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Moustapha Ould Mohamed Saleck (Vidéo) : Décès du premier chef de la dynastie militaire mauritanienne


Société
Samedi 22 Décembre 2012 - 19:10

L’ancien Chef d’Etat de la Mauritanie, Moustapha Ould Mohamed Saleck, arrivé au pouvoir suite au premier coup d’Etat militaire survenu dans l’histoire du pays en 1978, s’est éteint mercredi 18 décembre dans un hôpital parisien où il suivait des soins depuis quelques semaines. Avec cette disparition, s'en va celui qui a initié le cycle des coups d'états militaires en Mauritanie, et qui a symbolisé l'avènement des soldats au pouvoir. VIDEO aussi d'une de ses rares interventions télévisées; en l'occurence ici, une archive de la défunte agence mauritanienne de télévision et de cinéma, qui l'a suivie à Bamako le 26 octobre 1978 où il a discouru lors du 4ème sommet de la communauté des états de l'Afrique de l'ouest (CEAO).


Décédé dans la nuit de mercredi 18 décembre, dans un hôpital parisien, celui qui a été le premier à faire un coup d'état en Mauritanie, a succombé à une longue maladie, à l'âge de 76 ans.

C’est le 10 juillet 1978, que cet officier jusque-là inconnu sortira de l’ombre, à la tête d’un Comité militaire de redressement qui ne fera pas long feu. Moins d'un an après son intronisation, en juin 1979, il est éjecté de la présidence par ses frères d’armes dont l’appétit pour le pouvoir politique ne cessera de grandir avec les années. Ce sera en effet une succession de putschs qui ne se stabilisera qu’en 1984, avec l’arrivée de Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya, l’homme du 12/12, qui laissera à la postérité, le 6 août 2005 sur un énième coup d’état militaire, le plus long règne en Mauritanie.

Un Sidioca avant l'heure

L’arrivée au pouvoir le 10 juillet 1978 de Moustapha Ould Mohamed Saleck, répondait plus à un critère de préséance dans l’ancienneté militaire, qu’à une quelconque prédisposition de sa part. D’où son court passage comme chef d’Etat, au point que peu de personnes s’en souviennent réellement aujourd’hui. La Mauritanie sortait en effet juste d’une longue guerre avec le Polisario, saignée sur le plan économique et déchirée sur le plan social. A l'époque, elle n’offrait pas beaucoup de perspectives pour des militaires fraîchement sauvés du bourbier sahraoui et qui n’y connaissaient rien au domaine politique.

Ce que la postérité retient aujourd’hui, c’est qu’elle a perdu une personnalité nationale, dont le sens de la morale et de la rigueur religieuse ne prédisposaient guère à des intrigues politiciennes. C’est l’un des artisans de l’armée nationale et un des bâtisseurs de la Mauritanie post-indépendance. Après sa chute en 1979 et sa retraite de l’armée, Moustapha Ould Mohamed Saleck s’était retiré dans sa badiya natale, près de Kiffa où il menait une vie d’ascète, loin des turpitudes de la capitale et la curiosité des journalistes. Plusieurs médias ont tenté de lui arracher une interview, mais avec son tact habituel et sa modestie légendaire, il ne voulut jamais se prêter aux caméras et autres objectifs qui allaient le propulser au devant des rampes de l’actualité.

Arrivé accidentellement au pouvoir, sans qu’il ne l’ait réellement cherché, Moustapha Ould Mohamed Saleck a vécu comme il l’a toujours voulu. Un bon citoyen du pays, qui après avoir accompli son destin, a préféré le silence des limbes aux prétentions d’un titre qu’il aurait sans doute considéré comme un fardeau. Un effacement face à tous les fastes protocolaires au point de l’empêcher, au moment où il se faisait évacuer en France pour des soins, de taper aux portes de la République, pour solliciter une prise en charge médicale.

Cheikh Aïdara
Source texte : lauthentic.info
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