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Maurichronique : Pour l’instant…


Tribunes
Vendredi 18 Juillet 2014 - 17:00


Maurichronique : Pour l’instant…
La politique, ici, c’est une question d’instant. C’est un instant. Puisque, comme l’école, ici, la politique, ici, porte sa finalité, en elle-même. L’intérêt de l’école, pour un élève d’aujourd’hui, comme pour son éducateur, son père, sa mère, c’est de passer d’une classe à la suivante. D’avoir, en fin de parcours, un truc, genre carton, doré, juste une affaire d’imprimante et de sa résolution, je veux dire sa couleur, avec une signature, qui fait foi, et un cachet, qui fait religion. Et qu’on appelle légitimement diplôme. Ici, la politique aussi, c’est ça. Sa finalité est bien en elle-même. Passer d’une classe à la suivante. Celle qui suit, c’est-à-dire, la supérieure, comme à l’école. Le  combat politique est le combat de notre politique. C’est une affaire de classe. L’école. Quoi ! Avec d’autres types de classes. Des classes, mais en bétons armés, bien bâties et bien garnies. Ce qui les différencie de celles de l’école en zinc, ou banco, mal bâties et dégarnies. 
 
C’est dire que le combat politique ce n’est pas trop compliqué. Il y a toujours un thème porteur. La nationalisation de la MIFERMA. La question de l’esclavage. La démocratie. La liberté. La femme. Auparavant, on le portait cinq ans, quatre ans, trois ans, un slogan de ce genre. On le griffonnait sur les murs des écoles, des maisons, des bâtisses de l’administration publique. On le scande dans les rues. On est mis aux arrêts quelquefois.
 
Pendant un lustre, quatre années, trois années. Puis un beau jour, on estime qu’on a fait le nécessaire. Qu’on a assez crié. Et qu’on doit céder la place au crieur suivant. Pas au crieur suivant. Ce n’est pas comme ça que pense un politique, ici. Il ne pense ni au suivant, ni à l’avant. Il pense qu’il a assez crié et qu’il est temps que ses cris rapportent. Et il se tient en face du gouvernement pour récolter le fruit de son combat. C’est l’instant. C’est ça, l’instant et l’instinct voire l’intestin politiques, ici. 
 
On lutte pour manger de sa lutte. Or, il faut peut-être faire honneur aux opposants premiers de la Mauritanie. Ils ont tout de même le mérite d’avoir su garder leur mal en patience. Leur combat pour quelque temps. Ce n’était pas une affaire de saison. Un champ qu’on sème et qu’on récolte la saison suivante. Non, ils ont semé. Ils étaient un peu plus pudiques, à l’époque, pour avoir à se démanger de soif ou de faim de récolte.
 
La pudeur est morte avec la jeunesse. Il faut dire que les moyens de lutte ont subi de ces métamorphoses de la fin des temps. La saison de lutte pour la jeunesse, c’est à faire rire. Ce n’est même pas un lustre, ni se compte en année, ni encore en mois. Elle se compte en tweet, ou profil facebook. Autant de tweet, autant d’années ! Autant de statuts facebook, autant de lustres ! Et on acquiert de fait la légitimité de l’opposant historique. 
 
En postant, en déferlante, cent tweet, on est bien parti pour une bonne négociation avec le régime en place. Les réseaux sociaux compriment le temps. Et condensent l’expérience. Tout en lui donnant l’exagération nécessaire.  
On ne sait pas laquelle des deux formes de lutte  est la plus convenable. En tout cas, elles ont de commun l’instantanéité. Et l’instinctivité. Aussi ! 
 
Elles illustrent, toutes les deux, la similitude entre l’école, chez nous, et la politique. Une finalité endogène. L’essentiel est de passer à la classe suivante. Celle qu’on pense supérieure. 
Puisqu’ici, à la politique, comme à l’école, l’intérêt est de passer à la classe suivante. On lutte pour manger de sa lutte. 
 
Mouna Mint Ennas
www.rmibiladi.com
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