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Médias: Serions-nous plus heureux sans les informations ?


Lu sur le web
Samedi 18 Avril 2015 - 03:00

L’écrivain et scénariste britannique Jesse Armstrong est accro à l’info, au point de ne pas réussir à se détacher des gros titres pendant plusieurs minutes. Alors il s'est fixé un défi : pas d’infos pendant un mois.


Médias: Serions-nous plus heureux sans les informations ?
“The Guardian, le matin. Radio 4, toute la journée. Les sites de la BBC, BBC Online, du Guardian et Twitter ouverts toute la journée sur l’ordinateur.” Voilà comment Jesse Armstrong décrit sa consommation quotidienne d’informations. Sur le site du Guardian, il a raconté son expérience  de désintoxication : un mois sans informations.
“Quand j'ai commencé mon sevrage, les repères de ma journée ont disparu. Si je n’écoutais pas World at One [une émission d’information de BBC Online], pourquoi prendre ma pause déjeuner à 13 heures ? […] Sans aucun site d’info à aller regarder, me voilà perdu pendant mes pauses.”
 
L’écrivain et scénariste commence alors à ressentir un appétit dévorant pour les infos qu’il a laissées en suspend : Syriza, l’organisation Etat islamique (EI), Podemos, etc. “Me voilà plein de curiosité et de peur de rater quelque chose.”


Mais les jours passent, et l’écrivain commence à changer. “Je me sens légèrement plus joyeux, plus léger. Le matin, je regarde mes courriels, et une fois que c’est fait, je n'ai pas d’actu à aller lire. Pas de débat avec moi-même sur  Charlie Hebdo. […] Pas de tentative de mettre les événements en perspective, ou de formuler une théorie sur le libéralisme.”Cette liberté a-t-elle un coût, s’interroge Jesse Armstrong. “Est-ce grave que je ne sache pas ce qui se passe en Syrie ? Même si je suis impuissant, j’ai la sensation que la culpabilité est importante. C’est notre tribut de nous sentir coupable face à tout cela.”

 Twitter ? facile. Les journaux du week-end ? plus difficile
Jesse Armstrong décrit précisément sa sensation de manque : il n’a aucun mal à renoncer à Twitter. Les journaux du week-end, en revanche, sont ceux qu’il regrette le plus. Il raconte aussi sa panique lorsqu’il entend un collègue évoquer le “scandale HSBC” et qu’il redoute de perdre sa maison. Avant d'être rassuré par sa famille, qui refuse malgré tout de lui dire quoi que ce soit sur l’affaire SwissLeaks.
 
Sur la durée, il commence à apprécier de ne pas être au courant de ce qui se passe, et à être plutôt serein. “C'est sans doute important que quelqu’un soit au courant de tout ce qui se passe d’horrible dans le monde. Mais faut-il que ce soit moi ? Je me suis construit mes petites opinions au fil du temps, et j’ai du mal à imaginer qu’une info puisse réellement m’influencer.  L’info n’est plus qu’un grand système qui me permet de me conforter dans mes préjugés sur le monde.”

Un mois rattrapé en une matinée

C’est par les résultats sportifs que Jesse Armstrong remet un pied dans l’information. Puis, il demande un résumé exhaustif de ce qu’il a raté pendant les trente derniers jours. “HSBC, Straw et Rifkind deux anciens ministres britanniques pris [en flagrant délit de corruption ], les adolescentes qui ont fugué en Syrie, Poutine et [le meurtre de Boris Nemtsov , l’Ukraine, Syriza. Un mois loin de tout ça, une matinée pour tout rattraper.”

Jesse Armstrong va-t-il prendre de nouvelles habitudes après son expérience ? “Un peu moins de Twitter, beaucoup moins de journaux gratuits”, assure-t-il. Et de conclure : “Ce que nous lisons ou regardons est un reflet de ce qui nous intéresse et de ce que nous sommes ; difficile d'y échapper.”

Source: Courrier International
Noorinfo


              

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