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“No, you can’t Mister Biram”


Tribunes
Mercredi 9 Avril 2014 - 16:04

L’activiste et le candidat aux futures élections présidentielles en Mauritanie, Biram Ould Abeidi Ould Dah, n’est pas un « diable » comme le taxeraient beaucoup de gens qui ne le connaissent pas ; il n’est pas non plus un « nouveau messie » comme aimeraient le croire certains mauritaniens en quête de liberté, de justice et d’égalité. Il n’est ni l’un ni l’autre. Il est tout simplement un homme qui a de l’ambition et qui cherche à se faire de la place dans une communauté dont les leaders politiques sont vieillissants. Légitime ambition.


Biram, l'ambitieux

“No, you can’t Mister Biram”
Mais pour y arriver, vite fait et peu importe comment c’est fait, il s’est embarqué à bord d’un bac dirigé d’une main de fer par les caciques du mouvement « El Hor », anciens mentors aussi de Messoud Ould Boulkheir qui se sont sentis lâchés, à l’arrivée, par le président de l’APP, ancien président de l’Assemblée Nationale et actuel président du Conseil Economique et Social. Il s’est trop « anobli » à leur goût. Il s’est même « académisé » diraient certaines de leurs mauvaises langues depuis la publication depuis deux semaines de sa première tribune libre. Dans leur quête d’un nouveau poulain, ils découvrirent Biram, le jeune ambitieux et téméraire Hratine, et qui correspond au profil recherché si toutefois quelques façonnages sont définitivement acceptés et de petits réaménagements terminologiques entièrement assimilés.

Non, il n’est pas haineux à l’égard des maures mon ami Biram ; il est seulement pris en tenailles entre son ambition politique, somme toute légitime, et l’extrémisme légendaire de ses parrains. Cette intenable position s’est clairement retrouvée transcrite dans son discours avant de se répercuter sur ses actions. Cette conversion s’est faite de manière graduelle et savante. Tout au long du processus, elle a été pensée et guidée par l’aile dure d’El Hor. Quant à lui, son ambition politique lui dictait docilité et discipline. Les intérêts ont parfaitement convergé.

Il y’eut d’abord le discours très radical et ne laissant, par son sectarisme, aucune place aux activistes maures susceptibles de participer, à ses côtés, au combat contre toutes les formes d’esclavage au niveau de toutes les communautés notamment maure et négro-mauritanienne. Le combat devait être fait exclusivement par lui et pour les siens sans aucune allusion aux pratiques esclavagistes de la communauté Peuhle, Soninké ou Wolof. De fait, les esclaves et anciens esclaves négro-mauritaniens ne sont pas reconnus par l’aile dure d’El Hor en tant que victimes de pratiques avilissantes. Choix stratégique ou déni de justice ? Le nouveau leader dût donc se défaire de certaines de ses convictions pour plaire aux « faiseurs des Moïse ».

Cette phase de la transition idéologique de Biram fut marquée par son assistance très stricte par les plus coriaces de la tendance. Ils élurent domicile chez lui, le préparèrent aux conférences de presse, lui choisirent le timing et le lieu de ses sorties sur le terrain, … lui désignèrent même une « protection rapprochée » à la Marin Luther King. Le côté marketing étant réalisé, les actes de provocation pouvaient commencer. Messoud naquit grâce à la puissance du verbe et du discours très orienté, le nouveau Moise, Biram, quant à lui, naîtra grâce au comportement provocateur.

C’est ainsi qu’il y’eut, dans la foulée des sit-in devant les commissariats de police de Nouakchott et dans les villes « maures » de la Mauritanie, la fameuse cérémonie d’incinération publique des abrégés de Malick, Al Akhdari, Ibnou Acher, … et autres jurisconsultes du rite sunnite.

Cette cérémonie entre pyromanes lui a fait traverser, définitivement, le seuil du « tolérable » à la fois pour les militants des droits de l’homme de toutes les autres communautés et les sympathisants qu’il avait au sein de la communauté Hratine qui, sans exception, ont condamné l’acte et vomi l’auteur. Il aurait pu s’arrêter là, c’est-à-dire au moment où il s’est excusé auprès du peuple mauritanien. Mais non, « on » l’a embarqué encore dans une autre galère qui lui fera perdre plus de plumes.

« On » le pousse à se présenter aux prochaines élections présidentielles du mois de juin 2014. On le voit déjà venir avec le fameux Slogan de Barack Obama et d’ores et déjà on lui signifie une fin de non-recevoir avec notre slogan à nous : « No, you can’t Mister Biram ! ». Non pas parce que nous nous opposons à ce qu’un noir puisse diriger ce pays mais parce qu’on ne peut confier notre avenir à un homme qui, marionnette encore, piétine et incinère des œuvres qui lui ont appris à faire ses ablutions et à s’orienter vers la Mecque avant de prier. Que ferait-il alors s’il est investi ? Brûler vifs ceux qui, un jour dans leur jeune âge, ont appris de ces livres.

Il y’a trois ans, Biram aurait fasciné la foule dont une partie se serait peut-être décidée à voter pour lui. Aujourd’hui, beaucoup de Hratine et pas les moindres s’engagent à militer pour qu’il ne dépasse jamais le stade d’activiste et qu’il ne soit jamais le dépositaire de leur cause.

Si la révolution finit toujours par manger ses enfants, l’ambition, elle, les « brûle ».

Source : www.cheikhouljiddou.over-blog.com
Cheikh Ould Jiddou


              

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