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Mauritanie/Politique : Un pays en crises...


Actu Mauritanie
Lundi 8 Avril 2013 - 14:25

La Mauritanie est bel et bien en crise, malgré les dénégations du camp du pouvoir qui veut prouver le contraire. En crise parce que des maires et des députés exercent des fonctions « sans droits » autre que la volonté du gouvernement établie par le Conseil Constitutionnel.. En crise parce que les hommes politiques, censés devoir résoudre les questions liées aux incompréhensions nationales, n’ont aucune volonté d’y mettre un terme. Et le peuple ? Le peuple sujet et objet de toute cette agitation, ne semble disposer d’aucun moyen pour exiger le rétablissement de la démocratie.


Mauritanie/Politique : Un pays en crises...
La Mauritanie n’est pas au meilleur de sa forme. Elle est même plongée dans une crise multiforme préjudiciable à son développement si ce n’est à son existence. Alors, ceux qui pensent que le meilleur moyen d’éloigner la plèbe de la politique c’est de l’occuper par des questions de survie n’ont pas tout à fait tort.

Les Mauritaniens sont tellement pris par la recherche de leur subsistance, dans un contexte de crise économique aigue, qu’ils disent m… à la politique. Vous entendrez souvent un citoyen dire : « ils sont tous pareils, ces politiques, ce président ou un autre, qu’importe. Ils sont aussi conscients de la futilité de leurs institutions « démocratiques », sinon comment comprendre qu’ils ne soient pas les premiers à s’engager de font pour améliorer les conditions miséreuses des populations, à exiger le cas échéant, des élections ! En plus de climat particulier de morosité issu de la crise politique doublée ‘une crise économique, cette « dégénérescence accélérée commence à gagner aussi d’autres domaines que la politique.

L’affaire Bouamatou n’est que la suite logique de toutes les « affaires » depuis le coup d’Etat-Rectification du 3 août 2008. On s’en convaincra en encore plus si, comme le révèle un site de la place, l’ancien Premier ministre Yahya Ould Ahmed Waghf, est convoqué à nouveau devant le juge d’instruction du cabinet chargé des crimes économiques, Ammar Ould Mohamed Lemine, dans ce qui est connu sous le nom du dossier du « riz avarié » ! La subite convocation surprenante de l’ancien Premier ministre, sous Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, si elle était effective, confirmerait la volonté des autorités à rouvrir les dossiers qui avaient été ficelés contre d’anciens opposants au coup d’état du 6 août pour s’en servir comme moyen de pression sur eux. On se rappelle que celui dit du « riz avarié » de la SONEMEX avait conduit à l’arrestation d’Ould Ahmed Waghf juste après le coup d’état du 6 août 2008 puis à sa libération liée par certains à l’Accord de Dakar et plus tard à la sortie de son parti de la Coordination de l’opposition démocratique pour entrer dans la majorité présidentielle soutenant le président Mohamed Ould Adel Aziz.

Et probablement aussi que ce sont les propos d’Ould Ahmed Waghf critiquant la gestion du pouvoir et brandissant la possibilité de créer un troisième front avec la Coalition pour une alternance pacifique (CAP) regroupant l’APP, Al Wiam et Sawab, qui ont poussé le pouvoir rouvrir le dossier du « riz avarié » pour le rappeler à « l’ordre ». Malgré tous ces disfonctionnements, le pays fonctionne en apparence comme s’il n’y avait pas de crise ! Certes, la Coordination de l’opposition démocratique ne cesse de dénoncer ce qu’elle considère comme « des enfreintes à la démocratie » mais sans parvenir à mettre à mal un pouvoir sûr de lui-même. De sorte que les questions qui fâchent ne sont jamais regardées comme des défaillances de l’Exécutif mais seulement une partie de ce qui fait la crise elle-même ! Les élections municipales et législatives accusent un an de retard et personne ne s’en émeut. Elles se tiendront quand le pouvoir exécutif, ou plutôt quand Aziz l’aura voulu. Certainement quand l’UPR constatera que la scène est à son avantage et à l’avantage de sa majorité présidentielle. D’ailleurs, le président de la République commencerait à y penser. N’est-ce pas pour cela qu’il a récemment coopté des personnalités clés de son parti au sein du gouvernement ?

Pour le reste, et plus précisément pour les questions de bonne gouvernance, le pouvoir n’a de comptes à rendre à personne. L’opposition est faible, oui, et le peuple n’existe pas en tant que tel. On est de plus en plus sûr que le « printemps mauritanien » n’est qu’une vue de l’esprit. Ce qui compte, c’est de permettre au peuple de survivre. Faire en sorte que l’on ne crève pas de faim en parvenant, plus ou moins, à exploiter le peu d’opportunités offertes par une économie intravertie. De sorte que les habitants de la capitale Nouakchott constituent un « monde » à part qui ignore tout de ce qui se passe dans les autres wilayas du pays. C’est là tout le défaut de gestion d’un système politique et économique non articulé. Les Mauritaniens vivent en dehors du temps et de l’espace étatique. D’où l’indifférence qu’ils affichent face à la crise politique actuelle. Alors, tant qu’il n’y a pas une pression populaire véritable, le pouvoir peut continuer à ruser et remettre à plus tard des élections municipales et législatives, en fait, sans importance. Les élus sont là par eux-mêmes (pouvoir de l’argent, de la tribu et du savoir) et pour eux-mêmes.

Source: [Lauthentic]urlblank:Lauthentic.info
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