Connectez-vous S'inscrire
Noorinfo

Moustapha "Adi" Ould Yacoub, fondateur de Mauriandroïd : Des applications mobiles Made in Mauritania!


Société
Jeudi 12 Septembre 2013 - 19:37

Un sens de l'humour qu'on ne lui soupçonne pas du tout, immédiatement. Le regard de biais, le sourire facile, l'allure ramassée, l'humilité comme seconde peau, Moustapha Ould Yacoub, que ses intimes surnomment affectueusement "Adi", du haut de ses 25 ans, ne paraît pas de prime abord, le cliché du "geek", passionné d'informatique. C'est pourtant derrière ces lunettes de Nerd que se cache un des premiers développeurs d'applications Made in Mauriania, sous Androïd.


Moustapha "Adi" Ould Yacoub. Crédit : Noorinfo/MLK
Moustapha "Adi" Ould Yacoub. Crédit : Noorinfo/MLK
Cette passion informatique remonte à sa pré-adolescence, quand l'Internet balbutie encore à Nouakchott : "En 2000, Top Technology était le seul fournisseur d'accès à internet. Avec des amis, on a tout de suite vu ce nouvel espace comme une aire de jeu : c'était à qui ouvrirait le plus de fenêtres sur Explorer!" Se rappelle en riant Adi. Le jeu se mue vite en aventure, avec la découverte de ce nouveau type de téléphone, qui pouvait se coupler au monde de l'Internet. "Mon premier smartphone, le Nokia 6600, m'ouvre au monde des applications, dont j'ai gavé mon téléphone. Je les testais au fur et à mesure dans ma chambre, avant de les partager avec mes copains" raconte le jeune Nerd.
 
Devant cette passion contagieuse, et l'intérêt manifesté par Moustapha, un ami lui fait sa "première commande". "Il m'a demandé de lui concevoir un anti-virus, que je lui ai vendu à 6.000 ouguiyas" rigole le jeune homme. L'esprit du futur développeur fait "tilt": "C'est à ce moment précis, encore lycéen, que j'ai perçu le potentiel de ce créneau que je me devais d'investir" explique Adi.
 
Dès lors le parcours académique était tout tracé : licence d'informatique à Tunis, avant de clôturer sa formation par un Master en ingénierie informatique. "Durant tout mon cursus académique, je ne pensais qu'à une chose : développer des applications pour smartphones, notamment sur Androïd" assène l'informaticien.
 
Moustapha Ould Yacoub est originaire de Kiffa, ville de l'est mauritanien dont son père est maire. "J'ai grandi dans un environnement favorable à mon élan de curiosité : mon père était professeur d'histoire-géographie, et ma mère enseignait le français. Les deux ont été très stricts sur ce point : rigueur et sévérité pour l'école". Une rigueur qui l'accompagne dans l'imagination et la création de ses applications.
 
Tahar Mesteri, fondateur de la communauté tunisienne de développeurs sous Androïd, le fera entrer à pieds joints dans ce monde. De retour au pays il est obnubilé par la force de la synergie ainsi créée à travers une communauté, et veut traduire cette expérience en Mauritanie. C'est ainsi, que le 1er avril 2013, est née la communauté mauritanienne de développeurs sous Androïd, sur Facebook. Et ce n'était pas une blague.

Adi lors de la remise de son second prix au challenge de Samsung pour les applications Androïd à Tunis, en 2013
Adi lors de la remise de son second prix au challenge de Samsung pour les applications Androïd à Tunis, en 2013
La consécration dans les challenges
 
Il y a quelques semaines, Samsung-Tunisie a organisé un challenge inter-maghrébin de développement d'applications sous Androïd. Seul représentant mauritanien, Moustapha Ould Yacoub a reçu le deuxième prix de ce concours, qui a vu le passage de 300 participants.
 
