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Mourabitounes : L’équipe nationale de Mauritanie rentre tête basse du tournoi « politique » de la Nakba


Sport
Vendredi 25 Mai 2012 - 14:37

C’est avant-hier, mercredi 23 mai, aux alentours de 23h45 heure locale que la délégation mauritanienne a regagné Nouakchott en provenance de Palestine, où notre équipe nationale a livré une piètre prestation au Tournoi « politique » de la Nakba. Corrigés d’entrée par le Kurdistan irakien sur le score de 3 buts à 1, les Mourabitounes ont concédé une seconde défaite devant l’Indonésie et se sont donc vus éliminés dès le premier tour de la compétition. Retour sur un énième parcours désastreux de nos représentants.


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Parti de Nouakchott depuis le samedi 12 mai dernier, la délégation mauritanienne est rentrée au pays seulement avant-hier mercredi. C’est avec un Staff réduit et vingt joueurs de l’équipe nationale, que la délégation avait quitté la capitale mauritanienne. À sa tête, le président de la FFRIM Ahmed Ould Yahya, Mohamedou Ould R’hina (SG adjoint de  la FFRIM), Ahmedou Ould Mohamed Salem (Officier d'Education de la CAF à la FFRIM), plusieurs journalistes (dont deux de la TVM), des poètes, et trois hommes politiques mauritaniens (le maire de Teyarett, de Toujounine et un représentant de la République). La présence de ces derniers n’est pas due au hasard, puisqu’ils étaient censés signer un pacte de jumelage entre les deux pays. Donc c’est au détriment de l’entraineur adjoint Pape Seck, des responsables de matériels et de certains joueurs importants de la sélection nationale, que ces "individus" se sont tranquillement rendus au lieu où devait se tenir un « tournoi de football ». Où est la place de notre sport roi dans tout ce marasme ? On se le demande.

 

Souvenirs douloureux

 

Ce n’est pas la première fois que "politique" et "football" s’entremêlent en Mauritanie. Le 11 août 2010, est une date que le public sportif mauritanien n’oubliera pas de sitôt. Quelques jours avant le honteux forfait des Mourabitounes pour les éliminatoires de la CAN 2012, l’ancienne fédération (elle n’a d’ancienne que le nom), avait alors invité l’équipe nationale de Palestine pour un match amical à Nouakchott (0-0). Alors que tout le monde pensait que cette rencontre servirait de préparatifs à notre sélection, l’ex président de la FFRIM Mohamed Salem Ould Boukhreiss annonçait dans la foulée, à la surprise générale, que la Mauritanie n’était plus en mesure de participer aux préliminaires de la CAN en avançant des excuses ahurissantes. Alors où était l’intérêt d’une telle opposition à l’époque ? Il semblerait que l’Etat mauritanien tenait absolument à que ce match ait lieu, pour des raisons purement politiques. Quand le sport est pris en otage par les politiciens, voilà ce que ça donne. Et deux ans après, on dirait que les mêmes pratiques refont surface.

 

De Nouakchott à Naplouse

 

Avant de se rendre en Palestine, où a été organisé le tournoi international de la Nakba, l’équipe nationale mauritanienne et son Staff sont passés par tous les états. Tout d’abord, c’est l’affaire dite « de la liste » qui est venue compromettre les plans du sélectionneur national, Patrice Neveu. Peu après avoir transmis sa liste de joueurs convoqués pour le tournoi à la Fédération de football, le français a eu l’amère surprise d’apprendre que certains de ses éléments ne pouvaient prendre part à la compétition, faute « de visas ». Une bien étrange excuse sachant que tous les autres accompagnateurs ("journalistes", politiques et poètes) ont pu se rendre sans problèmes à bon port. D’autant plus étrange, que le tournoi était programmé depuis bien longtemps, et il y’avait largement la place pour tout préparer. Mais selon certains dires, Mohamedou Ould R’hina (SG adjoint de la FFRIM) et Ahmedou Ould Mohamed Salem (Officier d'éducation de la CAF - FFRIM) qui étaient chargés de piloter le dossier, avaient grandement contribué à ce chamboulement, en concoctant une liste (de ceux qui devaient prendre part au voyage) à leur bon vouloir.

 

L’affaire de la liste

 

Ce n’est pas la première fois que la liste du coach des Mourabitounes se retrouve modifiée. Deux mois après sa prise de fonction (début avril), Patrice Neveu dévoilait sa première liste de trente trois joueurs présélectionnés, tous issus du championnat local. Mais à notre grand étonnement, la liste qui avait un premier temps été réduite à trente et un noms, s’est vu de nouveau modifiée pour passer à trente quatre joueurs et avec de nouvelles têtes en prime. Tout ça, pendant que le français était tranquillement en mission de prospection en Europe. Plusieurs versions avaient été avancées, mais selon des sources, certains présidents de clubs mécontents de voir leurs protégés absents et donc leurs formations mal représentées, seraient intervenus pour les intégrer dans l’équipe nationale. Des pratiques inadmissibles, mais qui apparemment, ont toujours existé au sein de notre milieu footballistique.

