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Mission d’Ançar Dine à Nouakchott : Négocier avec des Salafistes contre des Djihadistes


Actu Mauritanie
Dimanche 24 Juin 2012 - 16:16

Après avoir rencontré le médiateur de la Communauté ouest africaine dans la crise malienne, le président burkinabé Blaise Campaoré, une mission de la mouvance islamiste Ançar Dine est attendue à Nouakchott pour un entretien avec le président Mohamed Ould Abdel Aziz. En arrière fond, la gestion de la crise dans le Nord Mali, avec la donne terroriste et l’indépendance de l’Azawad, à l’heure où l’option militaire pour la réunification du Mali est sérieusement envisagée. Mais la question rocambolesque est de savoir comment délimiter la frontière entre Salafistes et Djihadistes ?


Mission d’Ançar Dine à Nouakchott : Négocier avec des Salafistes contre des Djihadistes
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A Nouakchott, l’actualité est dominée par la visite annoncée d’une mission du groupe islamiste Ançar Dine, lequel semble avoir choisi la Mauritanie comme une des étapes de la tournée qui les a déjà conduit au Burkina Faso et qui devra les mener vers d’autres capitales régionales comme Abidjan et Niamey. Aujourd’hui, ce groupe, qui s’est allié à Al Qaïda au Maghreb Islamique (Aqmi), est dominant dans le Nord Mali qu’il contrôle depuis la défection de l’armée régulière de ce pays. Le coup d’Etat survenu pendant la conquête de l’Azawad contre le président Toumani Touré et l’arrivée d’une junte militaire qui semble vouloir s’incruster au pouvoir ont davantage compliqué toute recherche de solution.

Cette crise politique qui sévit à la tête de l’Etat malien, avec un président intérimaire molesté et en soins à l’étranger, un premier ministre aux mains liées par la guerre de leadership au niveau local, donne du temps aux forces qui contrôlent le Nord pour fortifier leur présence militaire et marquer des points sur le plan diplomatique. Dans ce puzzle nord malien où s’entrecroisent les seigneurs de la guerre, et vrais détenteurs de la puissance au niveau interne, Ançar Dine et Aqmi, le MNLA (mouvement national de libération de l’Azawad) qui vient de mettre en place un gouvernement de transition après la proclamation de l’Etat azawadi, semble minoritaire. La Mauritanie, qui privilégie le dialogue pour résoudre la crise malienne, devient dès lors un interlocuteur privilégié.

La mission d’Ançar Dine discutera certainement avec les autorités de Nouakchott les modalités d’un dialogue pour résoudre la crise au Mali, comme elle l’a déjà fait avec le gouvernement burkinabé. L’émissaire Abass Ag Antalla avait en effet déclaré à la presse après son entrevue avec le président Blaise Compaoré que la démarche du mouvement Ançar Dine est de clarifier à l’opinion mondiale sa vraie position par rapport à la crise dans le Nord et d’affirmer son attachement au dialogue comme unique solution de sortie de crise. Ançar Dine dit accepter d’emblée la médiation burkinabé dans le conflit au Mali.

Le seul hic reste la détermination du mouvement à établir dans l’Azawad un Etat islamique rigoriste et son lien ombilical avec le mouvement Aqmi dont le président Blaise Campaoré a exigé la rupture avant tout dialogue. Dans ce cadre, les analystes ignorent encore jusqu’à quel degré la Mauritanie pourrait négocier avec un mouvement salafiste dont l’idéologie semble inébranlable. Nouakchott pourra-t-elle réellement négocier avec des alliés d’Aqmi dont il a déclaré la guerre et qui défendent la même philosophie religieuse ? La Mauritanie pense-t-elle pouvoir briser l’alliance Ançar Dine-Aqmi pour la remplacer par une alliance avec le MNLA ? Et si par contre, selon d’autres analyses, la mission d’Ançar Dine n’était seulement destinée qu’à mettre en garde ses voisins contre toute offensive militaire dans l’Azawad ?

Ce qui est sûr, l’échec du dialogue pour la résolution pacifique de la crise malienne ouvrira la voie à la guerre militaire que la CEDEAO tente d’arracher auprès du Conseil de sécurité. Jusqu’à présent les Russes opposent leur mauvaise volonté, sous la férule, dit-on de l’Algérie qui ne souhaite nulle présence militaire étrangère dans le Sahel. Pour les experts cependant, seules trois armées, mauritaniennes, nigériennes et tchadiennes, seront capables de s’aventurer dans le territoire hostile du Nord Mali. Les forces de la CEDEAO se contenteront peut-être dans le scénario envisagé, de se cantonner dans le Mali utile. On se rappelle que le président Mohamed Ould Abdel Aziz, dans l’interview accordée à France 24 avait déclaré que la Mauritanie pourrait envoyer ses hommes pour la réunification du Mali, à condition que cela soit sous mandat de l’ONU et de la communauté internationale.

Cheikh Aïdara
Pour l'authentique
Mamoudou Kane


              

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