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Mohamed Ould Abdel Aziz, sur kassataya.com: "N'est esclave que celui qui veut l'être!"


Actualité
Mardi 20 Septembre 2011 - 10:47

En marge d'une visite à Paris pour assister à la remise du prix Houphouët-Boigny pour la paix (UNESCO) ce 14 septembre 2011, le président Mohamed Ould Abdel Aziz a répondu aux questions de kassataya.com. Les problèmes liés à l'esclavage et au recensement essentiellement, y sont éludés par le président des pauvres.


Mohamed Ould Abdel Aziz, sur kassataya.com: "N'est esclave que celui qui veut l'être!"

Les Mauritaniens de l'étranger ont quelques revendications : fermeture du consulat, exigence de titres de séjour pour l'inscription sur les listes électorales, frais de visa élevés pour les mauritaniens naturalisés, impossibilité de se faire enrôler...Quelles sont les mesures que vous entendez prendre pour les rassurer?

Je suis le Président de ce pays, je suis le Président de tous les mauritaniens et je suis le Président des plus démunis et des plus pauvres parmi eux. Donc, tout ce qui peut alléger les souffrances des mauritaniens je le prends pour moi et je suis prêt à le faire.

Mais, pour revenir un peu à cette situation d'enrôlement pour les mauritaniens qui sont à l'étranger vous savez, en 1998, il a été décidé de faire un état civil qui a couté excessivement cher à la Mauritanie , 1 fois et demi ou 1,8 fois le prix de l'actuel système qui est beaucoup plus fiable, beaucoup plus secure et qui est beaucoup plus important et beaucoup plus pérenne que l'ancien et moins cher. Mais, malheureusement, le travail n'avait pas été bien fait. Donc, nous avons décidé de faire un enrôlement. Mais cet enrôlement il est d'abord -et là j'explique- nous avons peut être eu de la mauvaise communication là-dessus ou bien, peut être, il y a eu des personnes, et il y en a, malintentionnées qui ont transformé la réalité des choses.

De quel côté?

Je parle de mauritaniens.

Des agents qui recensent par exemple qui ont mal compris ?

Non, non! Des personnes qui cherchent à se faire enrôler. Ou, même, des personnes qui ne se sont jamais présentées d'ailleurs mais qui, pour des raisons autres, peut-être même politiques, ou pour nuire...

Par exemple? Pourquoi...

Pour essayer de nuire, pour jeter de l'huile sur le feu, pour dire que ce que nous sommes en train de faire c'est du racisme, d'ailleurs certains l'ont dit.

Il y en a certains, effectivement, qui l'ont dit, qui disent que le recensement est fait pour les exclure.

Attendez, attendez. Je [suis prêt à] discuter de n'importe [quel sujet]. Je suis ouvert à tout. Nous avons tout entendu. Ils sont allés jusqu'à dire que tel ou tel ancien ministre on lui a refusé le recensement

Anne Mamadou Babaly [colonel à la retraite, ancien ministre de l'intérieur issu de la communauté négroafricaine]

Oui. Alors que c'est faux pour le cas de Anne. C'est faux pour le cas de Ba Bocar Alpha, l'ancien ministre. C'est faux. J'ai été surpris quand j'ai vu cette information. J'ai appelé moi même le ministre de l'Intérieur et je lui ai demandé de les appeler dans son bureau, de les convoquer. Et il n'en était strictement rien du tout.

Aucun centre ne peut rejeter les mauritaniens. Vous pouvez vous présenter. Il y a une chose : le recensement il est d'ascendant à descendant. C'est clair. Donc on ne peut pas recenser un jeune de 18 ans, de 15 ans, de 12 ans avant de recenser ses parents! Et, même, ses grands parents, s'ils sont en vie encore. C'est tout ! Et, là, ils sont très regardants, parce que nous voulons un système fiable. Et nous ne sommes pas du tout pressés pour le faire. On n'est pas en 1998 où on recensait n'importe qui, n'importe comment, dans la rue et où on le faisait recenser par n'importe quel agent qui n'était même pas lié à l'Etat !

Maintenant nous avons une commission. Dans chaque centre nous avons le Préfet ou son représentant. Nous avons le chargé de l'état civil. Nous avons les représentants des différents corps, de la Gendarmerie, de la Police, de la Garde. Nous avons des élus locaux, qui sont membres de cette commission. Nous avons les personnes ressources sur lesquelles nous pouvons compter, éventuellement, pour compléter les informations.

Monsieur le Président, manifestement il y a un malentendu : vous pensez que le recensement est fait sans états d'âme, sans arrière-pensées. Mais certaines populations ont un ressenti différent. Est ce qu'il n'est pas possible de reformuler, de s'arrêter et de dire : "bon, on s'est mal compris, vous pensez que c'est cela, nous allons vous expliquer que ça ne l'est pas" et plaider votre bonne foi. Ce n'est pas possible?

