Connectez-vous S'inscrire
Noorinfo

Mohamed Ould Abdel Aziz et la France…


Tribunes
Jeudi 17 Mai 2012 - 13:27


Mohamed Ould Abdel Aziz et la France…
On se souvient de l’apparition publique de Robert Bourgi, un élément clé du dispositif de la France-Afrique, auprès du candidat Mohamed Ould Abdel Aziz, dans un meeting, à Nouakchott, lors de la campagne présidentielle de 2009. Dans la même période, le député UMP des Patrick Balkany,  député de la 5ème circonscription des Hauts-de-Seine, maire de Levallois-Perret,  autre figure de l’ombre de la France-Afrique, a séjourné, en Mauritanie, dans les sphères du général Mohamed Ould Abdel Aziz. L’opposition mauritanienne actuelle n’arrive pas à oublier l’apport précieux apporté par l’ex président français, Nicolas Sarkozy, au général Mohamed Ould Abdel Aziz. Aujourd’hui, on s’interroge, de plus en plus, après l’arrivée de la Gauche au pouvoir, sur l’avenir de la relation qu’entretenait Mohamed Ould Abdel Aziz avec la France officielle, ou officieuse.

Mais, Mohamed Ould Abdel Aziz n’est pas seulement un partenaire de la France-Afrique. Il avait, déjà,  ses entrées françaises, depuis l’époque de Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Il était l’interlocuteur sécuritaire des généraux français. ‘’ Jamais, les autorités sécuritaires françaises n’avaient songé, par le passé, de pouvoir, un jour, accéder à ce qu’elles sauraient, peut-être, appeler ‘’ un jackpot sécuritaire, lance une haute autorité militaire mauritanienne.’’ ‘’ Mohamed Ould Abdel Aziz a tout simplement autorisé les autorités sécuritaires française, sous le règne de Sidi Ould Cheikh Abdallahi, à auditer la direction de la sureté de l’Etat.’’ ‘’ Du jamais vu, renchérit la même source.’’ ‘’ Cela se comprendrait, et encore, si cet audit devait précéder un appui significative et bénéfique de la part de la France, mais l’objectif obéissait strictement à un agenda d’instrumentalisation, révèle un journaliste français, citant une confidence militaire à Paris.’’

Mohamed Ould Abdel Aziz apparaît aussi, dans toute la sous-région comme l’homme de la France. L’homme fort qui a pu engager une guerre contre les camps d’AQMI, dans le désert malien. ‘’ Une guerre par procuration, crie l’opposition démocratique. ‘’ La coopération militaire française, même si elle est limitée à une mission d’instruction, mobilise tout de même, sur le sol mauritanien, entre 250 à 300 instructeurs français.

On ne sait pas si l’avènement de François Hollande à l’Elysée allait changer le soutien manifeste de la France pour le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz. On sait une chose. Les deux ont parlé, lundi dernier, au téléphone, une journée avant l’investiture française. On ne sait vraiment pas qui a appelé qui ? RFI dit que c’est Hollande qui a appelé. L’AMI évoque la communication, sans en préciser l’initiateur. Dans tous les cas, les échanges ont eu lieu entre le nouveau patron de l’Elysée et le président Mauritanien. Ce dernier aurait, peut-être souhaité un déplacement,  en France, pour assister à la cérémonie d’investiture de Hollande. Et, en l’occurrence, se prévaloir, pourquoi, de ses vertus sécuritaires.

Quelques jours auparavant, l’ambassadeur de France en Mauritanie a accueilli le groupe initiateur d’un projet de réconciliation et de pacification de la scène politique. Il semble que le chancelier français n’apprécie pas très bien la radicalisation de la COD et son appel ‘’ Dégage Aziz.
La droite française était un peu considérée, par bon nombre d’observateurs africains, mais aussi de l’Hexagone, comme une machine de promotion pour les dictatures africaines. Le financement des partis politiques  de la droite française, l’UPR de Chirac et plus tard l’UMP de Sarkozy, se ferait à travers les réseaux de la France-Afrique.

