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Nettoyage des marchés et rues de Nouakchott : L’Etat est-il en train de s’aplatir?


Société
Jeudi 4 Octobre 2012 - 11:58

La décision du gouvernement de procéder au nettoyage des marchés et rues de la capitale Nouakchott avait été bien accueillie par les clients qui fréquentent ces lieux. Mais, comme on l’a bien vu, elle a mécontenté les commerçants ambulants, privés de leur gagne-pain quotidien. D’où leur résistance et leur petit tour à la présidence, pour se faire entendre du Raïs.


Nettoyage des marchés et rues de Nouakchott : L’Etat est-il en train de s’aplatir?
En fait, même si le coup de balai va soulager, un tant soit peu, les marchés et certaines ruelles de la capitale, le répit ne sera que de courte durée. Les Mauritaniens sont toujours contre des décisions prises sur un coup de tête, pour ne pas dire un coup de gueule, de leurs responsables. Les opérations «coup de poing» de ce genre ne sont jamais prises après mûre réflexion, c’est la raison pour laquelle, contrairement à nos voisins, elles finissent toujours par tomber aux oubliettes. Ailleurs, les plans directeurs des villes et autres plans Orsec sont mûrement étudiés, contrairement à chez nous où les décisions se prennent à la légère, souvent autour d’un verre de thé ou suite aux mésaventures d’un de nos responsables.

Les mauritaniens avertis vous disent, chaque fois qu’une décision contraignante est prise, «attendez quelques jours, nous finirons par trouver un moyen de contournement ou de pourrissement». Et cela finit toujours par arriver. Ceux qui passent du côté des marchés de la capitale et de Sebkha ont déjà constaté un reprise, timide mais irréversible, de l’activité des commerçants ambulants, aidés qu’ils sont, dans leur réinstallation, par des tenants de grandes boutiques. Les équipes en charge du dégagement finissent toujours par se lasser, parce qu’elles sont convaincues de l’échec de ce genre d’opérations. Elles pourchassent, un temps, les commerçants, avant de fermer l’œil, non sans petite contrepartie. Quelque trois jours après le démarrage de l’opération, les différentes équipes à qui l’on avait promis des primes, avec l’aval de la wilaya, ont observé un arrêt de travail, pour protester contre les lenteurs apportées dans l’exécution de cet engagement.

Il s’ajoute, à ces griefs, les difficultés engendrées par les pluies qui se sont abattues sur la capitale, occasionnant des problèmes d’« accès à la ressource » et des lenteurs dans les pompages, le parc de la direction de la Protection civile n’étant guère garni. En conséquence, le gouvernement, qui avait engagé l’opération à grands renforts médiatiques, est en train de s’essouffler, pour ne pas dire de s’aplatir. L’opération exige de gros moyens financiers et Pizzorno ne peut pas continuer à mobiliser ses camions pour cette seule opération, laissant les autres quartiers crouler sous le poids de leurs ordures ménagères. D’autant que le « président des pauvres » ne peut pas rester insensible aux plaintes de pauvres petits commerçants ambulants. Un potentiel électoral à ne pas mépriser. A bon pêcheur de voix, salut ! Quant aux autres électeurs, bouchez-vous le nez !

Source : lecalame.info
Mamoudou Kane


              

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