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Mauritanie – Mohamed Salem Bechir : « La conjoncture actuelle est extrêmement difficile pour notre secteur minier »


Economie
Vendredi 8 Avril 2016 - 23:40

Le secteur minier mauritanien est un poumon de l'économie du pays et contribue à 30% du PIB national. Toutefois ce secteur est confronté à la chute vertigineuse des prix du fer.


Mohamed Salah El Bechir est le Ministre mauritanien de l'Énergie et des Mines
Mohamed Salah El Bechir est le Ministre mauritanien de l'Énergie et des Mines
Interview de Mohamed Salem Bechir, le ministre mauritanien du Pétrole, de l'Énergie et des Mines qui revient également sur l'enquête américaine sur les activités de la société minière canadienne Kinross accusée d'avoir effectué des paiements illégaux.La baisse des prix du fer pénalise la Société nationale industrielle et minière (Snim) – détenue à 80 % par l’État. Elle doit se mettre au régime, revoir à la baisse des investissements, voire en abandonner certains.
 
C’est dans ce contexte trouble que le ministre mauritanien du Pétrole, de l’Énergie et des Mines, Mohamed Salem Bechir — 54 ans et ingénieur électromécanicien de formation — a répondu aux questions de Jeune Afrique. Interview.
 
Jeune Afrique : Comment se porte globalement le secteur minier mauritanien face à la baisse des cours du fer dont les prix ont chuté de 187 dollars en 2011 à environ 40 dollars aujourd’hui ?
 
Mohamed Salem Bechir : Nos mines sont les piliers de l’économie mauritanienne avec une contribution moyenne d’environ 30 % aux recettes annuelles de l’État. Cela dit, d’importantes réserves minières sont sous-exploitées.
 
En effet, plus de 900 indices miniers ont été mis en évidence : fer, or, cuivre et plus récemment le gypse. Ce secteur sur lequel l’État s’appuie pour promouvoir le développement et la création d’emplois est très sensible aux fluctuations des cours des métaux précieux. La conjoncture actuelle est extrêmement difficile pour notre secteur minier.
 
Nous traversons un cycle bas marqué par un ralentissement des grands projets comme celui de El Aouj au Nord du pays qui devrait produire entre 10 et 30 millions de tonnes de fer. Mais nous espérons que les cours vont se redresser très rapidement, car notre secteur minier présente d’énormes opportunités d’investissement.
 
Les pertes de recettes pour l’État sont colossales

Quel est l’impact du fléchissement des cours sur les recettes de l’État ?
 
Les pertes de recettes pour l’État sont colossales. La contribution du secteur minier aux recettes de l’État a atteint 116 milliards d’ouguiyas (320,9 millions d’euros) en 2014, contre 22 milliards d’ouguiyas l’an dernier.
 
Malgré cette baisse drastique des revenus miniers, les investissements publics ne sont pas remis en cause.
 
Le gouvernement tire en effet profit des efforts consentis en matière de rationalisation des dépenses et de bonne gestion. Depuis 2009, la part de l’État dans le budget d’investissement n’a cessé de croître.
 
Que fait le gouvernement mauritanien pour maintenir l’attractivité du secteur ?
 
Ces dernières années, le gouvernement a mis l’accent sur les fonctions de support au secteur. Ainsi du mix énergétique qui a été considérablement revu. La part des énergies renouvelables représente désormais plus de 30 % de la production nationale d’électricité.
 
Ce sont sur ces facteurs de production que nous travaillons pour donner plus de confort aux sociétés minières. Nous avons mis en place un cadre institutionnel et réglementaire attractif. Cela s’est traduit par un afflux important d’opérateur miniers ces dernières années. Nous avons octroyé 100 permis de recherche et 13 autres pour l’exploitation.
 
Comment se présente la situation financière de la Snim, plongée dans la tourmente par la chute des cours du fer ?
 
La Snim subit effectivement de plein fouet la chute drastique des cours du fer. Mais, je dois vous dire, que bien avant cette période de vaches maigres, elle avait anticipé en adoptant un programme de rationalisation et de réduction de ses charges.
 
Par ailleurs, pendant longtemps la production de fer de la Snim s’établissait en moyenne autour de 10 millions de tonnes par an. Or, elle a l’ambition de se hisser dans le top cinq continental. C’est pourquoi, elle a élaboré un plan de développement qui devait lui permettre d’atteindre 40 millions de tonnes à l’horizon 2025.
 
Aussi, l’extension de l’usine de Guelb II, inaugurée en novembre dernier pour un investissement d’environ un milliard de dollars (NDLR : 924 millions de dollars exactement), s’inscrit dans cette dynamique. À terme, elle va produire quatre millions de tonnes de fer par an permettant de porter la production de la Snim dès 2017 à plus de 16 millions de tonnes.
 
La Snim a exécuté globalement un programme d’investissement de 1, 5 milliard de dollars au cours des dernières années dont un peu plus de la moitié sur ses ressources propres.
 
Kinross : les investigations sont en cours
 
 
Où en sont les résultats de l’enquête américaine sur les activités de la société minière canadienne Kinross accusée d’avoir effectué des paiements illégaux à de hauts responsables mauritaniens ?
 
Les investigations sont en cours. Le gouvernement mauritanien ne se sent nullement concerné par cette allégation. Il n’a rien non plus à se reprocher. Il s’agit d’une société privée qui a ses propres règles de passation des marchés. Il appartient au dénonciateur d’apporter la preuve que des membres de l’exécutif mauritanien ou des hauts fonctionnaires sont impliqués. Aujourd’hui, c’est tout simplement une allégation qui suit son cours en justice et je n’ai pas d’autres commentaires à faire sur cette affaire.
 
Nadoun Coulibaly
jeuneafrique
Noorinfo


              

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