Nous avons parlé, nous avons expliqué, nous avons communiqué et nous continuerons à le faire. Est-ce que vous voyez?

Pour retirer toute suspicion ce n'est pas possible de dire, bon ok, nous n’avons rien à cacher?

Il y a certaines personnes très particulières qui ne veulent pas entendre la réalité. Et qui ne voudraient pas d'une Mauritanie sécurisée, ni d'une Mauritanie stable, ni d'un peuple uni en Mauritanie.

Vous n'avez pas envie de les «désarmer» en leur disant «si c'est ça votre arme, nous on va...»

Quelle est leur arme? Quelle est leur arme ? Ils disent qu'ils n'ont pas été recensés? Les faits sont là pour les démentir. Quand ils disent « On n'a pas été recensé » c'est faux ! Quand ils disent qu'on a rejeté Ba Bocar c'est du faux! Quand ils disent que nous n'avons recensé que les gens du Nord et du centre et que l'on rejette les gens du Sud, c'est du faux. Parce que les chiffres sont là! Je les ai donnés. Il y a plus de recensés sur la Vallée que dans le reste du pays!

A Néma, par exemple, au moment où j’en parlais, il y avait 3000 [recensés] alors qu'à Kaédi il y avait 4000 ou 5000! Alors que la région de Néma est beaucoup plus peuplée que la région du Gorgol. Que diront les gens de Néma, que pour nous ils sont des maliens? Ce n'est pas normal ça. On ne peut pas… Il y a des gens qui ne veulent pas entendre la vérité et il y a des gens qui ne veulent voir que des catastrophes en Mauritanie. Ils sont connus. Mais heureusement que, pour le pays, ils sont très minoritaires. De part et d’autres d’ailleurs.

A votre arrivée, vous avez posé des actes : la prière à Kaédi, le retour des réfugiés que vous avez parachevé, retour qui avait été lancé par votre prédécesseur, répertorier et cartographier les tombes... Il y a quelques années, votre conseiller en parlait pendant la campagne pour les élections présidentielles de 2009, nous avons sillonné la région parisienne et on voyait votre poster partout. Aujourd'hui vous n'avez pas peur de perdre un peu cet électorat là et ces personnes qui avaient adhéré à votre… ?

Ecoutez. Moi je ne cherche pas d'électorat. Je cherche à faire mon pays. Je cherche à travailler pour mon pays. Je cherche à faire les sacrifices pour une Mauritanie unie. Je ne suis pas à la recherche d'électorat.

Pour les mauritaniens de l'étranger, concernant la double nationalité, il y a des réserves de certains disent qu'ils ont envie d'introduire leur demande pour obtenir le décret [autorisant l’acquisition d’une nationalité en plus de la Mauritanienne], mais rien ne leur garantit que ce ne sera pas « à la tête du client ». Comment on peut être sur que deux personnes qui introduisent leur demande vont l'obtenir en remplissant les mêmes conditions?

Vous savez, d'abord, cette loi a été introduite récemment. Parce qu'avant, vous savez que tout mauritanien qui arrivait à acquérir une nationalité étrangère, perdait automatiquement sa nationalité. C'est ça le code la nationalité mauritanienne. Et cette loi je l'ai fait changer en partie pour permettre aux mauritaniens, à l'Etat, au gouvernement, particulièrement au Président, de pouvoir accéder à certaines demandes. Il n'est pas dit que toutes les demandes seront acceptées à 100%. Il n'est pas dit, aussi, qu'elles ne seront pas acceptées à 100%.

Qu'est-ce qui peut amener une décision à être recalée?

De toutes les façons c'est à la discrétion du Président ; tant que l'on n'a pas changé cette loi. Mais, en tous cas, j’estime quand même que c'est une grande évolution parce qu'avant on ne voulait même pas entendre d'un mauritanien qu'il change sa nationalité! Maintenant on accepte de recevoir sa demande, de la traiter, de lui dire « voilà on va te donner ta nationalité, ou bien on ne te la donne pas parce que à un certain moment tu as fais telle chose.. » ou bien je ne sais pas. De toutes les façons ça ce sont des critères qui seront définis après.

Et les mauritaniens qui partent de France avec des familles de quatre ou cinq personnes et qui paient 62 euros de visa alors qu'ils sont d'origine mauritanienne?

Les mauritaniens ne paient pas de visa.

Et les binationaux?

Il n'y a pas de binationaux jusqu'à présent.

Vous n'avez reçu aucune demande?

Non. J'ai reçu, par contre, des demandes d'étrangers qui veulent se mauritaniser. Mais pas d'anciens mauritaniens qui veulent recouvrer leur nationalité.

