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Mohamed Ould Bouleiba, critique littéraire : "Nos créateurs littéraires supportent très mal la critique"


Culture
Samedi 31 Mars 2012 - 14:20

Mohamed Ould Bouleiba, docteur en Lettres, vice-président de l’Association des écrivains francophones est critique littéraire depuis plus de 20 ans. Professeur de Littérature Générale et Comparée au Département de Langue et Littérature Française et Arabe à l’Université de Nouakchott, il a publié il y a peu son ouvrage sur «la critique littéraire occidentale et critique littéraire arabe, textes croisées». Une tentative de donner des lettres de noblesse à la critique littéraire, dans un pays qui se réclame de la poésie, mais élève tout de même peu ses écrits, et qui ceux qui en tiennent la plume. Entretien.


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De quoi est-il question dans « la critique littéraire occidentale et critique littéraire arabe, textes croisées » ?

En fait, il s’agit de plusieurs textes écrits il y a une douzaine d’années, traduits en français par le ministère égyptien de la culture, et repris par le ministère saoudien de la culture dans une revue spécialisée.

L’ouvrage traite essentiellement des rapports littéraires internationaux; en particulier la critique littéraire dans son rapport avec la critique littéraire arabe. Il se focalise sur une période récente couvrant les années 50 aux années 80. Je traite de l’influence du courant essentiellement structuraliste, de la sociologie, de la psychanalyse, sur la critique littéraire naissante de ces années-là.

C’est donc à travers le croisement de textes, la comparaison, que j’ai pu tirer mes conclusions qui étaient que la critique littéraire arabe certes originale, a subi malgré tout des influences occidentales que je cite et expose à travers l’ouvrage.

Il n’y a pas de critique littéraire mauritanienne très poussée comme au moyen-orient. C’est récemment que les mauritaniens ont commencé à connaitre les courants de critique littéraire qu’a connu l’occident et le moyen-orient, comme la psychanalyse, le structuralisme. La Mauritanie n’a pas connu ces courants avant les années 90.

En Mauritanie, le critique littéraire n’a pas de matériaux très élaborés pour attaquer les œuvres de créations. Par ailleurs, nos créateurs littéraires supportent très mal la critique; ils s’énervent vite. Il m’est arrivé plus d’une fois d’avoir à subir les foudres d’un de nos créateurs pour avoir critiqué objectivement son oeuvre.

Ailleurs, les auteurs recherchent de telles critiques, à leurs yeux constructives. Ils veulent avoir un autre regard que le leur sur leur oeuvre.

Comment promouvoir la critique littéraire mauritanienne ?

En tant qu’enseignant, on inculque des idées à nos étudiants pour qu’ils acceptent justement la critique. C’est un exercice quotidien. En tant que critique littéraire, j’assiste souvent à la parution de publications critiques, mais face à une certaine pesanteur sociale et intellectuelle, ce genre n’est pas développé. Les gens ne lisant pas ces essais “philosophiques”, on est contraint de les exposer dans ce genre d’événements, comme la semaine de la francophonie.

C’est pour cette raison que je me suis intéressé à des auteurs étrangers qui ont apprécié mes critiques. J’ai ouvert des brèches de recherches, des annotations d’ouvrages anciens, dont les auteurs sont morts. J’ai aussi entamé la traduction d’écrits d’explorateurs occidentaux, tel que ce volume sur Mongo Parte par rapport à son voyage dans le sud de la Mauritanie, en 1796.

Le français est un élément constitutif de la culture mauritanienne, c’est par le français que nous avons une ouverture sur la modernité; c’est une langue de culture d’une dimension internationale. Et heureusement pour nous qu’il y a cette diversité culturelle, car nulle culture ne peut vivre en léthargie et repliée sur elle-même. Elle s’étiole sinon.

Quel est l’avenir de la critique littéraire en Mauritanie?

J’espère cet avenir radieux, avec le développement des études littéraires à la faculté de lettres, les recherches doctorales de nos étudiants qui font des thèses à travers le monde et qui reviennent avec un bagage critique assez intéressant.

Je pense que les années à venir vont permettre un certain dynamisme. Le changement de mentalité aidant, nous assisterons certainement à l’acceptation d’une critique constructive. Car c’est seulement avec la critique que la literature mauritanienne pourra progresser et aller résolument de l’avant. Le critique littéraire, c’est un peu la boussole du créateur littéraire.

Entretien réalisé par Awa Seydou Traoré
Mamoudou Kane


              

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