 

Les ennuis continuent

 

C’est alors avec un seul adjoint (Nicolas Santucci), un groupe de vingt joueurs et une atmosphère morbide, que Neveu devait entamer la compétition. Mais le technicien français n’était pas au bout de ses peines. Après avoir quitté Nouakchott le samedi 12 mai au soir, la délégation mauritanienne avait fait une escale à Casablanca puis à Istanbul avant d’être confronté à de nouveaux problèmes à Amman, capitale de la Jordanie. A la frontière israélo-palestinienne, quatre joueurs mauritaniens (Mohamed Lemine Balla Chrif, Ely Cheikh Ould Voulany, Amar Djibi Samb et Cheikhna Varajou) se sont vus refuser l’accès en Palestine, sous prétexte que leurs passeports avaient moins de six mois de validité. Avec seulement seize joueurs (trois gardiens de but inclus) à disposition, les choses étaient d’entrée, très mal embarquées pour Patrice Neveu, qui devait essayer de faire un résultat avec une équipe amputée de quelques-uns de ses meilleurs éléments.

 

Entrée en matière décevante  (Kurdistan Irakien 3 – 1 Mauritanie)

 

Le mardi 15 mai, au lendemain de la fin de son long périple, la Mauritanie faisait son entrée dans le tournoi de la Nakba face au Kurdistan irakien. Désorganisés, les mauritaniens ne faisaient pas long feu en encaissant coup sur coup trois buts, sur des erreurs défensives impardonnables, dont un but contre son camp de Ndama Chérif Haïdara. La seule réalisation mauritanienne avait été inscrite par Ismaël Diakité, sur une magnifique frappe enroulée en pleine lucarne. Le manque de repères des joueurs mauritaniens était flagrant, et les attaquants brouillons, n’arrivaient pas à concrétiser les occasions qui se présentaient. En fin de match les mauritaniens inscriront deux nouveaux buts refusés par l’arbitre pour hors-jeu. Malgré une nette domination en seconde période, les Mourabitounes concèderont leur première défaite dans la compétition, face à une sélection kurde qui n’est même pas affiliée à la FIFA, et qui est habituée à affronter des petites provinces italiennes, françaises ou d’Europe du Nord.

 

Les Mourabitounes tendent l’autre joue   (Mauritanie 0 – 2 Indonésie)

 

Deux jours après leur premier revers, les Mourabitounes affrontaient pour leur second et dernier match de poule, le jeudi 17 mai, l’équipe olympique d’Indonésie. Un adversaire qui paraissait à première vue prenable. L’équipe nationale mauritanienne avait réussi à récupérer entre temps son attaquant Ely Cheikh Ould Voulany, mais pas les trois autres joueurs qui avaient été définitivement rejetés à la frontière par les israéliens. Comme au premier match, les mauritaniens se faisaient surprendre dès le début sur de nouvelles erreurs de leur arrière garde (avec encore un but contre son camp). Et c’était sans grande surprise de voir au tableau d’affichage, la sélection indonésienne mener par deux buts à zéro. En deuxième période les partenaires de Bocar Coulibaly avaient l’occasion de revenir dans le match, mais Yacoub Deïna ratait un penalty, comme contre l’Iran. Les protégés de Patrice Neveu avaient affiché un meilleur visage lors de la première rencontre. C’est donc sur cette nouvelle défaite que le parcours de la Mauritanie s’arrêtait dans le tournoi. Bon dernier de son groupe, avec cinq buts encaissés, pour un seul marqué, on espérait un peu plus de notre équipe.

 

L’avis de Maurifoot

 