En 2009, c'est vous qui aviez lancé la possibilité pour les mauritaniens de voter de l'étranger pour les présidentielles. Aujourd'hui certains demandent à pouvoir voter pour désigner leurs représentants au Parlement. Parce que, pour le moment, les députés des mauritaniens de l'étranger ou les sénateurs des mauritaniens de l'étranger ne sont pas élus par les mauritaniens de la diaspora. Est ce qu'il y a une évolution qui peut être envisagée sur cette question ?

Le droit de voter est un droit pour tous les mauritaniens.

Cela n'a été effectif qu'en 2009.

Oui ça a été effectif en 2009 parce qu'on a mis en place les structures et la logistique nécessaires. On les mettra en place à chaque fois que le besoin se fera sentir. Je pense que c'est une très bonne chose même si le nombre des mauritaniens à l'étranger n'est pas très important. Mais c'est une manière de les associer, de maintenir ces attaches et ces liens avec la Mauritanie. C'est vrai que nous ne sommes que 3 millions, nous sommes éparpillés par le monde, mais l'essentiel est que ces milliers de mauritaniens à l'étranger puissent garder ces liens avec le pays.

Dans votre intervention télévisée du 5 mai vous aviez dit qu'il n'y avait pas d'esclavage en Mauritanie. Alors c'est quoi toutes ces manifestations de mauritaniens qui dénoncent ce problème?

Ecoutez. Moi, à ma connaissance, il n'y a pas d'esclavage. N'est esclave que celui qui veut l'être. C'est simple. On parle d'esclavage un peu partout. On parle de discrimination, on parle de castes en Mauritanie, mais celui qui veut l'être ça vient de lui. La loi ne protège pas les esclavagistes et ne peut pas protéger les esclavagistes. C'est clair.

On continue à parler de l'esclavage. Dans tous les cas qu'on a essayé de sortir, il se trouve qu'il existe une parfaite symbiose entre les mauritaniens et qu'il y a des familles qui confient leurs enfants à d'autres familles et qu'il y a des situations peut être, qui nous ont précédés nous tous, et qui nous subissons actuellement.

Que la loi réprime aujourd’hui

Que la loi réprime. Mais vous savez, par exemple, qu'il y avait de l'esclavage il y a de cela un siècle, un demi siècle, dans les décennies passées peut-être. Et ce, de toutes les façons, dans toutes les régions de la Mauritanie. Et, vous savez, ces familles, maintenant, même après l’affranchissement, sont restées très liées. Et, parfois, on essaie de faire passer des enfants de tel ou tel comme esclaves parce qu'ils vivent avec les anciens maîtres de leurs grands pères. Ils vivent ensemble. Mais ça c'est essayer de casser un peu cette situation. Essayer de casser ces liens affectionnels entre les mauritaniens n'est pas une bonne chose.

Mais en tout cas je vous dis qu'en Mauritanie n'est esclave que celui qui veut l'être.

Parfois on prend des mineurs pour nous les présenter comme des esclaves. Ce sont des histoires tout ça. Il y a des familles qui ne peuvent pas, il y a des enfants, ici, dont les grands pères, malheureusement étaient esclaves. C'est la faute à qui s'ils se retrouvent avec les familles de leurs anciens maîtres ? C'est du n'importe quoi. Je crois qu'il n'est pas bien de séparer ces familles tant que ce n'est pas de l'esclavage avéré et prouvé. Ce qui n'est pas du tout évident.

Kassataya a interviewé hier le chef de file de l'opposition Monsieur Ahmed ould Daddah qui estime qu'il ne va pas participer au dialogue politique qui s'ouvre samedi prochain. Est ce que vous ne regrettez pas que quelque chose manque à un consensus pour essayer de faire avancer toute la classe politique à peu près dans la même direction?

Si nous avons attendu jusqu'à ces jours-ci c'est parce que nous tenons, et nous continuons à tenir, à la présence de tous.

Vous allez continuer?

Nous allons continuer. Et nous regrettons l'absence de ces partis politiques. Nous allons continuer et nous allons faire les démarches nécessaires, au besoin, et nous sommes toujours dans l'espoir qu'ils reviendront à la raison. Parce que ce dialogue concerne tous les mauritaniens. Ce n'est pas le dialogue avec le Président. C'est le dialogue de l'ensemble des mauritaniens pour voir ce qu'ils veulent de leur pays, comment ils le veulent. On débattra de tous les points, de tous les points et, en plus de cela aussi, il n'y aura pas de tabous.

