoir politique au Mali, dont le nord est occupé depuis plusieurs mois par des groupes armés proches d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), a été au cœur des entretiens, selon des sources diplomatiques dans les quatre. Mais l’on hésite encore, si l’on en croit certaines informations, sur l’ordre des priorités, le Mali vivant en réalité deux crises de nature différente (putsch à Bamako ayant conduit à un pouvoir de transition encore instable et occupation du nord par des groupes armés islamistes). C’est la difficulté de sérier entre les deux " crises " que reflètent les propos d’un diplomate, s’exprimant, sous le couvert de l’anonymat, et déclarant à l’Afp que " l’urgence aujourd’hui c’est stabiliser les institutions, stabiliser Bamako " alors qu’on est " dans un processus très fragile ". Un autre diplomate privilégie la même approche voulant qu’on " commence par regarder vers le sud, après on regardera vers le nord ", en allusion à un éventuel recours à la force contre ces groupes salafistes qui compteraient, selon Paris, non pas " des effectifs considérables ", mais " quelques centaines " d’hommes.

Depuis mars, le nord du Mali est sous la coupe de groupes armés islamistes proches d’Aqmi et la France milite pour que les Touareg, un temps alliés des islamistes, participent à un dialogue national avec les autorités intérimaires maliennes. " Il faut les attirer dans la négociation ", dit-on dans la capitale française. Une approche que la Mauritanie a aussi, essayé, on s’en souvient, en juin dernier, quand elle suscitait une rencontre des arabes maliens dans la toute nouvelle moughataa de N’Beïket Lahwach et qu’on avait commencé à évoqué, sérieusement, un possible appui militaire de la Mauritanie à Bamako si, comme l’avait déclaré le capitaine Sonago, le putsch contre Amadou Toumani Touré avait pour objectif essentiel de préparer la " reconquête du nord ". Pour Ould Abdel Aziz c’était l’occasion de finir ce qu’il avait commencé : éliminer AQMI.

Et la Mauritanie dans tout ça ?

En cela, les objectifs de Nouakchott se recoupent avec tous ceux qui combattent le terrorisme international. D’abord avec Bamako qui n’a jamais su - ou pu - opposer une réelle résistance à la présence d’AQMI dans une large partie de son territoire, avant de faire des émules tentés d’abord par l’indépendance de la province du nord (Mouvement pour la libération de l’Azawad) ou par l’instauration d’un Etat islamiste (Ançar Edine et MUJAO). Ils rencontrent aussi ceux des Européens qui veulent mettre un terme aux prises d’otages et au payement d’importantes rançons qui font vivre le terrorisme et le perpétue comme un cercle vicieux. Ces objectifs rencontrent, enfin, ceux des Américains qui, après avoir éliminé Ben Laden et affaibli considérablement Al Qaeda mère, ne refuseraient pas le plaisir de mener une autre action d’éclat qui pourrait donner au candidat Obama une sérieuse chance de rempiler pour un second mandat présidentiel.

Ce sont sans doute tous ces intérêts convergents qui poussent les uns et les autres à sommer les autorités intérimaires maliennes de constituer un " gouvernement d’union nationale ", faute de quoi le Mali serait suspendu des instances régionales, mais surtout à " exhorter " le président Traoré à demander " sans délai " à la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest et l’ONU l’envoi d’une force africaine au Mali.

Toujours est-il qu’à part le Niger, les pays africains visités par Laurent Fabius ne donnent pas l’impression de vouloir s’engager, militairement, dans une crise que les autorités tchadiennes placent dans un contexte international et non seulement africain. Autant dire qu’au-delà des paroles appelant à une action contre les groupes salafistes au nord Mali, l’intervention militaire relève encore de l’hypothétique.

Sneiba Mohamed
Pour l'authentique
Mamoudou Kane


              

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