Connectez-vous S'inscrire
Noorinfo

Maroc : La chasse aux prostituées est ouverte


Lu sur le web
Dimanche 11 Novembre 2012 - 11:30

Au Maroc, le plus vieux métier du monde prospère, le commerce du sexe fleurit dans toutes les villes du pays. Ce fut le cas pendant des années à Ain Leuh, village du Moyen Atlas aux maisons blanches délabrées, qui compte cinq mille habitants. Proche du Parc national d’Ifrane et à deux heures de route de Rabat, il prenait parfois des allures de quartier rouge d’Amsterdam, car l’endroit était connu pour être un haut lieu de la prostitution, avec les femmes attendant le client sur le pas de leur porte.


Maroc : La chasse aux prostituées est ouverte
C’était, car aujourd’hui tout a changé. L’automne dernier, raconte le quotidien américain The New York Times, des milices privées qui se défendent d’être islamistes ont pris les choses en main pour y mettre bon ordre. Ils ont chassé la prostitution de la ville par la violence et la terreur, en brûlant les maisons qui faisaient office de bordels. Ils en avaient assez, disent-ils, des clients ivres, assez que l’on fasse des propositions à leurs filles sur le chemin de l’école, assez de la mauvaise réputation de leur ville. Pour eux, « la prostitution est un cancer social dont il faut se débarrasser». Depuis ces manifestations, les rues sont devenues calmes, les portes restent fermées et les quelques prostituées qui sont restées tentent de s’en sortir en vendant des bonbons.

« A Ain Leuh des hommes ont été empêchés d’entrer dans cette petite ville parce que on les as accusé de venir chercher des prostituées », dénonce l’écrivain Tahar Ben Jelloun, dans une interview donnée au magzine italien l’Espresso. Il y déplore notamment qu’ « au nom de l’islam, au nom de ses préceptes, des hommes sont en train de supplanter l’Etat de droit ».

La population locale est divisée, certains voient d’un bon oeil des citoyens ordinaires se chargeant d’améliorer l’image et la vie quotidienne de leur ville. D’autres y voient la main des fondamentalistes qui depuis que le parti islamiste a gagné les élections législatives il y a un an en novembre 2011, se croient tout permis. Plus prosaïquement, ceux-là craignent pour l’économie de la région qui tournait grâce à la prostitution. Les femmes en effet, louaient un local, dépensaient leur argent et faisaient le bonheur du commerce local. Aujourd’hui, constate le quotidien, l’économie est en ruines.

Il n’existe pas de statistiques officielles sur la prostitution au Maroc. La précarité et la pauvreté en sont toujours la cause principale mais « les choses ont évolué ces dernières années avec une société de consommation qui créé de plus en plus de frustrations », remarque le sociologue Jamal Khalil, cité par le journal La Vie éco. Il souligne entre autres que le phénomène touche toutes les catégories sociales et qu’il fait des ravages dans le milieu estudiantin car la prostitution est devenue un business lucratif, un moyen d’enrichissement rapide.

Selon l’Organisation panafricaine de lutte contre le sida (OPALS) qui a réalisé en 2008 une enquête sur la prostitution au Maroc, les prostituées sont jeunes, 90% d’entre elles le sont devenues avant l’âge de 20 ans. 31,5% des prostituées n’ont jamais été à l ’école mais elles sont 21,1% à avoir suivi des études supérieures. Quant à la clientèle, elles est essentiellement composée de cadres, fonctionnaires, commerçants et étrangers. Et pourtant la prostitution est interdite au Maroc. Le code pénal prévoit des peines de deux à dix ans d’emprisonnement et des amendes allant de cinq mille à un million de dirhams (de 450 à 90 000 euros).

Anne Collet
Pour slateafrique.com
Mamoudou Kane


              

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Actu Mauritanie | Actualité | Economie | Sport | Culture | Société | Lu sur le web | International | Tribunes | Vu de Mauritanie par MFO | Blogs | videos | A.O.S.A | Communiqué | High-Tech | Politique | Sciences | Insolite | Histoire





Suivez-Nous
Rss
Recherche
Inscription à la newsletter
Les + populaires