Ce qui nous intéresse le plus c'est le processus électoral, les élections, notre système éducatif qui ne répond pas du tout aux besoins de la Mauritanie, le système sanitaire qui est défectueux, le chômage, la lutte contre la pauvreté… Tous ces problèmes peuvent être débattus pour, qu'ensemble, on puisse leur trouver des solutions adéquates qui vont, d'ailleurs, profiter à tous les mauritaniens qu'ils soient opposants ou bien dans la majorité présidentielle, qu'ils soient des ONG ne s'intéressant pas à la politique.
 

Monsieur le Président, sur la question des inégalités sociales et de l'esclavage, peut-on se contenter d'une loi et faire l'économie d'une politique plus volontariste axée sur les aménagements économiques et sociaux?

C'est exactement ce que nous sommes en train de faire. En tout cas cette question ce n'est pas moi qui l'ait avancée mais c'est une question que j'aurais bien souhaité entendre.

Nous avons ciblé les régions où il y a le plus d'inégalités, où il y a le plus de souffrances chez les populations. Nous avons trouvé que c'était ce que nous appelions dans le temps « le triangle de la pauvreté ». Et là, nous avons commencé à engager la construction des routes. C'est la région entre Kiffa, Barkéol et M'Bout. C'est une région assez peuplée, par des gens très vulnérables, très pauvres : il n'y avait ni eau, ni électricité, ni routes.

Nous avons donc commencé par ça. Nous avons des projets de routes qui ont commencé déjà. Nous allons relier Barkéol par deux routes : par Monguel et par M'Bout, pour permettre l'accessibilité. Et puis nous sommes en train de fournir l’eau à ces populations par une canalisation qui va remonter de Foum Gleïta et qui va alimenter toute la zone. Ca c'est pour l'eau. Nous sommes en train de créer un regroupement, deux projets de regroupements même, dont l'un a déjà commencé à… Borat.

Nous avons commencé, pratiquement, à construire une infrastructure de base, école, santé… un grand centre de regroupement. Pour l'électricité, nous avons un projet d'une centrale de 5 Méga, centrale solaire, dont l'étude a déjà été faite et qui est en cours. Toutes ces actions vont présider au développement de ces populations où il y a le plus de concentration de pauvres.

Au niveau de Nouakchott, qui est une très grande ville aussi, nous avons restructuré l'ensemble des quartiers populaires. Et ça on l'a fait à Nouadhibou où c'est une réussite car il n'y a plus de bidonvilles à Nouadhibou. Nous sommes en train de le compléter, de l'achever à Nouakchott.

Nous combattons cette inégalité qui ne touche pas seulement ces couches de la population, il y aussi une discrimination même vis-à-vis des femmes. Vous savez, l'autre jour, on a fait un concours il y avait 250 admis et il n’y avait que 10 femmes ou 11 femmes.

Quand j'ai vu les résultats j'ai dit au Ministre et au directeur d'écoles en charge de ce dossier de faire des recrutements propres aux femmes, afin de permettre de recruter 50 femmes. Là aussi ce sont des inégalités que nous sommes en train de corriger. Ce qui fait que nous aurons plus de 30% de cadres femmes qui vont sortir dans 3 ans.

Une bonne gestion ne commence-t-elle pas par une bonne communication face aux tabous de l'esclavage?

C'est vrai. Une bonne communication, quand elle peut se faire, il faut la faire. Vous savez, ce n'est pas souvent facile. Pour plusieurs raisons. D'abord, l’infrastructure ne s’y prête pas et puis il y a aussi ce monopole qui faisait que même les mauritaniens, étant donné qu'il n'y a que la télévision nationale et la radio nationale, ne sont pas souvent à l'écoute. Ils préfèrent écouter d'autres chaines.

Maintenant, avec l'ouverture, la libéralisation des ondes et de l'audiovisuel, la communication pourra prendre une grande place dans leurs activités. Mais il faudrait aussi qu'il y ait une communication mais une communication saine, parce qu'il y a un très grand écart entre ce qui se dit, ce qui s'écrit et la réalité. Ca, c'est vérifiable. Quand vous voyez les sites, malheureusement, et que vous voyez ce qui s'écrit sur les sites, vous allez vous imaginer que la Mauritanie ne va pas exister au delà d'une année, que les mauritaniens sont en train de s'entretuer, alors qu'il n'en est rien du tout.

Interview menée par Abdoulaye Diagana et Mariem mint Baba

Mamoudou Kane


              


1.Posté par verite le 27/12/2011 15:57
les propos du pdt sont vraiment indigne ,je confirme que ANNE AMQDOUBABALY a ete bien rejeté ainsi que ba bocar alpha l info vient de leurs propres bouche avant de subir la pression du gouvernement .. si il n ya pas d esclavage en mauritanie pourauo reprimer les abolitionniste d IRA parce qu il ont cibler des cas esclavages.......foutaise ce discour est vide de sens

2.Posté par Boudou Camara le 13/09/2013 22:05
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