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Mohamed Ould Abdel Aziz : Bilan politique à mi-mandat


Actualité
Vendredi 20 Janvier 2012 - 20:01

Arrivé à la moitié de son premier mandat présidentiel, Mohamed Ould Abdel Aziz ne semble pas être tenté de s’identifier à une majorité propre à lui. Une majorité qui, non seulement l’accompagnerait dans son action politique, mais l’incarnerait et lui servirait de relais au sein de l’opinion. Pendant, sa campagne présidentielle de 2009, l’homme est apparu à travers son discours, comme celui qui était décidé à contourner, voire anéantir les éternels intermédiaires politiques qui étaient là, depuis longtemps, négociants, commissionnaires, s’achetant l’allégeance du petit peuple, à vils prix, le plus souvent, pour le compte du pouvoir en place, au tournant d’une campagne électorale.


Mohamed Ould Abdel Aziz : Bilan politique à mi-mandat
De l’énergie tous azimuts… Il faut dire que le général candidat, d’alors, s’était donné l’entière énergie pour briser, sinon faire gripper les chainons de la courroie de transmission, reliant le sommet à la base. Le sommet, qu’il était, qu’il est toujours, venait jusqu’au peuple, en libérateur d’une classe politique, disait-il, obsolète. Une classe politique, de surcroît, selon celui qui, à l’époque, se confondait, au moins, au niveau du discours, à un nouveau Robin Des Bois mauritanien, corrompue et impliquée dans toutes les malversations, sources de retard et d’arriération pour le pays. Entre deux sorties caustiques à l’adresse de ‘’la classe politique surannée’’, Mohamed Ould Abdel Aziz appelait accessoirement à un renouvellement de la classe politique. Tout au long de ces deux années et plus post élection, le président de la République qui est membre fondateur de l’UPR, le parti de la majorité, ou le premier parti de la majorité, s’est montré peu soucieux de l’apport du politique dans sa philosophie d’exercice du pouvoir. L’Union Pour la République était là, sans vraiment être là. Quelques sorties peu convaincantes qui manquaient cruellement de pertinence, des tiraillements pour rien, des combats d’arrières gardes mal nourris, bref un corps sans âme, ni esprit, ne pouvant parier sur un quelconque appui du président de la République.

Un Sursaut dans le néant… Le renouvellement de la classe politique, le président s’y est essayé. Des mouvements de jeunes sont nés sous son impulsion, d’autres sont récupérés, pour se retrouver, enfin, autour d’une formation, se réclamant de la Majorité, du Président même ; celui-là qui lui aurait choisi, soit dit en passant, le nom de ‘’ Sursaut’’. Un vocable qui certes déborde d’énergie, mais encore, faudrait-t-il, que le Président lui en insuffle une portion à même de faire sortir cette formation naissante ‘’des vœux cérémonials du baptême’’. Le Sursaut serait né, dit-on, pour brouiller la piste imperceptible déjà pour un UPR, s’agrippant depuis sa naissance sur un lampion sans suif, ni huile.

Les autres partis de la majorité ne sont pas dans le meilleur des mondes. La sortie du parti ‘’Adil’’, d’avant-hier, dans l’hôtel de l’Emira, avec comme thème de débat : ‘’Où va la Mauritanie ? ‘’ est, on ne peut plus, révélatrice. Il est inconcevable qu’un parti rejoignant, il y a quelques mois la majorité, ait assisté aux assises du dialogue national, puisse se poser pareille question. Si Adil ne sait pas où va la Mauritanie, ce ne sont pas des représentants du RFD, Tawassoul, UFP, entre autres mandataires ayant pris part à ce débat, qui disposent de la réponse. On a comme l’impression que Mohamed Ould Abdel Aziz ne voit pas grand intérêt dans la politique, toute la politique. La relation, des plus inconstantes, d’ailleurs, qu’il a toujours entretenue avec son opposition, tient, justement de l’idée que se fait l’homme du politique, en général.

