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Mohamed Ould Abdel Aziz: L’essoufflement?


Actualité
Vendredi 13 Avril 2012 - 13:45

Le président de la République, Mohamed Ould Abdel Aziz, n’arrive, véritablement, pas, depuis son accession au pouvoir, à asseoir un système stable, rassurant pour ses partenaires politiques, toutes tendances confondues ; et par de-là, à même de favoriser un fonctionnement normal et normalisé de l’espace public et même de l’Etat. Son règne est né, ou presque, avec les prémices symptomatiques de décadence. Il est quelque peu surprenant de voir un pouvoir, qui se réclame la paternité de la lutte contre la gabegie et la corruption, – une urgence, pourtant, devant faire, logiquement, le bonheur de tout un chacun- cristalliser autant de mécontentements à son encontre. Retour sur l’homme et sa manière singulière de gouverner.


Mohamed Ould Abdel Aziz: L’essoufflement?

Depuis quelques temps, chaque jour apporte son lot de marches contre le régime de Nouakchott. Les marcheurs contre le pouvoir actuel dépassent désormais les cercles de revendication classiques. Les grandes villes ne sont plus les seuls espaces qui produisent les foyers de colères, sous le règne d’Ould Abdel Aziz. Les syndicats et partis de l’opposition n’ont plus l’apanage de la contestation. Même si ces derniers se font, souvent, dans la récupération politique de quelques mouvements de contestation, en tentant de les instrumentaliser, voire de les confiner, cela n’altère en rien leur légitimité, ni ne leur fait perdre de pertinence. 

On observe, chez l’opinion publique, un manque de foi cruel et une déconstruction déconcertante du discours ‘’initiatique’’ de Mohamed Ould Abdel Aziz. ‘’C’est bien facile, les raccourcis’’, lance un observateur. ‘’Il est à la fois comique et grotesque d’entendre Mohamed Ould Abdel, en public, vilipender les largesses et le laisser-aller qui ont gangrené les systèmes précédents. Du culot, quand même, venant d’un produit de ces systèmes ; qui, cela n’échappe à personne, ne dédaigne pas l’argent, ni les villas cossues, encore moins les voitures rutilantes’’, déclare un opérateur privé. ‘’Puisse-t-il avoir l’outrecuidance de parler des passe-droits dont il a, lui-même, bénéficiés, sous Taya, sous Ely, sous Sidi. Des passe-droits qui ne sauraient être révisés à la baisse, sous son propre règne, révèle un responsable de la haute finance publique mauritanienne.’’  ‘’Les symboles de la gabegie qui crient, en ce moment, au sein de la Coordination de l’Opposition Démocratique, ne sont pas pires que Mohamed Ould Abdel Aziz ! Est-ce qu’ils ne se valent pas, conclut un cacique de la majorité présidentielle ?’’

L’Inspection Générale de l’Etat, outil moteur de lutte contre la gabegie, ne cesse de diligenter les missions en série. Elle ne cesse alors de produire des rapports compromettants. Mais, les prérogatives, en tout cas réelles, de l’IGE, s’arrêtent-là. ‘’ On n’est pas habilité, à l’IGE, à instruire une mise en demeure, je ne vous dirai pas plus, confie un Inspecteur de l’Etat.’’ C’est ce qui réduit, sans doute, la mission de l’appareil de contrôle de la dépense publique à un outil de règlements des comptes. Et, rend plausibles, donc, les allégations des détracteurs d’Ould Abdel Aziz qui s’offusquent de l’instrumentalisation politique de la lutte contre la gabegie.


La psychose…
Ces missions de contrôle créent, tout de même, une véritable psychose au sein de l’Administration publique. Ici, on sait bien mesurer la portée dissuasive des inspections de contrôle. On préfère, même si on n’est pas très convaincu du sérieux de telles missions, opter pour la prudence. ‘’ On n’est jamais à l’abri avec Mohamed Ould Abdel Aziz, on ne sait jamais quand est-ce qu’on pourrait vous sortir un rapport accablant, ou provoquer une mission d’inspection, dit un haut gradé de l’administration publique.’’
‘’ Vous comprenez bien que, nous, les soutiens de Mohamed Ould Abdel Aziz, n’avons rien contre ce ras-le-bol général. Nous sommes des simples salariés, nous faisons de la relation publique, au mieux. Nous ne pouvons pas contrecarrer des mouvements de colères commandités par une opposition qui mobilise toutes ses économies, aidée, en cela, par l’international islamiste et les pétrodollars monarchiques du Golfe, souligne un haut dignitaire du régime.’’

Les réalisations opérées sous l’impulsion de l’actuel président ne répondent visiblement pas aux attentes des populations. Même si elles sont bénéfiques, ces réalisations, elles n’arrivent, pourtant, pas à ‘’pénétrer’’ les cœurs des citoyens. Des cœurs, de plus en plus, d’ailleurs, impénétrables. ‘’Les voies du Seigneur sont impénétrables’’.  Certes. Dit l’adage. Mais, peut-être, qu’en Mauritanie, l’aphorisme s’altère quelque peu des voies devenues de plus en plus assourdissantes, d’une rue, désormais, de plus en plus bruyante, rendant, cette fois-ci, ‘’les voi(x)es du peuple impénétrables’’. 

Peut-être qu’il a bien raison, Mohamed Ould Abdel Aziz, de n’avoir cure des voix du peuple qui s’élèvent et qui vont parfois jusqu’aux murailles de son palais, de son jardin présidentiel. Lui qui est devenu maître des Céans grâce à la force militaire, ou de quelques officiers fidèles qui tiennent l’armée. L’Armée, celle-là, l’unique force, il faut le dire, qui, pour Mohamed Ould Abdel Aziz, demeure une véritable source de légitimité.

C’est, sans doute, une raison suffisante pour qu’elle soit épargnée de tout contrôle de gestion et du mépris vicéral que l’homme fort de Nouakchott voue à tous ceux qui, dans la civilité,  essaient de bouger, dans le pays. 

Abdelvetah Ould Mohamed
 

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