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Maurichronique : Je suis fatigué…


Tribunes
Lundi 25 Février 2013 - 20:53


Maurichronique : Je suis fatigué…
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“Je suis fatigué. J’ai débarqué deux ministres. C’était nécessaire. La fatigue. Vraiment. Je n’avais pas le choix. Il le fallait. La semaine était dure. Des tirs de partout. On a déterré des choses sur moi, sur mon fils. Wärtsilä. C’était nécessaire qu’ils débarquent. Puisque, les pauvres allaient douter de ma bonne foi, en lisant tout ce qui s’écrit sur moi, ces derniers jours. Je suis fatigué. En plus, il y a l’autre, Chafi, qui parle d’enregistrement. Et ce député français qui récidive. Je suis fatigué.

Puis, il y a Bouamatou. Lui, il ne parle même pas. Personne ne l’a jamais entendu parler, depuis que j’ai engagé ma croisade contre lui. C’est dérangeant. Aucun mot. Tous mes informateurs n’arrivent à lui découvrir la moindre trace. Mes services d’écoutes intelligentes n’interceptent l’infime soupçon de cet exilé. Et ça m’inquiète. Grave. Je ne vous dis pas. Les cauchemars.
Cauchemardesque, le soir quand je dors. Les réveils, en sursaut, sueurs, sueurs. C’est paniquant, les ennemis qui ne réagissent pas ouvertement. Je suis fatigué. Le mini-remaniement ne sert à rien. Je case l’un des ministres ailleurs. L’autre, je le mettrai où ? Est-ce que son dossier de l’IGE est accablant ? Je ne l’ai pas vu depuis que je l’ai glissé dans le tiroir.

Peut-être, le verrai-je. Et peut-être, j’y trouverai une raison suffisante-si elle ne l’est pas- je leur dis de la compléter-pour affecter le second à une autre destination. C’en est une, de la Mauritanie Nouvelle, la prison. On oublierait, peut-être, Ould Debagh quelque temps, que je me repose. Je suis fatigué. Et, j’ai l’impression que le temps va très vite. Aucune emprise. Spasmes. Reflux. Odeur de gas-oil, odeur de gas-oil. Brûlé.
Tout cela est fatiguant. Je suis fatigué. Tout cela est pénible. Mon ventre me fait mal. La douleur est forte. Plus forte que celle produite par trois balles amies. Les reflux mes me montent jusqu’à l’œsophage. Un goût de gas-oil brûlé. Je n’aime pas vomir le carburant, mon carburant. Même brûlé, j’aime le garder, en moi.
Tout cela, je ne le comprends pas. Je ne comprends plus rien. Rien à rien. Mon fils, pourquoi ils s’en prennent, à lui ? Ce n’est pas sérieux. Ils restent toujours fixés sur une image, les Mauritaniens. Et, ils ne la lâchent jamais. Tout le contraire de moi-même. Moi. Qui. Lâche…

Eux, ils ne veulent pas voir comment il a changé, mon fils, après ce coup, après ce tir, par jalousie passagère. Ils sont bloqués sur cette tragédie.

Dans cette affaire de Wärtsilä, il n’a tiré sur personne. Il a tiré, au contraire, vers lui. Sur lui. Il a tiré vers lui-même. Quelques millions d’euros, c’est vrai. Et aucun blessé. C’est une prouesse. Même pas une fille. Même pas un président. Il s’est tiré sur lui dix millions d’euros. Il y a deux ans, il a tiré sur une fille qui a failli trouver la mort. Aujourd’hui, il tire vers lui. C’est plus qu’un changement. C’est une évolution. Et, ils refusent de voir l’aspect évolutif de la chose. D’une balle dans la poitrine d’une innocente fille, à dix millions de balles d’euros dans sa propre poche. Ils n’y voient aucune forme de changement, les Mauritaniens. Je suis fatigué. Je suis fatigué. Je suis fatigué…’’

Mouna Mint Ennas
Pour Biladi

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