D’alliances, hésitantes et méfiantes, en mésalliances, agressives et belliqueuses, Mohamed Ould Abdel Aziz a fait le tour et le détour de/entre Ahmed Ould Daddah, Messaoud Ould Boulkheîr, Tawassoul, par le truchement de Dedew et bien d’autres personnalités, issues pourtant de son premier carré de soutien. Entre ces tours de passes, l’opposition a perdu beaucoup de plumes. Affaiblie, autant que la majorité, elles n’arrivent plus à prendre en charge les revendications populaires. Dans une démocratie, relativement en marche, où une certaine cohérence prévaut, l’opposition est là pour récupérer, contenir, à travers le cadre de contestation légal dont elle dispose, toutes les colères contre le régime en place. Si, elle, à coup de marteaux, elle ne saurait se relever, la nature allait forcément convoquer son instinct premier et combler un vide dont, on le sait, elle a horreur.

L’émergence du discours identitaire…

Mohamed Ould Abdel Aziz : Bilan politique à mi-mandat
L’étouffement des cadres politiques, majorité et opposition confondues, ouvre, bien entendu, le boulevard à d’autres formes de contestations, et fait songer à une autre alternative comme cadre de recours. La montée en flèche des discours identitaires porté par des leaders nouvellement sortis ex nihilo explique un peu l’épuisement du politique. On se replie sur soi ; vers le carcan le plus réduit de la société pour chercher protection et répandre son discours. Depuis deux ans, on assiste à une parcellarisation des revendications sociales et économiques, faisant naître, réactiver, parfois, des mouvements à relents identitaires dont l’I.R.A (Initiative de la Résurgence du mouvement Abolitionniste), de Biram Ould Dah et Touche Pas à Ma Nationalité d’obédience négro mauritanienne. Les boucliers politiques à même de servir de soupapes de sécurité étant effondrés, le chemin vers la personne du Président de la République demeure, de facto, le mieux indiqué, le plus court. Ainsi, l’Autorité publique se retrouve dans la ligne de front.

Aujourd’hui, le pays vit, normalement, dans une période pré électorale. Si, on devait s’appuyer aux délais déjà arrêtés après report avalisé par la Conseil Constitutionnel, on est à moins de trois mois des élections municipales et législatives. Une période courte pour mettre en place tous les mécanismes et instruments décidés dans le cadre du dialogue survenu en novembre dernier, qui devraient assurer une certaine transparence des consultations. Aussi, s’ajoute à cela l’épineux défi de fiabilité d’un état civil, dont la période de péremption est épuisée, donc dans l’impossibilité technique de prendre en charge l’inscription des nouveaux adolescents qui ont atteint l’âge de vote et d’autres citoyens qui n’ont jamais été inscrits.

Des élections à multiples défis…

Le défi technique pour organiser des élections crédibles s’allie au défi politique. Un défi politique un peu oppressant pour un président de la République qui s’est habitué, jusqu’à présent, à réagir beaucoup plus qu’à agir. Une Majorité, on l’a dit, ci-haut, un peu perdue. Une opposition radicalisée. Et, à l’horizon se pointe une élection des plus incertaines. De toutes les façons, les choses ont réussi jusque-là pour Mohamed Ould Abdel Aziz. Réussies, au détriment de sa majorité qu’il n’a jamais épargnée, au passage, de lui faire subir quelques coups mortels, doublés de ses ‘’Sur-sauts’’ d’humeur. Réussies, aux malheurs, de son opposition, qui, elle, encore, a enduré de ces coups présidentiels. Dans pareille configuration, on ne saurait comment faire reconstituer la confiance, émiettée et morcelée, en mille lambeaux. Mohamed Ould Abdel Aziz aurait, peut-être, une recette. Pour lui, en tout cas, depuis 2005, les choses lui réussissent grâce à la solution radicale de Coup d’Etat. Contre Maaouya, elle lui a marché. Contre Ely Ould Mohamed Vall, elle lui a marché. Contre Sidi Ould Cheikh Abdallahi, elle lui a marché. La solution. A son premier mi-mandat, la chose lui réussit toujours. Du principe du Coup d’Etat, il opte, c’est normal, il n’y a pas de président, en face, pour les coups. Tout simplement : le coup.

Mais alors, toutes les entités politiques mauritaniennes sont anéanties. Plus personne qui n’ait enduré son coup. Qui reste ? Seul, lui. Et, lui seul saurait comment faire subir à Mohamed Ould Abdel Aziz un coup. Et, parce qu’il est président, et non pas un vulgaire politique qu’un simple coup réduirait en poussière, le coup devrait être nécessairement assorti d’une mention qui sied à la stature de l’homme.

Abdelvetah Ould Mohamed
Pour Biladi
Noor Info


              

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