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Maurichronique : Mon pseudonyme est président de la République ( Partie 8)


Tribunes
Jeudi 2 Mai 2013 - 09:46


Maurichronique : Mon pseudonyme est président de la République ( Partie 8)
- Oui, j’ai bien entendu dire sur ce berger. Ton berger, je veux dire.
 
- Tu ne vas pas me dire, Mouna, qu’ils connaissent cette histoire, mes compatriotes !
 
- Non, pas vraiment. Pas celle-ci. Une autre.
 
- Ah bon ! Laquelle ?
 
- On raconte, tu sais bien qu’ici, on ne fait que ça… ça tu le sais, président.

- C’est vrai tu as raison. Ils ne font que ça. Moi, je ne raconte rien. Jamais. Mais, dis-moi, qu’est-ce qu’on raconte sur ce berger ?

- Tu es un peu demandeur du commérage ?
- Comme quoi ?

- Ce n’est pas important. Ton berger prétend que lors de tes passages, en week-end, dans ton ranch, tu apportes avec toi du pain. Dix pains, je crois, c’est qu’il dit. Et que tu en gardes quatre pour toi, ce que je trouve raisonnable, moi, en tout cas. Et que tu offres, par la suite, les six autres pains, à la petite brigade militaire de trois cents hommes, en consigne, en ce haut-lieu de repos présidentiel.

- Tu sais bien que je me suis bagarré avec lui. Tu comprends, il me colle au dos une salle affaire. Ils sont tous comme ça, les Mauritaniens. Tu te chamailles avec l’un d’eux, il te colle tous les malheurs sur le dos. Même, les politiques.

- Et, les porte-faix ?

- Porte quoi ?

- Les dockers !

- Mais, ils portent des sacs. Enfin bref, certains pas tous. Ils sont en grève, ils déconnent. Tout le monde veut la même chose. Augmenter. Ce n’est pas possible ! On ne peut pas augmenter à chaque fois.

- C’est un effort. Ce sont des pauvres gens. Ils vendent leurs muscles. Il faut les aider. Ils font nourrir des familles.

- Tu te rends compte, toi ? Tu ne t’en rends même pas compte. Tu sais elle a gagné combien en portant quatre grosses valises sur sa tête, Coumba ? D’un pays lointain, en plus !

- Non, je ne sais pas.

- Appelle-là, appelle Coumba, s’il te plait, elle va te le dire. Elle ne cesse de le dire, en pleurant, à chacun. Je ne lui ai rien donné. Sur la tête de ma mère.

- Mamère ? Noël ?

- Quelle Noël ? Ma mère celle qui m’a enfanté.

- Et voyage parisien ? Finalement, il n’aura pas lieu. Ton index se cicatrise ?

- Bientôt, dans quelques jours, le temps que je fasse quelques réajustements.

- Ah bon ? Lesquels ?

- L’armée. Tu sais. Je vais devoir envoyer mille huit cents hommes pour rétablir l’ordre, la paix et la sécurité au Mali. En fait, ça je le dis, entre nous, je le dis également au français. Mais, je ne ferai jamais ça .

- Pourquoi tu le dis, alors ?

- Pour que je puisse passer un relatif agréable moment à Paris. Je dirai à Hollande que les choses sont en préparation. Et que nos troupes seront opérationnelles pour le front dans quelques jours. Et dans quelques jours, moi je reviendrai à Nouakchott. A chaque déplacement son discours. Tu as compris ?

- Oui, je comprends. J’ai compris depuis bien longtemps.

- Dis-moi, ils disent quoi ? Les gens de Nouakchott ?

- Ils disent beaucoup de choses. Chacun a sa voix.

- Moi, aussi ! J’ai ma voix.

- Une seule ?

- Oui, une seule comment ça ?

- Je ne sais pas, juste une question.

- Ils disent que j’en ai plusieurs, les gens de Nouakchott ?

- Au moins deux !

- Voyous !

- Il faut parler de cette affaire. C’est simple. Ils ne sont pas trop méchants, les Mauritaniens.

- Je vais dire quoi ?

- Je ne sais pas. Je ne suis pas ta conseillère.

- Je ne fais pas confiance à mes conseillers. Je les ai nommés, juste, pour la forme. Comme les ministres, d’ailleurs. C’est ce qui me fatigue un peu. Dis-moi, tu as une idée, toi ? Est-ce possible de limoger tous les ministres, tous les conseillers, tous les gouverneurs, tous les secrétaires généraux, tous, tout le monde.

- Tu vas changer tes collaborateurs ?

- Ça dépend du sens que tu donnes à ‘’ changer’’ !

- Dans ce cas précis, les remplacer par d’autres.

- Jamais ! Jamais par d’autres ! Comment ça, tu es folle ? Par personne !

- Comment ça, par personne ?

- Puisque c’est moi, qui vais les remplacer !

- Mais, tu es président, déjà, non ?

- Oui, mais ce n’est pas suffisant. Ça ne me suffit pas, Mouna !


mouna.ennass@gmail.com
pour Biladi
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