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Mauritanie : ces lignes de faille qui continuent d’entraver le progrès


Actu Mauritanie
Mercredi 16 Septembre 2015 - 08:58

« Où arrive la caravane qui se hâte arrive la caravane qui marche lentement », dit un proverbe maure. La principale d’entre elles est identitaire et ressurgit à intervalles réguliers. Le nom même du pays en porte les germes


Un an après la réélection de Mohamed Ould Abdelaziz, la conjoncture économique est difficile et le climat social tendu
Un an après la réélection de Mohamed Ould Abdelaziz, la conjoncture économique est difficile et le climat social tendu
Pour autant, en Mauritanie, un peu d’empressement ne nuirait pas. Car malgré les réussites affichées ces dix dernières années, le pays reste soumis à des lignes de fracture encore vives qui entravent sa marche vers le progrès.
 
Il renvoie à l’antique « territoire des Maures ». Or la population mauritanienne ne se limite pas aux descendants des tribus arabo-berbères qui, venues du Sahara ou du Moyen-Orient, s’y sont installées au fil des siècles.
 
Si leurs idiomes ont le statut de langues nationales, les communautés dites négro-mauritaniennes (Halpulaars, Soninkés et Wolofs) stigmatisent de longue date un mode de gouvernance où les ressources et les postes à responsabilité seraient accaparés par les Beïdanes (« les Blancs ») en vertu d’un apartheid non écrit.
 
Depuis son premier coup d’État, en 1978, l’armée a planté sa tente au palais présidentiel
La seconde fracture est culturelle. Au sein de la société maure traditionnelle, la subdivision en castes a accouché d’un anachronisme régulièrement vilipendé par les ONG et les médias internationaux : la persistance d’un esclavage domestique qui touche encore 4 % de la population.
 
Bien qu’arabophones, les « Maures noirs » sont durablement cantonnés dans la cave, sans espoir de s’asseoir un jour à la table de la salle à manger. Nés pour servir, ils ont fini par constituer un mouvement abolitionniste qui n’est pas sans rappeler le mouvement américain pour les droits civiques.
 
Troisième traumatisme : l’accaparement du pouvoir par les militaires. Depuis son premier coup d’État, en 1978, l’armée a planté sa tente au palais présidentiel. Le seul civil à accéder à la magistrature suprême en près de quarante ans, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, n’aura dirigé le pays que seize mois avant d’être renversé par un putsch.
 
Si son tombeur, l’actuel président Mohamed Ould Abdelaziz, après deux élections au suffrage universel, est parvenu à faire oublier à la communauté internationale son passé de général putschiste, la classe politique mauritanienne s’est quant à elle refusée ces dernières années à prendre part à une vie politique qu’elle estime biaisée par la mainmise d’un clan qui s’appuie sur les casernes – quitte à pratiquer une stérile politique de la chaise vide.
 
Du chemin parcouru
 
Bien sûr, la Mauritanie d’« Aziz » a fait du chemin depuis les années de braise où les crispations identitaires pouvaient donner lieu à une répression sanglante. Les indicateurs économiques sont encourageants, diverses réformes traduisent une embellie démocratique et certaines mains tendues à l’opposition ou au mouvement négro-mauritanien ont donné l’impression d’un volontarisme assumé pour que l’« unité nationale » et la « diversité culturelle » vantées par le régime ne restent pas une vitrine meublée de bonnes intentions.
 
L’actualité des derniers mois – emprisonnement d’un militant de la lutte antiesclavage, non-homologation d’un parti politique de la mouvance négro-mauritanienne, refus obstiné de l’opposition de s’asseoir à la table du chef de l’État… – laisse toutefois craindre un raidissement entre le président et ses détracteurs, chacun accusant son inter-locuteur des pires turpitudes.
 
Réélu en juin 2014, Ould Abdelaziz se donnera-t-il les moyens de réduire les fractures héritées de l’Histoire, afin de réconcilier la société mauritanienne avec elle-même ? Dans le cas contraire, les Mauritaniens « de second rang » continueront d’attendre qu’arrive à bon port, lentement mais sûrement, la caravane de leur Mandela.

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Mehdi Ba  est correspondant à Dakar. Il couvre l'actualité sénégalaise et ouest-africaine (Mauritanie, Gambie, Guinée-Bissau, Mali), et plus ponctuellement le Rwanda et le Burundi.

jeuneafrique.com
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1.Posté par Ahmed Ould Valli le 16/09/2015 10:18
Il ne faut pas s'étonner de cette situation désastreuse de l'économie du pays quand on sait que Aziz est entouré, entre autres, de Rayess (de la BCM au MAED), de Oudaa (du MEM à la SNIM) et de Baya (Mr Pêche). Personnages dont l'incompétence n'a d'égale que la vénalité:
* En battant un record de longévité à la BCM (5 ans et demi), Rayess n'a réussi aucune réforme et a mis à genou le secteur bancaire avec le bouquet final avec le scandale de la Maurisbank où Mogueya et ses nombreux complices (au sommet de l'Etat) ont subtilisé 15 milliards d'argent public (Trésor, BCM, SNIM, CAMEC, etc.). Ce monsieur, au lieu de se "reposer" à Bir Moghrein avec les autres délinquants financiers, se retrouve propulsé MAED aux commandes l'Economie Nationale!
*Oudaa dont l'incompétence est sans limite, n'a même pas pu prendre connaissance des prévisions cycliques des cours de fer et de la demande mondiale. Au lieu de cela, il a dilapidé la trésorerie de la SNIM à coup de milliards(en achetant des avions pour la MAIL, en prêtant de l'argent à la société Najah, etc.) et a concocté un plan "Nouhoud" 2025 avec l'objectif de 40 millions de tonnes et il n'a pas fait les réformes, notamment le plan de réduction des coûts de production qui sont excessifs comparativement aux compagnies concurrentes.
*Enfin, last but not least, Baya, l'homme qui touche des milliards en toute légalité pour avoir réussi la destruction du secteur de la Pêche!

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