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Noorinfo

Ministres en Vacances…


B'il a dit
Jeudi 20 Août 2015 - 20:01

Le gouvernement est rentré, officiellement, en vacances depuis le premier août. C‘est-à-dire que pendant ce mois, le conseil hebdomadaire des ministres ne se réunira pas autour de sa table et de son président. Chacun prend congé de l’autre…


Ministres en Vacances…
Et nous prenons, nous, congé de ces gens qui nous cassent les tympans par des réalisations qui ne sont pas des réalisations et un bilan qui n’est pas celui d’un ministre qui se respecte et qui se prend au sérieux et qui donne souvent l’impression de s’excuser d’être là. Même s’il est généralement las. Lui qui a été déniché d’on ne sait pas d’où et, surtout, pourquoi faire…
 
Ces gens donc qui n’avaient strictement rien à faire sont fatigués de ne rien faire et ont donc pris la décision ferme d’aller en vacances de ‘’ce ne rien faire’’ accablant et pour le moins insupportable.
 
Que fais un ministre des ses vacances, lui qui n’a rien fait pendant les mois supposés de boulot et pendant lesquels il n’a franchement rien fait, rien entrepris, rien réalisé ? Sauf à subir, de temps à autre, les humeurs du patron… Par les temps qui courent, le premier boulot d’un ministre, sinon l’unique, est d’être le souffle douleur de son patron.
 
Une fonction pourtant que les soutenants s’arrachent sur la place publique et ne rêvent que de l’occuper même dans les pires des conditions … Pour aborder les vacances ministérielles, il faut savoir qu’il y a une différence entre le premier des ministres et les ministres tout court.
 
Le premier des ministres est quelqu’un qui est sensé être, du moins protocolairement, la deuxième personnalité de l’exécutif. Une position qu’il ne faut surtout pas prendre au sérieux dans la mesure où elle ne correspond, dans la réalité, à rien. Un PM avec un hyper président n’a généralement aucune fonction.
 
Il est là juste pour la forme ou pour embêter les autres pour leur dire que le dossier a été envoyé à la primature. Ou qu’il faut  attendre l’avis du PM qui, le pauvre, conformément à son statut et à son faux grade, ne doit pas avoir d’avis s’il ne cherche pas à être renvoyé, le lendemain, compter les poteaux de la SOMELEC.
 
Quelque soit la réalité de son statut, l’actuel premier ministre le prend au sérieux, même s’il continue de lutter pour recouvrer le statut entier de son prédécesseur, dans le cœur du chef. Son voyage pour les vacances a été long et ponctué de quelques agréables arrêts pour le repos ou pour la fête.
 
Il a voyagé, un matin de Nouakchott, s’est arrêté dans les environs d’Aleg, là où avaient été assassinés les touristes français en 2007, pour prendre son déjeuner avec le Wali de la région. Deuxième arrêt à Aioun où il a passé la nuit après un pénible retard provoqué par l’inondation de la passe de Diouk.
 
Après Aioun, il y aura l’accueil festif à Aweynat Zbel avant la destination finale, Digueni, où il a été accueilli, en grandes pompes, par tous les siens. Sur le chemin de retour, des accueils festifs à Timbedra et Tintane avant de regagner la capitale et reprendre ses fonctions de figurant ou de meuble du système.
 
Quant aux ministres tout court, c‘est-à-dire cette première vague, ils se sont dispersés dans la nature et n’ont plus donné de leurs nouvelles. Et personne ne court derrière eux ou ne cherche à savoir ce qu’ils font –ou ne font pas- exactement. Ceux qui n’ont pas pris de congé donnent l’impression de continuer à travailler, mais en dehors de Nouakchott où ils vont parfois en meutes pour visiter une école, un dispensaire ou une route qui ne se réalisera jamais…
 
B‘...
 
La Dèche…
 
Cette année 2015 est pour le point difficile, très difficile pour notre pays sur le plan financier. Au moins deux mamelles, la SNIM et les dividendes et impôts versés par les entreprises étrangères qui exploitent l’or en Mauritanie, ont été coupées à cause des difficultés que connait le secteur minier dans le monde et qui ont provoqué des chutes drastiques dans les prix des matières premières.
 
Peu prévoyant, le gouvernement du président Aziz n’a tout simplement pas prévu ce cas de figure dans ses calculs et, comme la cigale, a dilapidé, sans penser à l’avenir, les ressources abondantes des années dernières et se présente aujourd’hui bredouille. Sans le sous. Ou presque.
 
N’eut été la chute des prix du pétrole sur le marché international et les revenus par conséquent faramineux (entre 40 et 60 milliards ouguiyas l’an) engrangés  par l’Etat, ça aurait vraiment la catastrophe pour boucler le budget 2015 qui, en plus de cette cagnotte imprévue, a profité de la signature de l’accord de pêche avec l’Union européenne et la contribution financière généreuse des Saoudiens pour appuyer ce budget.
 
Même avec tout cela, l’Etat ne semble pas encore tiré d’affaire et chercherait même à signer un nouveau programme avec le FMI, le gendarme des marchés financiers qui a quand même une très mauvaise réputation dans notre pays, pour ne pas dire dans tous les pays du monde. Depuis 2012, la Mauritanie a cessé d’avoir un programme avec le FMI.
 
En mars 2010, un programme de réformes triennal (2010-2012), au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) avait été conclu avec lui. A la fin de ce programme, le pays, au plus fort moment de l’envolée des prix des matières premières, affichait une bonne santé financière et ne sentait pas du tout le besoin de se faire lier les mains à travers un programme du FMI qui, pourtant, a continué de nous surveiller à travers l’arrivée constante de ses missions de revue et de contrôle.
 
Mais le fait de ne pas être directement sous programme du FMI donnait une large marge de manœuvre au gouvernement qui n’a cessé de s’endetter pendant cette période. A tel point qu’on parle aujourd’hui d’une dette abyssale de plus de quatre milliards de dollars. Une dette qu’on commence à payer déjà depuis le début de cette année 2015.
 
D’ailleurs le service de la dette serait, annuellement, de quarante milliards ouguiyas.
Afin de faire face à cette conjoncture difficile marquée par une grande dèche publique, le pouvoir n’aurait plus d’autre choix que de se soumettre au diktat du FMI.
 
Et si cela devrait arriver, il se manifestera par le gel des maigres salaires de la fonction publique et par des coupes drastiques dans les budgets de l’Education et de la Santé. Alors, serrez les ceintures, les jours à venir pourront être franchement difficiles, particulièrement pour les couches les plus démunis, celles-là même qui, à priori, sont chères au chef de la rectification.  
 
B‘...

rmibiladi
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