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Maroc-Algérie : Le double jeu de De Gaulle pendant la Guerre des Sables


Histoire
Dimanche 26 Juin 2016 - 03:40

Le 23 octobre 1963 au palais de l’Elysée, De Gaulle discutait avec son ministre des Affaires étrangères, Alain Peyrefitte, au sujet du conflit armé opposant le Maroc à l’Algérie ; ses deux anciennes colonies. Adepte de « nous les aidons à s’entretuer », il avait offert l’occasion à l’Union Soviétique de jouer le rôle de médiateur et d’asseoir sa présence au Maghreb.


Le roi Hassan II avec le général De Gaulle / DR
Le roi Hassan II avec le général De Gaulle / DR
Si Fidel Castro et Nasser s’étaient ralliés  du côté des Algériens durant la Guerre des Sables, De Gaulle avait brillé en apportant assistance militaire aux deux belligérants en même temps. Un double jeu qu’il assumait parfaitement. C’est ce que révélait en 1994 son ministre des Affaires étrangères, Alain Peyrefitte, dans un épisode de son livre « C’était De Gaulle ».
 
Le 1er président de la 5e République avait ses propres calculs. Il ne souhaitait en aucun cas s’engager dans une médiation entre les deux voisins pour que les armes cessent, comme lui avait proposé son chef de la diplomatie. « Ce sont des histoires d’Arabes ! », a-t-il signifié à Peyrefitte.
 
Et d’enchainer en développant ses idées : « Il faut qu’ils se chamaillent, les Égyptiens avec les Syriens, les Syriens avec les Kurdes, etc. Il y a bien deux mille ans que c’est comme ça. Quand nous étions là en force, nous avons pu imposer le silence ; puis, ils se sont tournés contre nous. Maintenant que nous ne pouvons plus être le bouc émissaire, ils se tournent les uns contre les autres », relate Peyrefitte.  
 
« Nous les aidons à s'entretuer »
De Gaulle avait, également, décliné la proposition de son ministre des Affaires étrangères visant à proclamer la « neutralité » de la France dans le conflit armée. « Il ne faut rien proclamer du tout. Et d’abord, c’est faux », lui avait-t-il lancé. « Nous aidons les Marocains, en leur fournissant des armes. Nous aidons les Algériens, en mettant à leur disposition notre aérodrome de Colomb-Béchar (en 1963, la France conservait encore une présence militaire en Algérie, ndlr). Par le fait, nous les aidons à s’entretuer. Pourtant, il faut faire comme si nous étions neutres ».
 
De Gaulle refusait catégoriquement toute remise en question des frontières laissées par le passage de son pays au Maghreb. Sur ce point, il s’opposait aux ambitions du royaume de récupérer des territoires annexés par la France. « Le Maroc voudrait Tindouf, pour faire tomber la Mauritanie (proclamée indépendante le 28 novembre 1960, ndlr). Notre intérêt est au contraire dans le statu quo des frontières, de manière que la Mauritanie tienne le plus longtemps possible », a-t-il expliqué à son ministre.
 
Les calculs du président français avaient laissé une brèche dans laquelle les Soviétiques se sont engouffrés pour jouer les médiateurs entre le Maroc et l’Algérie. Le président Léonid Brejnev s’était rendu en personne à Alger et Rabat pour convaincre les deux partis de taire les armes. Des efforts conclus par la signature en 1964 d’un accord, prévoyant notamment de partager l’extraction du fer de Tindouf. Le 26 octobre 1966, Hassan II effectuait son premier voyage à Moscou alors qu’à Paris se tenait le procès des assassins de Mehdi Ben Barka.
 
La « neutralité » de De Gaulle dans la Guerre des Sables avait, sans aucun doute, contribué à ce premier rapprochement entre le royaume et l’Union Soviétique.

Source: Yabladi
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