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Mauritanie : un scandale politique peut cacher un scandale financier


Tribunes
Vendredi 11 Novembre 2011 - 17:28

Alors que le spectre de la famine plane sur le pays, le gouvernement de Ould Laghdaf récompense les acteurs de la commission de suivi du dialogue « national » à peine installés dans leurs fonctions en offrant la coquette somme équivalente à plus de 18 millions d’ouguiya par mois pour les 10 personnalités en plus d’une villa luxueuse à leur disposition.


Mauritanie : un scandale politique peut cacher un scandale financier

La grosse part du gâteau revient aux coordinateurs de la nouvelle instance Boidiel Ould Houmeid  et Ould Bahiya avec 3 millions d’ouguiya chacun par mois l’équivalent du salaire du  premier ministre. Pour les huit autres, 1,6 million d’ouguiya par mois. C’est une révélation cette semaine du journal indépendant mauritanien l’Authentique publiée par le site électronique Cridem.

Une scandaleuse mutation d’un commandant gendarme présumé criminel la semaine dernière peut cacher un autre scandale cette semaine. Récompenser les acteurs du petit comité chargé du suivi des «  accords de Nouakchott » alors que les mauritaniens font face à la détérioration de leur pouvoir d’achat. Pour les observateurs, cette conduite inattendue des autorités de Nouakchott laisse croire qu’elles peuvent prendre toutes les mesures même les plus sordides pour prévoir tout ce qui pourrait les nuire.

C’est précisément ce que vivent aujourd’hui les nouakchottois. Une sorte de feuilleton sans fin qui vient de dévoiler son deuxième acte, un cadeau à la commission du dialogue « national » à la veille de l’Aïd El Kébir c’est un peu fort. Cette révélation du journal l’Authentique tombe à pic. Elle fait plus grincer beaucoup de dents à Nouakchott et à l’étranger. Au moment surtout où le spectre de la famine plane sur le pays, il est illogique et toujours bien triste de voir un gouvernement torpiller les espérances des populations par des rémunérations absurdes à des personnalités dont la  plupart sont issues de l’ancien régime de Ould Taya représentées au premier chef par l’ancien baron du PRDS et  chef du parti El Wiam Boidiel Ould Houmeid.

Il s’agira pour le contribuable mauritanien de payer une note salée estimée à plus de 18 millions d’ouguiya par mois  pour l’ensemble des membres de la commission sans compter les millions d’ouguiya déjà dépensés pour les assises. Il faudra ajouter une villa luxueuse mise gracieusement à leur disposition. L’autre partie invisible de l’iceberg c’est que ce comité restreint de 10  est censé de  travailler avec des experts en particulier des juristes. Un travail qui n’est pas pour le moment comptabilisé pour  la nouvelle constitution  qui devra inscrire en lettre d’or la criminalisation des coups d’Etat et de l’esclavage. C’est encore une fois les caisses de l’Etat qui en feront les frais. Jusqu’où iront ces gouvernants charitables?

C’est un scandale financier et politique à la fois qui interpelle l’opposition. Les dix leaders des partis de l’opposition absents au rendez-vous doivent jubiler en pensant que ces accords étaient bel et bien biaisés au départ même si les dissensions  au sein de la COD ont permis au président Ould Aziz d’aller jusqu’au bout de sa logique comédie. Pour les observateurs, cette conduite incohérente du gouvernement  suscite beaucoup d’indignations. Elle est  en contradiction flagrante  avec  la lutte contre la gabegie et la corruption, cheval de bataille de Ould Aziz depuis juillet 2009 .Un symbole qui ne signifie plus rien  à partir de maintenant aux yeux de la société civile. Chaque jour qui passe donne lieu à la découverte de scandales comme si les vrais délinquants financiers sont aujourd’hui sur le banc de touche donc les mains libres. Et pendant ce temps 700 000 mauritaniens pourraient mourir de faim selon le Programme Mondial de l’Alimentation (PAM).

Cette grande déception de la société civile pourrait faire place à un concert de protestations contre ce bradage de la chose publique. Les  chefs des trois principales forces de l’opposition Ould Daddah du RFD Ould Maouloud de l’UFP et Ould Mansour de Tawassoul ont  maintenant des arguments solides pour convaincre davantage l’électorat qu’il s’agit bel et bien d’un simple amendement de la constitution de 1991. Le gros du travail sera de pousser Ould Aziz à ses derniers retranchements dont l’objectif est d’arriver à une refonte du système politique. Autrement dit à une révision de la constitution qui va redéfinir l’équilibre des pouvoirs, l’égalité et la fraternité  dans la république et éloigner à jamais l’armée du pouvoir et non  se cantonner seulement à des accords de façade qui risquent d’être bâclés par des gens incompétents et cupides. Ce scandale financier pose également un problème d’éthique.

Comment le gouvernement de Ould Laghdaf peut-il accepter la participation de citoyens mauritaniens à un dialogue national d’une part et d’autre part leur offrir un paquet fiscal ? Pas de règle d’exception sinon c’est du favoritisme ou du népotisme et  au de-là une absence totale de vision globale de la société mauritanienne. Ce déficit de volonté politique s’est déjà traduite récemment quand il s’agit de moderniser l’Eta civil. Le gouvernement a mis en œuvre ainsi une opération d’enrôlement des populations décriée par tout le monde y compris même les partis de la coalition de l’UPR. Et c’est maintenant que Ould Aziz pense renforcer en équipement techniques et en ressources humaines les centres d’accueil des citoyens (CAC) après que ce recensement ait fait un mort et plusieurs blessés et des arrestations ciblées à Nouakchott comme à l’intérieur du pays. C’est aussi un scandale.

Bakala Kane

kassataya.com


              

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