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Ministère de l’environnement : Muté pour avoir dérangé un système mafieux


Tribunes
Vendredi 31 Août 2012 - 18:11

Suite à un débat télévisé organisé le 27 mai 2012, Boully Traoré été muté à Chami, une ville en construction et donc complètement déserte, pour subir par la suite une suspension de son salaire. Le ministère de l’environnement au sein duquel il est employé lui reprocherait le fait qu’il ait réclamé l’application du décret relatif au SMIG et de «déranger le système mafieux» en place. Taqadoumy publie dans son intégralité la lettre ouverte adressée par Boully Traoré au président de la République pour réclamer ses droits.


Ministère de l’environnement : Muté pour avoir dérangé un système mafieux
Excellence,

Etant Délégué du personnel, victime d’abus de pouvoir et de discrimination dans le cadre du travail, je viens par la présente sur le différend de travail m’opposant au Ministre Amedi Camara. Tout en espérant que la justice sera rendu à qui de droit.

En effet, tout est parti du 27 Mai dernier à la veille de l’émission télévisée du ministre Camara Amedi, les journalistes en avaient profité auprès de moi en tant que délégué du personnel pour recueillir des informations sur la situation des travailleurs.

J’ai eu à formuler notre souhait pour l’application du décret 2011 sur le SMIG alors cette déclaration étant considérée par le Ministre comme crime. Le Ministre colérique et suffisamment d’ailleurs pour convoquer son secrétaire général auquel il ordonne de rédiger ma note d’affectation à CHAMI .Une localité située à 250km sur l’axe de Nouadhibou .Pour ceux qui ne la savent pas, CHAMI est une nouvelle ville en construction .Il n’y a personne encore sauf les bâtisseurs de chantier. Ainsi la note fut rapidement écrite et signée le 28 Mai et m’a été transmise le lendemain. Cette affectation est illégale et arbitraire car non seulement j’étai surpris par cette mesure mais aussi mon contrat est régi par les dispositions générales de la convention collective du travail : je ne suis ni fonctionnaire, ni membre du personnel non permanant mais plutôt un simple contractuel de votre programme de protection de Nouakchott dont les activités s’exercent sur toute l’étendue de cette ville et ses environs selon l’article 6 de mon contrat de travail.

Alors je suis mis sous pression pour quitter la ville au plus vite comme preuve le 03 juin une note de mise en demeure m’a été remise en main propre pour quitter la ville dans 48 heures. J’ai cherché à comprendre le pourquoi en saisissant le Ministre pour m’expliquer et obtenir en contre partie des éclaircissements sur cette situation. L’entretien avec le Ministre a eu lieu en présence de maitre Mohamed Yeslim Ould Mohamed Lemine secrétaire général du département ; Sidi Mohamed Ould Lehlou responsable du programme littoral ; Bamody Diakité ex –coordinateur du programme.

Dans les discussions le Ministre a dit : «Boully, tu es un fils du Guidimakha et moi aussi. Tu es soninké et je le suis. Il n’y a aucun lien de parenté entre nous», avant de me renvoyer de son bureau.

Au cours de nos discussions, le Ministre a dit que c’est sur proposition de l’ex coordinateur que la décision d’affectation est prise du fait que je dérange le système mafieux. Alors le Ministre et son ex coordinateur ont suggéré à ce que je sois écarté en m’affectant à CHAMI pour travailler avec les militaires. J’ai considère que cette mesure était en violation de l’article 68 de la convention collective du travail de 1974 qui stipule que le délégué du personnel ne peut pas être déplacé contre son gré pendant la durée de son mandat même si le programme n’était pas régional .Cet acte vient également en violation de l’article 267 de la loi N° 2004-17 portant code du travail en Mauritanie qui interdit à tout employeur de prendre des mesures disciplinaires à la suite des activités syndicales du délégué.

Le Ministre et l’ex coordinateur se rejetaient la responsabilité de mon affectation arbitraire.

Enfin le Ministre a pris la décision ultime de mon affectation quitte à violer les textes sous prétexte que cette décision est irrévocable et que je devrai accepter ou démissionner .j’ai rejeté en bloc toute décision visant à violer les textes contractuels. Le 10 juin 2012, je devais prendre mon congé de 2010-2011 qui m’était au par avant empêché pour une première fois et le Ministre abuse de nouveau de son pouvoir pour me contraindre à rester pour nécessité de service et me privant de toute notification écrite ni indemnisation. Le 02 juillet les comptes du personnel sont alimentés mais mon salaire étant suspendu sans préavis alors que j’ai une fiche de présence en bon et du forme : le Ministre affirme avoir pris cette mesure arbitraire et injuste en abusant de son pouvoir. Je rappelle que c’est une consigne verbale qui a été donnée par le Ministre aux responsables du programme pour le blocage systématique de mes salaires. Alors cependant, la goutte fait déborder la vase et déclenchant un mouvement de protestation du personnel .Cette situation a mis les feux aux poudres et rendu les travailleurs extrêmement mecontents qui assiègent les bureaux du Ministre pour exprimer leur désarroi et leur mécontentement face au non respect des dispositions de la convention collective du travail et appelant à l’amélioration de leurs conditions socioprofessionnelles. Le Ministre profitant du climat se débarrasse de son ex bras droit qui était jusqu’à là coordinateur du programme. Quant au sort du délégué, le Ministre adopte la stratégie de blocage de ses salaires en cette période des vaches maigres et surtout en ce mois béni du ramadan. Je rappelle également que mon salaire de juillet étant également suspendu.Par ailleurs le Ministre a effectué des visites auprès du personnel de PSPVN à la pépinière de tounsouelim en menant une campagne d’explication et d’instrumentalisation sur notre différend qu’il qualifie de problème pour l’ethnie soninké. Or que tout est parti d’une déclaration du délégué réclamant une revalorisation du SMIG pour un personnel.

Excellence,

je prie d’intervenir pour le règlement de ce différend qui a pris une tournure purement d’abus de pouvoir et de discrimination par le Ministre envers le délégué du personnel ceci en violations de l’article Premier de la déclaration universelle des droits de l’Homme qui a proclamé que tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. En violation de la constitution Mauritanienne qui stipule dans son article Premier que toute propagande particulariste de caractère racial ou ethnique est punie. ET enfin conformément aux dispositions de l’article 335 du code de travail je réclame le devoir de justice et de repartions c’est à dire : Le respect des dispositions des articles du code de travail et convention collective pour mon affectation ; l’indemnisation de mes droits de congés 2010-2011 et 2011-2012, en plus le paiement de mes salaires de juin et juillet 2012 ainsi que les dommages et intérêts.

Le délégué du personnel
Boully Aly Traoré
Mamoudou Kane


              

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