L’avènement des socialistes au pouvoir en France fait resurgir sur la scène franco-africaine le débat autour de la très controversée cellule élyséenne de la France-Afrique. Une officine d’intérêt qui fait et défait le régime en Afrique. La  démocratie, dont la France des valeurs universelles se faisait le chantre, se négocie, en terres africaines, sous les arcanes de l’Elysée. Les putschistes africains savaient bien comment faire bénir leur coup d’Etat par les hautes autorités françaises. Tout comme ils savaient grâce au quitus précieux de l’Elysée se muer, par la suite, en faveur des élections truquées en Président élus.

Aujourd’hui, les intérêts de la France en Mauritanie dépasseraient, peut-être, la grille de lecture classique, France-Afrique. La dimension sécuritaire demeurait centrale pour la France de Sarkozy. Le restera-t-elle, déterminante, avec l’avènement du socialiste, François Hollande, à la tête de la République de France ? Il serait hâtif d’aller au-delà de cette question. Peut-être.

L’UPR : La fronde?

La politique menée (ou pas du tout menée) par  l’Union Pour la République (U.P.R), parti du président de la République, a été l’objet d’une interview critique donnée au site Tawary, par Allal Ould El Hadj, cadre du parti. Allal Ould El Hadj, parmi ces jeunes mauritaniens atteint de la fièvre politique, se comptait, en première loge, de la jeunesse de l’Union Forces Démocratiques Ere-Nouvelle, formation politique d’Ahmed Ould Daddah, interdite au début des années 2001.

En résumé, Allal crie à l’immobilisme d’un appareil politique censé porter le programme du président de la République dans chaque coin et recoin. Un programme qui existe, pourtant, selon Ould El Hadj, mais qui ne trouve de défenseur que Mohamed Ould Abdel Aziz, en personne. Qui ne saurait compter sur aucun appui réel et efficient de la part de l’UPR. Un UPR qui se dégonfle, désormais, et opte pour le profil-bas, en refusant de servir, même d’un bouclier, un relais du président au sein de l’opinion publique.  Rencontré par notre reporter, Allal n’arrivait même pas à placer un mot avec lui.  Ils étaient nombreux, insistants,  hauts cadres, personnalités en vue, à appeler Allal Ould El Hadj, quelques heures après la sortie sur la toile de son interview. Les félicitations et soutiens fusaient des interlocuteurs aussi différents que le sont les appels téléphoniques. ‘’ C’est exactement ce que je pense, le rassure un ponte du parti.’’ ‘’ Tu n’as oublié aucun point des griefs qui me rongent le cœur, surenchérit un autre.’’  C’est dire la marque hypocrite indélébile d’une certaine élite mauritanienne qui n’arrive à s’assumer et à assumer publiquement ses choix.

L’UPR de son côté, n’a pas négligé la sortie d’Ould El Hadj. Un communique rappelant la symbiose au sein du parti a été rendu public les heures qui suivent. ‘’Tout va très bien. L’UPR se porte bien. C’est, on ne peut plus clair, un complot ourdi contre le parti, titre, en conclusion l’UPR, son communiqué.’’
Mais tout ne va pas très bien. C’est certain. L’UPR n’arrive pas à construire un discours responsable, digne d’un parti dont son président Mohamed, Mahmoud Ould Elemine, chiffrait, l’autre soir, dans une rencontre-débat, transmise sur les antennes de la TVM, ses adhérents à 700 mille personnes. Un chiffre avoisinant le suffrage exprimé, totalisant tous les scores des candidats aux dernières élections présidentielles. Un exploit, certes, une prouesse même si elle ne s’annihile pas face à la réalité d’une scène politique, espace rendez-vous, désormais, pour toutes les contestations.