Les choses n’avancent décidément pas dans notre football national qui tangue entre improvisation et choix hasardeux. Avec toutes les remarques soulignées précédemment, le CHANGEMENT semble « pour le moment » relever de l’utopie. Si l’intérêt est celui de la progression des Mourabitounes, pourquoi aller faire le parcours du combattant dans tournoi qui n’a absolument rien apporté aux joueurs ? Pourquoi ne pas participer à des compétitions comme celle de la Coupe Arabe par exemple, ou à des matches amicaux contre des équipes voisines tout en faisant appel à nos expatriés ? Mais non, il a fallu encore une fois que les politiciens assoiffés d’une arabisation de la Mauritanie s'en mêlent, et décident de mettre en danger nos joueurs en les envoyant en Palestine. Si le président de la FFRIM convoite un poste au gouvernement qu’il le dise honnêtement, parce que là, c’est nous prendre pour des buses. Après l’élimination de l’équipe nationale, le jeudi 17 mai dernier, c’est seulement avant-hier mercredi 23 (cinq jours après), que la délégation mauritanienne a regagné Nouakchott. Pourquoi ? Nos compatriotes avaient-ils besoin de vacances ? Nous vous laisserons vous faire votre propre opinion, sinon nous serons encore une fois taxés de mécontents. Il y’a énormément de choses à dire et à redire sur ce voyage désastreux pour notre football, comme l’absence totale des "journalistes" qui étaient censés nous relayer l’évènement, et le fait que les joueurs n'avaient même pas, pour la plupart, des chaussures pour jouer (la honte), sans oublier qu'ils étaient entassés à quatre dans des chambres tandis que les politiciens, eux, étaient à l'aise chacun dans la sienne (il aura fallu que Patrice Neveu pousse une gueulante, pour voir ses hommes remis à deux par chambre, et les politiciens quitter l'hôtel en question). Et là nous ne citons qu’un petit échantillon. Mais nous n’aurons jamais assez de place pour tout énumérer.

 

Patrice Neveu doit certainement se demander où est ce qu’il a mis les pieds. Depuis sa prise de fonction au mois de février, il n’a pas eu un seul regroupement fermé avec son équipe et pas plus de cinq entraînements. C’est à se demander comment nous pourrions avoir des résultats, sachant que le niveau du championnat local est tout simplement exécrable. Par contre, chose étonnante, le technicien français en est à sa quatrième défaite avec l’équipe nationale A, en cinq matches joués. Et il ne semble pas le moins du monde inquiété. Quant on pense que l’ancien entraîneur des U20, Mody M’bodj avait été viré comme un mal propre après cinq matches et un meilleur bilan (deux défaites, deux nuls et une victoire), il y’a des questions à se poser.

 

En plus d’avoir des joueurs au niveau limité et qui semblent complètement désintéressés de l’amour du maillot, nous ne sommes vraiment pas sortis de l’auberge.

 

Paroles aux lecteurs

 

De nombreux visiteurs de la page Maurifoot étaient intervenus après la décevante prestation de nos représentants en terre palestinienne. Et nous avons décidé de recueillir les meilleures impressions pour vous les faire partager.

 

Thierry Zouerathie : « Je n'en crois pas mes yeux... Comment un joueur peut prétendre tirer et marquer un pénalty avec autant de désinvolture ?! C'est inacceptable ce manque de respect du jeu et de ses coéquipiers. » Par rapport au penalty raté par Ba Mohamed Yacoub Deyna, lors du match face à l’Indonésie.

 

Thierry Zouerathie : « Je viens de visionner plusieurs fois la vidéo "image/image", je suis surpris et étonné de voir que les N° de maillots des défenseurs changent sur les 2 buts. Les défenseurs ne sont pas à leur place, pourquoi ? Bien sûr, Je n'ai pas les séquences juste avant mais de voir cela c'est significatif d'une défense "dépassée" par les événements pour ne pas dire plus. Et que dire des espaces énormes laissés aux joueurs adverses en défense et au milieu de terrain que l'on voit sur la vidéo. Ce n’est pas normal non plus. L'adversaire a trop de liberté, les joueurs sont trop loin des adversaires, le marquage trop large, la dispersion complète. D'ailleurs, deux fois les indonésiens partent dans le dos des défenseurs Mourabitounes, si je comprends bien la séquence vidéo et un coup à droite puis re-belotte à gauche ! En plus, sur le deuxième but, le passeur indonésien se paie même le luxe de faire comme à l'entrainement, il est tranquille : 1- il amortit, 2- il lève la tête et 3- il ouvre tranquille en se concentrant sur la Qualité de sa passe et elle arrive... (Rires) ! C'est ce que je vois sur la vidéo. Et ce que je vois après, des joueurs qui ne font pas l'effort de revenir et qui trottinent même qui marchent. Le résultat de cela fait 2 buts à 0 et pour finir le pénalty que j'ai décris et là c'est le pompon !! Il me semble que c'était un match international, comme beaucoup j'attendais mieux dans le jeu et le respect du maillot. Il n'y a pas de honte de perdre une rencontre quand l'adversaire est plus fort et que l'on a joué à son maximum, mais là personnellement je suis très déçu. »  Réaction après la défaite de l’équipe mauritanienne face à l’Indonésie.

 

Ça a au moins le mérite d’être clair !

 

Brahim Sow Deïna

maurifoot

 



              

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