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Non règlement d’un cas d’esclavage : IRA va déposer une plainte internationale


Société
Mercredi 3 Avril 2013 - 14:16

Dans une déclaration qui nous est parvenue, l’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) a déclaré que le Parquet général en Mauritanie n’a jamais instruit jusqu’au bout une affaire d’esclavage portée à sa connaissance et cela, depuis l’adoption de textes criminalisant les pratiques esclavagistes. Les auteurs présumés n’ont jamais eu, selon l’organisation, à répondre de leurs actes devant la justice, alors que c’est IRA qui paie toujours le prix fort en termes de répression, de brimades, d’humiliation et d’emprisonnement de ses militants.


Non règlement d’un cas d’esclavage : IRA va déposer une plainte internationale
Souvent, précise l’organisation, les autorités acceptent de manière timide à ouvrir certains dossiers, mais les affaires traitées ne dépassent guère le bureau du Procureur de la République qui libère à tous les coups les auteurs présumés, leur assurant ainsi l’impunité malgré la clarté des dossiers qui lui sont soumis, adressant ainsi un pied de nez aux défenseurs des droits de l’homme, aux lois de la République et aux Conventions internationales ratifiées par le pays.

Le cas Ehel Bohdel

Aujourd’hui, selon le communiqué, le cas en question est une affaire d’esclavage où les auteurs présumés sont membres de la famille Ehel Bohdel et les victimes, MBarka Vall et son frère, Oueïnatt ainsi que leurs proches dispatchés entre les maisons de la famille Ehe Bohdel à Tintane. Relatant la genèse de ce nouveau cas, IRA soutient que c’est à Nouakchott qu’une plainte a été déposée contre Moulaye Ould Bohdel, fonctionnaire au ministère des Finances et son épouse Yemhelha Mint Bohdel, fonctionnaire au ministère de la Justice. Le nommé Oueïnatt, qui avait fui ses maîtres, se serait adressé à IRA pour que l’organisation l’aide à libérer les autres membres de sa famille, notamment sa sœur MBarka Vall.

La plainte visait non seulement les deux fonctionnaires cités, mais aussi les autres membres de la famille Bohdel résidant à Tintane. Seulement, le Parquet général, malgré les preuves tangibles qui lui ont été présentés, a préféré retourné les deux présumés auteurs d’esclavage au commissariat du Ksar 1 pour complément d’enquête, tout en ordonnant de les libérer. Ce qui suscitera la révolte des militants d’IRA massés devant le commissariat pour soutenir les supposées victimes. Ils seront sauvagement réprimés, selon le communiqué, causant des blessures dont certains graves, au sein des militants d’IRA, notamment Vatma Jemal Mint Achour et Sabar Ould Moussa. Cinq autres militants seront arrêtés, en l’occurrence Abdallahi Diop, Chadad Ould El Id, Mahfoudh Ould Mohamed, Djibril Ould MKeyssir et Cheikh Ould Vall.

Ces derniers, selon IRA, seront torturés au cours de leurs détentions par le commissaire Damess Ould Lekbeïd qui les aurait insultés, en les traitant « d’esclaves égarés ». Vendredi 29 mars, les militants d’IRA sont revenus à la charge pour demander à ce que les procédures soient respectées et leurs camarades libérés. Nouvelles offensives de la police sous la commande d’Abdou MBdoj, avec fortes répressions. Mais les militants d’IRA tiendront bon, malgré les grenades et les coups de matraques. Las de réprimer des militants qui ont choisi la non violence, IRA souligne que la Police a cessé brusquement la répression, sans qu’il ne sache pourquoi, mais les militants sont restés stoïques sur place jusqu’à la fin du temps imparti au sit-in.

Eu égard à ce qui précède, IRA sonne le glas contre l’éventualité d’une guerre civile si le Procureur de la République continue à bafouer la loi sur l’esclavage et à protéger les esclavagistes. L’organisation a déclaré son intention de porter plainte sur le plan international contre le refus de la Mauritanie à respecter ses engagements internationaux. Elle dénonce le silence coupable des partis politiques et des personnalités indépendantes contre les exactions inhumaines et coupables exercées contre IRA, pour la simple raison que l’organisation fait de la lutte contre l’esclavage son principal crédo.

Le point de vue de la famille Ehel Bohdel

La famille Ehel Bohdel a publié hier, dimanche 31 mars 2013, un communiqué dans lequel, elle accuse IRA de fabriquer de faux problèmes d’esclavage, considérant le cas qui la concerne comme un mauvais scénario tissé par cette organisation. Selon eux, les présumées victimes ont été dans le passé des esclaves de la famille mais qu’elles sont libres depuis des décennies. Selon eux, la nommée MBarka Vall aurait fait l’aveu devant le commissaire de Ksar 1, soulignant qu’elle n’est plus esclave de la famille Ehel Bohdel. Cette dernière considère que le président Birame fait de l’esclavage un fonds de commerce qu’il vend aux organisations internationales sous prétexte que l’esclavage existe toujours en Mauritanie. Ce qui le pousserait à mener ici et là des scénarios pour la consommation internationale. La famille Ehel Bohdel souligne que les militants d’IRA ont passé des semaines à Haye Sakene pour apprendre à MBarka Vall les ficelles de son rôle. Aussi, les membres de la famille se sont-ils dits surpris lorsque la nommée MBarka Vall a débarqué chez elle.

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Les militants d’IRA libérés

Les cinq militants d’IRA arrêtés suite à un cas d’esclavage devant le commissariat de ksar 1 ont été libérés hier. Il s’agit d’Abdallahi Diop, Chadad Ould El Id, Mahfoudh Ould Mohamed, Djibril Ould Mkeyssir et Cheikh Ould Vall. Plusieurs militants présents lors de leur libération ont salué leur courage et leur abnégation, lançant en l’air les V de la victoire. Il faut dire que ce n’est pas la première fois que les militants d’IRA font les frais de leur activisme. Tout récemment, certains d’entre eux ont connu la même mésaventure à Kaédi, avant d’être libérés au bout de quelques jours de détention. Il faut dire que les militants d’IRA sont les rares qui ne fuient jamais devant la répression de la police. Adeptes de la non violence, comme le stipule leurs textes, ils ne répondent jamais aux coups de la police, mais savent supporter leurs répressions, faisant sienne leur devise « on ne fuit jamais, mais on ne répond pas aussi à la violence par la violence ».

Quelques instants plus tard, les militants d’IRA ont débarqué avec la police, comme si la fille était toujours l’esclave de la famille, alors qu’ils n’ont plus de rapport avec elle depuis plus de cinq ans. En ce qui concerne son frère, Oueïnatt qui aurait contacté IRA en tant qu’esclave ayant échappé à ses maîtres, la famille Ehel Bohdel soutient qu’il n’était que leur employé et qu’ils l’avaient renvoyé lui aussi depuis des années et qu’il aurait même travaillé par la suite avec plusieurs autres familles comme boy. Selon Ehel Bohdel, Oueïnat loue actuellement ses services pour une famille à Tevragh-Zeina et entretient un petit commerce à côté de sa résidence. Il serait selon la famille, un membre actif d’IRA, une organisation qui selon elle, n’est pas officiellement reconnue. Et de se demander : « où est l’esclavage dans tout ça ? » La famille Ehel Bohdel compte ainsi porter plainte contre l’organisation IRA pour faux témoignage et atteinte à sa dignité.
Mamoudou Kane


              

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