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Mines : Le négociant Glencore et le minier Xstrata s'accordent sur les termes de leur fusion


Economie
Lundi 1 Octobre 2012 - 09:50

Il aura fallu près de huit mois de rudes négociations, l'aide de l'ancien premier ministre britannique Tony Blair et le relèvement du prix d'achat pour que le négociant Glencore et le mineur Xstrata, tous deux basés à Baar dans le canton de Zoug (Suisse), s'accordent, lundi 1er octobre, sur les conditions de leur fusion "entre égaux". Ils ont proposé à leurs actionnaires respectifs d'approuver leur accord.


Manifestation lors d'une assemblée des actionnaires de Xstrata, le 7 septembre à Zoug. | AFP/FABRICE COFFRINI
Manifestation lors d'une assemblée des actionnaires de Xstrata, le 7 septembre à Zoug. | AFP/FABRICE COFFRINI
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Depuis la première offre du 7 février, Ivan Glasenberg, le patron de Glencore qui détenait déjà 34 % de Xstrata, a dû surmonter nombre d'obstacles. Le principal était les termes de l'échange d'actions devant permettre de constituer le quatrième groupe minier mondial avec 70 milliards de dollars de capitalisation et 130 000 salariés dans 40 pays.

Son offre de 2,8 actions de Glencore pour une de Xstrata a été refusée par d'importants actionnaires de la société minière, notamment le fonds souverain du Qatar Holding (12 % du capital), le fonds Blackrock, le fonds souverain norvégien ou l'assureur Standard Life qui demandaient 3,25 actions Glencore.

Après une médiation réussie de Tony Blair, M. Glasenberg acceptait de relever son offre à 3,05 actions Glencore pour une action Xstrata, le 7 septembre, ce qui porterait le coût de la fusion à 36 milliards de dollars.

Le deuxième écueil était la composition du directoire de la nouvelle "Glenstrata" où les dirigeants de Xstrata craignaient d'être marginalisés. Certes, M. Glasenberg prendra le commandement du nouvel ensemble, mais six mois après la création que Mick Davis, le patron de Xstrata, est chargé de mener à bien avant de s'en aller. Le nouveau conseil comportera onze membres dont six de Xstrata.

Troisième difficulté : la "prime de rétention" de 226 millions de dollars fixée pour persuader les cadres supérieurs de Xstrata de ne pas abandonner la société pour laquelle ils représentent des atouts essentiels. Qatar Holding en acceptait le principe, mais pas Blackrock par exemple.

Pour contourner ce dernier obstacle, il a été décidé de ne pas faire dépendre la fusion d'un accord sur la prime contestée et de disjoindre le vote portant sur l'accord de fusion proprement dit de celui portant sur la prime.

60 % DU MARCHÉ DU ZINC

Dans le premier cas, une majorité de 75 % des voix sera requise, Glencore ne pouvant participer au scrutin. Dans le second, 50 % des voix seulement seront nécessaires. Le vote des actionnaires concernés devrait intervenir d'ici la fin du mois de novembre.

Le mariage d'un des principaux négociants de matières premières avec un mineur de cette taille présente de nombreux avantages. Il permettra à Glencore de diluer ses fortes dettes dans la nouvelle société. Il assurera au négociant dont la marge bénéficiaire est faible (3,7 % sur les métaux et minerais en 2010) de profiter de la marge confortable des mines (25,5 %).

Surtout ce rapprochement permet de compenser les aléas de chacun des deux métiers. En effet, en cas de crise comme celle en cours, les entreprises minières pâtissent des baisses de prix, mais le négoce profite de la volatilité des cours. Quand les marchés sont plus sereins, le négociant a moins d'opportunités de spéculation, mais le mineur réalise des bénéfices assurés.

Si la fusion se réalise d'ici la fin de cette année, ce sera la seconde par la taille de l'histoire du secteur minier après celle de l'anglo-australien Rio Tinto avec le canadien Alcan (aluminium) pour 38 milliards de dollars, en 2007.

On voit mal les autorités de la concurrence l'interdire, mais les ONG, comme la suisse "Déclaration de Berne" ne manquent pas de dénoncer la constitution de ce mastodonte qui contrôlera peu ou prou 60 % du marché mondial du zinc, plus de 50 % de celui du cuivre et des parts importantes de celui du charbon-vapeur.

Lu sur lemonde.fr
Mamoudou Kane


              

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