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«Meeting du ras-le-bol»: Quoi après la grande mobilisation ?


Actualité
Jeudi 15 Décembre 2011 - 17:01

La Coordination de l’Opposition démocratique (COD) a organisé, hier, son «meeting du ras-le-bol populaire». Ce meeting marque, selon elle, le début d'une nouvelle phase de confrontation avec le pouvoir. C’est le premier rassemblement populaire de la COD après le départ non annoncé de l’APP et d’El Wiam.


«Meeting du ras-le-bol»: Quoi après la grande mobilisation ?
Le poids des idéologies

La cours sise, au nord de la Mosquée Ibn Abbas, a été remplie.  Le public aurait atteint des milliers. Mais, les discours prononcés n’ont pas connu un grand changement, pour coller à l’intitulé de meeting du «ras-le-bol».

La première remarque qui attire l’observateur c’est la présence massive des militants du parti islamiste Tawassoul, de la Cellule de Crise, dissident de l’APP, et ceux de l’ex-directeur national du Procapec, Ahmed Ould Khattry. L'empreinte des islamistes est éclatante dans le choix même du slogan: «meeting du ras-le-bol populaire» renvoie aux «vendredis de colère populaire» décrétés par les islamistes des pays qui ont connu des révolutions. Il semble que le succès de l’islamisme dans le monde arabe a stimulé le zèle des militants de Tawassoul. Celui-ci s’était d’ailleurs engagé, lors d’une réunion préparatoire, à mobiliser au moins 5000 militants.

Ainsi, Tawassoul aurait comblé l’éventuel vide qu’aurait pu provoquer l'absence de deux partis de grande taille, l’Alliance Populaire Progressiste et El Wiam. Reste à savoir si les islamistes mauritaniens seront capables d'assurer ce flux chaque fois que le besoin s'en fait
sentir ? S’ils iront plus loin ? Jusqu’à déclarer la révolution ? Unilatéralement ?
Quant à la Cellule de Crise, elle a voulu envoyer trois messages. Premier message: le mouvement El Hor existe encore et ne peut disparaître aussi simplement. Deuxième message: la CC est son héritier légitime. Troisième message: la CC est le challenger de l'aile de l’APP qui a choisi le dialogue.

Enfin, Ould Khattry aurait voulu dire, par cette démonstration de force, que quelque chose bouge au sein du parti UNAD qu'il vient de rejoindre. Ainsi, pourrait-il prétendre l’hérédité de Boïdiel Ould Hoummeid et Messaoud Ould Boulkheïr au sein de la COD ?


«Meeting du ras-le-bol»: Quoi après la grande mobilisation ?
Trois non catégoriques

Ahmed Ould Sidi Baba, président du Rassemblement pour la Démocratie et l'Unité (RDU), qui s’était fondu dans le parti Adil, a déclaré: «contrairement à ce qu’on nous en accuse, nous n’appelons pas à une révolution». Toutefois, il a critiqué la souffrance des mauritaniens dus à «l'injustice, l'oppression, la marginalisation, la faim et le sous-développement». Ajoutant que «la vendeuse du couscous, le chauffeur, l'employé et le boutiquier ne sentent pas qu’il y ait une amélioration de leurs revenus».


Le député UFP, Mohammed El Moustapha Ould Bedreddine, a vivement critiqué la politique de réhabilitation des bidonvilles. Il a dit que: «le premier ennemi des gens d’el gazra est Ould Abdelaziz». Ensuite, a-t-il dit, «eux, ils étaient à l'aise à leurs bidonvilles, jusqu'à ce que surgisse le système actuel pour orchestrer une discrimination contre eux : ils reçoivent des terrains de 10 m² à 15 m² au moment où leurs frères de Tevragh Zeina se dotent de terrains de plus de 600 m².
Ould Bedreddine a dit que les forces publiques ont attaqué un rassemblement de personnes à Fallouja. Ils ont arrêté certains individus, dont une «vieille femme a disparu depuis» et «un bonhomme dort sur les lits de l'Hôpital Cheikh Zayed».


Le président de la Convergence démocratique, Me Mahfoudh Ould Bettah, a consacré son intervention à la politique de réduction des prix, qu'il a décrite comme «une tentative de détourner les gens des vrais problèmes de la Mauritanie».


«Meeting du ras-le-bol»: Quoi après la grande mobilisation ?
Excuses

Le président du Parti mauritanien de l’Union et le changement (Hatem), Saleh Ould Hanenna, est allé plus loin. Il s'est excusé auprès du peuple mauritanien pour la position de soutien qu'il avait prise à un certain moment, en faveur de Ould Abdelaziz. Une position justifiée alors, selon lui, par le discours adopté par le président ; et en particulier sur trois points: sa promesse de suspendre les relations avec «l'entité sioniste», sa lutte contre la corruption et ses aides aux pauvres. Aujourd’hui, a-t-il poursuivi, ce discours s’est avéré une ruse. Arguant que «sous ce pouvoir, il n’y a jamais eu de procès contre les détourneurs des fonds public ». Ajoutant que «le titre du ‘Président des pauvres’ est un mépris pour les pauvres». Concluant que «la rupture
des relations avec l’entité sioniste a eu lieu dans des circonstances particulières » et ne peut être considérée comme une réalisation du système.


«Meeting du ras-le-bol»: Quoi après la grande mobilisation ?
L'amnistie en échange du pouvoir

Le chef de file de l'opposition démocratique et président du RFD, Ahmed Ould Daddah, a choisi d'orienter son discours vers l'Armée. Il l’a appelée à abandonner la politique, et de se consacrer à son premier rôle à savoir la défense de la patrie. Ould Daddah a, pour la première fois, proposé à Ould Abdelaziz l’amnistie contre le pouvoir : «nous le pardonnerons et lui laisserons tout ce qu’il a pillé s’il démissionne de la présidence et remet le pouvoir aux civils», a-t-il dit. Tout en l’appelant «à comprendre le message avant que ça ne soit trop tard».


Mechri Ould Rabbany


              

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