Connectez-vous S'inscrire
Noorinfo

Mauritanie : Misères et grandeurs de notre histoire


Tribunes
Mercredi 27 Juin 2012 - 10:07

L’histoire c’est ce qu’il y a de meilleur ou de pire comme référence.Tout ce qu’elle aura laissé de bon ou de mauvais est un héritage qui pourrait en bien ou en mal agir sur le destin d’un pays.Mais quand certains manipulent à leur guise les sources historiques ils sèment les graines de la haine et de l’intolérance dans les jardins de la concorde.Cela porte préjudice aussi bien à ceux qui ont fait du mal qu’à ceux qui le subissent.


Le poste d'Aleg en 1934
Le poste d'Aleg en 1934
L’histoire politique de la Mauritanie est jalonnée de ces tragédies que des mains sadiques ont orchestrées dans le pays et qui ont assombri les rapports intercommunautaires, affecté la cohésion sociale et entretenu le doute sur notre génie à pouvoir bâtir une Nation plurielle forte de sa diversité culturelle et linguistique. Pendant des siècles d’une histoire riche et rétive aux valeurs malsaines empreintes d’intolérance de xénophobie et d’hypocrisie, nos devanciers avaient eu l’intelligence de cohabiter en parfaite harmonie loin de tout esprit de stigmatisation identitaire. Cette force de résistance aux influences négatives a cultivé un sentiment d’humanisme partagé du désert au fleuve.

Les échanges à tous les niveaux ont aidé à favoriser des rapports solides entre les différentes entités culturelles, les aires communautaires dans un pays immense et à moitié peuplé. Certes, il n’est pas point possible de vivre sans malentendu, sans différends entre des voisins. Mais pour que les divergences ne soient pas destructrices, il faut avoir des hommes capables de contenir les passions, atténuer les tensions et maîtriser les tendances alimentées par le désir de dominer et d’assujettir l’autre. L’histoire n’a de grandeurs que par rapport aux hommes qui l’écrivent et qui la façonnent dans le bon sens.

Elle devient alors une référence, un motif de fierté et de respect réciproque. Elle doit enseigner les bonnes valeurs, inculquer le sens de la différence dans une discrimination positive, proscrire les haines communautaires, se débarrasser des jugements dévalorisants et promouvoir l’esprit d’humilité et de tolérance. Nous ne sommes pas obligés d’être les mêmes, avoir une couleur identique, les mêmes robes au sens de l’accoutrement, parler la même langue, avoir les traits communs. Personne n’a aussi choisi d’être ce qu’il est génétiquement, culturellement. Ce sont des phénomènes sur lesquels on n’a pas de prise, ni de liberté de choix. Au contraire la fierté qu’il faut avoir de soi est celle qui consiste à revendiquer des valeurs de grandeur humaine, intellectuelles et morales qui convergent vers un paquetage universel.

Cela n’est ni l’œuvre d’une appartenance tribale, ethnique, mais d’une conduite, d’une volonté de se forger une personnalité qui transcendé les considérations subjectives et naïves. Nous devons nous vanter d’être capables de vivre de manière civilisée, de pouvoir assumer nos différences, gérer nos contradictions et construire une identité plurielle qui ne doit laisser apparaitre les failles de nos particularismes « nombrilisateurs » .

Si nous avons du mal à arriver à ce stade après 50 ans d’indépendances, c’est que nous avons renié nos référentiels historiques, nous avons été dirigés par des hommes sans projet d’unification patrimoniale, sans vision de l’avenir et d’amour pour la patrie. Au lieu de puiser dans la grandeur de l’humanisme, ces bourreaux ont démoli l’édifice fédérateur de nos particularismes.

Cheikh Tidiane Dia
Mamoudou Kane


              

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Actu Mauritanie | Actualité | Economie | Sport | Culture | Société | Lu sur le web | International | Tribunes | Vu de Mauritanie par MFO | Blogs | videos | A.O.S.A | Communiqué | High-Tech | Politique | Sciences | Insolite | Histoire





Suivez-Nous
Rss
Recherche
En clair
Inscription à la newsletter