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Mauritanie -Maroc : Flux et reflux


Actualité
Mardi 8 Janvier 2013 - 12:30

Les relations entre la Mauritanie et le Maroc sont données, au cours de ces derniers temps, pour très fluctuantes. Si l’on en croit ce qui se dit depuis un mois à propos d’abord de l’implication du Royaume dans l’incident de " Toueila ", qui ne serait pas une " méprise " mais bien une tentative de liquidation physique du président Mohamed Ould Abdel Aziz. Ensuite ce qui se raconte, depuis quelques jours, sur l’enrôlement, par centaines, de Sahraouis installés dans les régions du nord (Tiris Zemmour, Dakhlet-Nouadhibou) et qui disposent de pièces d’état-civil mauritaniennes et qu’on chercherait à " naturaliser " on ne sait encore pour quelle fin.


Abderrahmane Ben Omar, ambassadeur du Royaume (G), Mohamed Ould Abdel Aziz (d)
Abderrahmane Ben Omar, ambassadeur du Royaume (G), Mohamed Ould Abdel Aziz (d)
Vraie ou fausse, cette histoire de Sahraouis " naturalisés " mauritaniens par centaines, voire par milliers, embarrasse le gouvernement, sans pour autant que ce dernier, cherche à se déculpabiliser. Déjà, au niveau du voisin marocain, la question est tournée - et retournée - plusieurs fois par des journaux du royaume qui tentent de trouver, à leur façon, une " explication " plausible à ce qui semble bien être une volonté du pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz de jouer sur les équilibres démographiques - mais surtout politiques - dans la perspective des prochaines élections municipales et législatives. Des maures (sahraouis) profitant de l’enrôlement que le gouvernement mène depuis plus d’un an, pourraient bien permettre à certaines communautés du nord du pays de reprendre la main dans les deux plus grandes villes (Nouadhibou et Zouerate) considérées comme leur milieu naturel. Ce serait alors une politique " locale " qui, comme telle devrait être soutenue par le gouvernement pour s’attirer les sympathies politiques de populations autochtones de Dakhlet-Nouadhibou et du Tiris Zemmour. Dans la perspective d’un enjeu électoraliste plus grand, en 2014, et d’un rééquilibrage entre pouvoir et opposition encore plus favorable à la Majorité présidentielle.

Mais ce qui dérange le plus, c’est sans doute le fait que cette " naturalisation " pourrait se situer plutôt à un enjeu national, déterminant encore plus les rapports entre communautés arabo-berbère et négro-africaine. Déjà, le mouvement " Touche Pas à Ma Nationalité " (TPMN) n’hésite pas à aller dans ce sens, disant qu’il avait senti le coup venir, dès le début de l’opération d’enrôlement qui doit permettre aux autorités de doter le pays d’un état-civil fiable. Les difficultés rencontrées au début du recensement par ces communautés avaient certes été aplanies en partie mais la question de cette " naturalisation " de Sahraouis, si elle est prouvée, risque de faire revenir à la surface cette question des rapports (démographiques) entre Arabes et Noirs de Mauritanie. Une question éminemment politique. Une question de rapport au pouvoir et à ses privilèges.

Toujours est-il que, dans un cas comme dans l’autre, il ne s’agit encore que d’informations qui ont été certes relayées par des médias marocains et mauritaniens mais sans donner des preuves tangibles pouvant amener à demander des comptes aux deux capitales (Rabat, dans le cas de l’attentat supposé et Nouakchott pour l’enrôlement de Sahraouis). Ce qui est évident, c’est la volonté des deux pays de circonscrire cette " crise " qu’alimentent les journaux en balayant d’un revers de la main les accusations portées sur l’un et l’autre. Même si les réfutations ont souvent un caractère " officieux ", au détour d’une déclaration faite sur un sujet autre. Ce qu’on veut montrer, au contraire, c’est que tout va bien " dans le meilleur des mondes possibles " entre le Maroc et la Mauritanie, même si l’absence de contact entre le président Ould Abdel Aziz, depuis son arrivée au pouvoir, et le roi Mohamed VI est propice à toutes les rumeurs sur l’existence d’un profond malaise entre les deux pays. Dans la réalité, les responsables des deux pays s’efforce, tant bien que mal, à prouver que le ciel entre Rabat et Nouakchott est dégagé.