L’UPR, il faut le dire, n’est pas à l’heure de la langue de bois et du nihilisme. Le pays vit au rythme d’une crise politique sans précédent. Le débat politique se durcit, à l’invective et l’anathème. L’UPR, à entendre, la réaction de ses dirigeants, se complait, semble-t-il, bien dans ce registre de langage. De sa posture immobiliste, on ne réagit qu’à la calomnie et par la calomnie. Et, le débat reste dans ces bas-fonds-là. Toujours, à la défensive, jamais initiateur d’une quelconque démarche visant à relever le débat et décharger l’exécutif qu’il incarne afin de s’adonner à sa mission première, l’UPR croule dans la léthargie destructive. Quand il donne la voix, ou tente de se la donner, c’est pour tirer le débat vers les abysses. Sur ce plan, Ould El Hadj se distingue, aujourd’hui, et saurait,  seul, peut-être,  à pouvoir se prévaloir de la paternité d’une requête visant une révision à la hausse du niveau du débat politique.   Le changement constructif, un slogan brandi par Mohamed Ould Abdel Aziz, lors de la campagne électorale présidentielle se déconstruit chaque jour un peu plus par le discours de l’UPR.

www.fawassel.net est le nouveau site Internet d’information, édité en langue arabe par, dit-on, une diaspora mauritanienne de plus en plus décidée à contribuer à l’émergence d’une opinion consciente et avertie. Fawassel tranche un peu avec les médias privés mauritaniens. Il annonce la couleur, d’ores et déjà, dans son premier mot, en déclinant sa ligne éditoriale qui se refuse de se terrer derrière une objectivité boursouflée, un professionnalisme réducteur. La vérité, le souci de livrer la vérité si cruelle, soit-elle, au lecteur. Le site remet sur la surface l’épineuse question de l’objectivité dans le traitement d’information, dans un pays où la pensée unique demeure la voie ventrière la plus sûre.
Union Européenne : La reconduction des accords de pêches aura-t-elle lieu ?

Les accords de pêche entre l’Europe et la Mauritanie expirent le 31 juillet 2012. Les négociations ont commencé depuis décembre dernier. Les deux parties n’ont pas encore abouties  à une quelconque entente. L’augmentation de la contrepartie et l’effectif des marins nationaux à bord, en plus du débarquement du produit de pêche  à Nouadhibou sont les trois points sur lesquels les deux parties divergent. Pour la Mauritanie, dont le négociateur en chef n’est autre que le colonel Ould Baye, l’ex de la délégation de surveillance maritime, s’accorder sur ces trois points est essentiel. Et, les discussions continuent de s’enliser.

L’accord, portant essentiellement sur le pélagique, a été élargi, sous Ould Taya, pour satisfaire les espagnols, ses alliés, une passerelle entre son pouvoir quelque peu honni, à l’époque et l’Israël, pour inclure la pêche de fond, les  céphalopodes. Cet accord avait, toutefois, deux avantages. L’un est qu’il contracté avec une entité institutionnelle définie, connue, l’Europe. Contrairement, aux accords signés avec la Chine, qui au finish, reviennent à des sociétés privées. Le second avantage c’est l’argent frais, près de 80 millions d’euros, chaque année, virée au Trésor Public mauritanien.

Rappelons que la Mauritanie n’arrive pas à se doter d’une politique halieutique pertinente. Le secteur de la pêche n’arrive pas à générer suffisamment d’emplois.
Au Maroc voisin,  la pêche crée plus d’un millions d’emplois, au sud, le Sénégal, elle engendre plus 400 mille emplois. Alors que pour un pays, dont la côté est parmi les plus poissonneuses du Monde, la Mauritanie, le secteur de la pêche produit  moins de 30 mille emplois,  opérant essentiellement dans la pêche artisanale.

B’...
Biladi


              

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Actu Mauritanie | Actualité | Economie | Sport | Culture | Société | Lu sur le web | International | Tribunes | Vu de Mauritanie par MFO | Blogs | videos | A.O.S.A | Communiqué | High-Tech | Politique | Sciences | Insolite | Histoire





Suivez-Nous
Rss
Recherche
En clair
Inscription à la newsletter