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Mise au point sur l’affaire dite “Piraterie des appels téléphoniques”


Tribunes
Lundi 30 Décembre 2013 - 17:35

Un élément d'information paru dans des medias mauritaniens le vendredi 27 décembre a extrapolé sur les raisons qui ont conduit à ma garde-à-vue au commissariat de Ksar-2 à la Socogim PS. Pour qu'aucun doute ne subsiste sur le malentendu qui a conduit à cette situation, cette mise au point chronologique qui suit n'est pas inutile:


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Tout a commencé il y a quelques semaines : un partenaire potentiel d'une société de courtage de minutes de communication achetées au opérateurs, souhaite acheter des minutes sur le marché mauritanien, que je lui décris. En conclusion, il demande si c'est possible d'acheter et revendre du crédit, comme ça se fait partout dans le monde.

Ma réaction immédiate a été d'aller jeter un œil sur le site de l'Autorite de régulation économique (ARE). Je découvre un vide juridique, et j'en conclus que j'ai le droit d'acheter du crédit et de le revendre, partant du fait commercial et légal que ce que j'achète m'appartient. De là, il m'a proposé une collaboration pour mettre en place via internet et des serveurs, un système d'achat et de vente de crédit utilisable à l'international, via le système VOIP. Cela passait par des dizaines de puces à acheter, et les charger durant les opérations de bonus pour bénéficier des minutes moins chères.

Le 19 décembre mon matériel était installé, et j'ai lancé 
cette activité. J'ai acheté mon premier lot de crédit Mattel, puis injecté dans les puces. 24h après toutes les puces activées étaient bloquées par l'opérateur Mattel. Tout naturellement je suis allé voir l'opérateur à qui j'ai présenté le problème tel quel, en toute bonne foi, en pensant que le blocage était simplement lié à un problème technique. La dame qui s'est occupée de moi à l'agence m'a signifié son incapacité de voir le problème et me propose de revenir le lendemain. Je laisse ma pièce d'identité pour marquer
mon empressement de voir le problème réglé. 24h après, les autres puces que je charge sont également bloquées.

Là je me rends compte qu'il y a un vrai problème. Je vais voir la 
direction générale, et j'explique le cas. Mattel me dit que les puces sont déclarées volées et donc de voir avec la personne qui me les a vendues. Je vais voir mon vendeur à qui je demande de régler le problème.

Le monsieur y va (jeudi dernier), et m'appelle le jour même pour le voir dans sa boutique en me disant que le problème était réglé. C'est la que je trouve deux messieurs : l'un se présente de l'ARE, et l'autre de Mattel, me demandant de justifier la destination des puces. Je leur réponds directement et honnêtement qu'elles sont destinées à un client. Ils ont insisté pour que je nomme mon client, au cas contraire ils m'ont menacé de la police. À ce moment je comprends qu'il y a quelque chose de grave qui m'a échappé. Et je précise que je suis lié à une société de courtage à qui je revends des minutes. On me dit que c'est de la fraude et que je n'ai pas le droit de le faire. On m'a alors accusé de faire partie d'un réseau qui opère depuis des mois! Alors que j'avais commencé quelques jours à peine auparavant. On me dit qu'une double plainte sera déposée par l'ARE et Mattel, pour vol.

Tout mon matériel a été confisqué, et on m'a placé en garde-à-vue dans la foulée au commissariat de la Socogim PS. Ils me posent des questions sur les "quand, quoi, qui, comment" de l'affaire et j'y réponds sans rien esquiver, la conscience tranquille. Et tout ce que je leur ai dit peut être prouvé, car dans la communication et l'information, les activités laissent des traces!
 
C'est alors qu'ils m'expliquent que ce que je fais s'appellent dans le jargon des télecoms, une "terminaison" et qu'on ne peut le faire sans autorisation expresse de l'ARE. À ce moment on m'interroge sur des sujets qui me semblaient loin de l'affaire : si j'étais marocain avant d'être mauritanien, sur ma naissance au Sénégal... Avec le temps j'ai compris qu'ils voulaient lier cette histoire à un réseau marocain capté ici il y a quelques mois, qui faisait de la "terminaison".

Je leur ai dit n'avoir rien à voir avec cela. Ni mon partenaire. Les policiers pendant quelques heures ont pensé que cette histoire commerciale avait des racines liées à la sécurité nationale. Du coup ma demande de libération sous garantie a été refusée. Seul le procureur pourrait me libérer. À ce stade dans ma tête, je suis toujours dans mon plein droit.

Il a fallu 24h pour qu'ils comprennent que l'aspect sécuritaire concernant le pays n'avait rien à voir dans ce cas de figure. Encore aujourd'hui aucun texte de l'ARE n'interdit cela même si les professionnels dans le secteur disent que la pratique n'est pas acceptée. L'article 28 de la section 4 des textes de l'ARE dit explicitement que "tout réseau ou service de télécommunications ne relevant ni du régime de la licence, ni du régime de l'autorisation
peut être établi et/ou exploite librement".
 
Je travaille avec ce milieu depuis des années, avec la plupart des opérateurs, et n'ai jamais été lié à de mauvaises pratiques professionnelles, ni de près, ni de loin. Si on peut me reprocher quelque chose aujourd'hui, c'est d'avoir fait preuve de légèreté avant de me lancer dans une telle opération commerciale. Je me suis simplement dit : "En payant du crédit Mattel ce crédit m'appartient", d'autant que cette pratique se diffuse partout dans le monde.

Tout ce que j'ai dit dans le PV, lors de la garde à vue, peut être vérifié et je le maintiens. J'ai coopéré et n'ai rien caché sur le fond simple: j'ai acheté du crédit et le revends.

Karim Kabage

Mamoudou Kane


              

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