Des relations plutôt bonnes

Au cours de sa dernière visite en Mauritanie, à la mi-février 2012, le ministre marocain des Affaires étrangères et de la Coopération, Saad Dine El Outhmani, a déclaré que le Maroc et la Mauritanie s’accordent à mettre en place une feuille de route pour développer les excellentes relations qui les lient, affirmant qu’il y a une volonté politique, de part et d’autre, pour renforcer ses relations dans les domaines économique, politique, culturel et social. Cet avis a été partagé également par le ministre mauritanien des Affaires étrangères, Hamady Ould Hamady, qui disait que les relations mauritano-marocaines ancrées dans les profondeurs de l’histoire, sont arrivées actuellement à un excellent niveau et ne sont entachées d’aucun problème, comme cela était dans le passé et elles resteront ainsi pour toujours L’excellence de ces relations entre les deux voisins se concrétise par des liens de fraternité t des relations dans divers domaines. Au niveau économique, par exemple, les importations du Maroc à partir de la Mauritanie ont atteint 6,643 millions de dirhams, en 2011, alors qu’elles étaient déjà à 3,157 millions durant les six premiers mois de 2012, soit une augmentation de 17,01%, en comparaison à la même période de l’année précédente. Quant aux exportations du Maroc envers la Mauritanie, elles ont atteint 823,837 millions de dirhams, en 2011 et 392,497 millions de dirhams durant les six premiers mois de 2012, soit une augmentation de 27,74% par rapport à la même période de l’année précédente. Les relations entre les deux pays touchent à des domaines vitaux comme l’éducation et la formation. Dans ce cadre, le Maroc réserve, chaque année, un grand nombre de places aux étudiants mauritaniens qui viennent poursuivre leurs études dans divers centres et universités du Royaume, avec l’enregistrement, au cours de la scolarité 2011-2012, quelque 600 étudiants mauritaniens. Dans ce cadre, s’est réunie à Nouakchott, en août dernier, la commission mixte mauritano-marocaine spéciale consacrée aux bourses durant l’année académique 2012-2013 et, au cours de cette session, 159 étudiants ont été acceptés en dehors du quota octroyée par l’Agence marocaine de coopération internationale ; une mesure que l’Union des étudiants et stagiaires mauritaniens au Maroc a louée, surtout au niveau de la transparence qui a caractérisé la sélection des dossiers et remerciant, au passage, les autorités marocaines pour les efforts continus en vue d’accueillir les étudiants mauritaniens dans les universités du Royaume.

La coopération touche également d’autres domaines comme l’agriculture qui bénéficie d’une grande attention de la part des départements concernés dans les deux pays, à travers l’expertise marocaine dans la production du blé, le développement de la ressource animale et la réhabilitation des terres cultivables. Dans ce cadre, des experts marocains ont été envoyés en Mauritanie pour examiner les voies et moyens susceptibles de développer la coopération entre les deux pays. Une coopération qui touche aussi le domaine des télécommunications à travers la liaison des deux pays par le projet de fibres optiques qui va offrir plus d’opportunités dans le domaine des NTICs.

La société Mauritel (filiale de Maroc télécom en Mauritanie) est leader en Mauritanie dans le domaine des télécommunications par le nombre de ses abonnés (1,700 millions) et sa couverture réseau qui couvre une très grande partie du territoire national. Le chiffre d’affaires de Mauritel a atteint cette année près d’un milliard de dirham, soit une augmentation de 13,4%. Sur le plan des institutions financières, la banque Wafa a renforcé sa présence en Mauritanie en parvenant à augmenter, jour après jour, le nombre de ses clients (plus de 7000 actuellement). La banque compte augmenter, en 2013, le nombre de ses agences en ouvrant neuf autres dont deux à Rosso et Zouerate. La coopération entre les deux pays touche également le domaine de la santé, l’eau potable, la formation continue, l’administration, le sport, la coopération entre les établissements d’enseignement et autres domaines économiques, culturels et sociaux.

MOMS.
Source: Lauthentic.info


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