"J'avais axé mon application sur l'humanitaire: faciliter le lien entre ceux qui voulaient donner et ceux qui devaient recevoir ma toujours turlupiné l'esprit. Je voulais donc absolument développer une application pour ça. J'ai donc créé ADA PARADISE (raccourci d'Another day in Paradise, célèbre titre du chanteur Phil Collins- NDLR), une interface entre le donateur et diverses associations en quête de fournitures d'écoles,mode nourriture, vêtements etc." explique le geek mauritanien.
 
Depuis, le jeune mauritanien a été contacté par une filiale de Google, pour participer à l'African Androïd Challenge. Trois des premiers développeurs mauritaniens vont y participer avec lui : Dia Alassane, Dia Mamadou et Mohamed Hafik, tous membres de la communauté Mauriandroid. "Nous avons participé tous les quatre, et Mohamed Hafik a vu, retenue, la version bêta de son application "test psycho", pour l'édition 2013.

Moustapha "Adi" Ould Yacoub, fondateur de Mauriandroïd : Des applications mobiles Made in Mauritania!
Mauriandroid, de "gentils concurrents"
 
"Il y a une saine concurrence au sein de la communauté : chacun développe ses projets dans son coin, mais quand quelqu'un a besoin de l'autre, l'entraide est automatique" se félicite Adi.
 
Sidaty Ould Aly, un jeune lycéen, fait figure de webmaster dans le groupe. Adi justifie la jeunesse de leur équipe : "Nous prévoyons au sein de cette communauté, de former régulièrement de jeunes passionnés et talentueux mauritaniens sur Androïd" s'enflamme Moustapha.
 
D'ailleurs, pour cela, il lance un appel aux jeunes informaticiens mauritaniens, "à les rejoindre en masse!" Et au-delà de cet enthousiasme manifeste, pragmatique, il informe "qu'un partenariat a d'ores et déjà été convenu avec l'université de Nouakchott, pour des projets informatiques de fin d'étude".
 
RIM-DEVIT, la première start-up mauritanienne
 
De ce torrent de bonne volonté, de passions et de perspectives, une start-up dédiée aux applications est appelée à naître, "dans les semaines à venir". "J'espère que des sociétés nous contacteront pour leur proposer des applications liées à leurs activités commerciales ! " prie Adi.
 
"L'idée est que nous pouvons, que nous devons même, être producteurs de nos propres besoins informatiques et de communication, spécifiques à nos cultures et nos façons de penser, et à nos réalités économiques. Cela vaut pour tous les domaines économiques du pays : nous ne pouvons plus continuer à exporter la quasi-totalité de ce dont on a besoin! Nous avons des compétences dans la plupart des domaines de connaissances professionnelles. Il faut ensuite une volonté d'abord individuelle, puis un cadre légal pour permettre aux talents épars de s'exprimer, sans avoir à sortir de la Mauritanie" argue longuement le jeune homme drapé dans son boubou bleu.
 
"Et on peut travailler dans un cadre extrement technique en termes d'offres de services, sans débourser des millions, et créer une réelle valeur ajoutée dans cette économie : le domaine du développement informatique en général, ne demande pas beaucoup de moyens. Un bon ordinateur, 250.000 ouguiyas, et vous pouvez vous lancer!" S'enthousiasme l'informaticien.
 
"Si un touriste veut se renseigner sur la Mauritanie par exemple, par rapport à l'hébergement proposé, les transports présents etc.., il aura de plus en plus tendance à rechercher une application relative à ces information, pour sa tablette ou son smartphone" évoque le développeur.
 
Après l'informatique la robotique? Pour la fin de l'année 2013, Mauriandroid prépare un projet de développement d'un robot dont la programmation sera basée sur Androïd, "Avec l'aide de Tunandroid, la communauté de développeurs tunisiens" s'empresse de souligner Adi.
 
Mamoudou Lamine Kane
Mamoudou Kane


              

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Actu Mauritanie | Actualité | Economie | Sport | Culture | Société | Lu sur le web | International | Tribunes | Vu de Mauritanie par MFO | Blogs | videos | A.O.S.A | Communiqué | High-Tech | Politique | Sciences | Insolite | Histoire





Suivez-Nous
Rss
Recherche
En clair
Inscription à la newsletter